Après la pénurie de ces dernières semaines, les oeufs et le poulet font graduellement leur retour sur le marché. L’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) a écrit à la Competition Commission pour réclamer une enquête. Jayen Chellum, le secrétaire, affirme qu’il y a des indications que les prix de production sont alignés.
« Y a-t-il une cartellisation du marché du poulet à Maurice ? » Telle est la question que s’est posée Jayen Chellum. Selon lui, des officiers chargés d’enquêter sur la production du poulet légalement ont relevé que les prix sont alignés chez les différents producteurs. « La Competition Commission nous avait déjà contactés pour des informations sur les oeufs dans le but de mener une enquête. Nous avons envoyé une lettre pour demander une enquête sur le poulet également », fait-il comprendre.
Jayen Chellum avance que sa démarche vise à mettre un frein à cette tendance de voir certains produits disparaître des rayons des supermarchés, pour ensuite réapparaître à un prix plus élevé. « Nous voulons éviter une contagion dans d’autres secteurs », prévient-il.
L’ACIM a également mené une enquête auprès de 30 familles pour vérifier si la consommation de poulet a augmenté ces derniers mois, comme l’ont affirmé certains producteurs. « Sur les 30 familles, deux ont dit qu’elles consommaient moins, 21 consommaient normalement et deux consommaient plus. Donc, on voit que l’argument de consommation en hausse ne s’applique pas pour les ménages », rétorque le secrétaire de l’ACIM.
Jayen Chellum s’est dit également préoccupé d’apprendre, de l’Association of Mauritian Manufacturers, que le marché du poulet ne sera rétabli qu’en septembre. « Cela veut dire qu’il nous faudra attendre un mois et que le prix risque de monter à nouveau. » Il invite ainsi le gouvernement à agir.
Se référant à un communiqué émis par un producteur, le secrétaire de l’ACIM a affirmé avoir relevé que la consommation « est en fait en hausse dans la restauration et l’hôtellerie ». Il a également fait référence aux arrivées touristiques en hausse. « S’il y a plus de touristes, les hôtels doivent prendre leurs dispositions, en se tournant vers l’importation par exemple. On ne peut pénaliser les consommateurs locaux et donner priorité aux hôtels. Il y a 400 000 familles qui doivent se nourrir. » Une enquête menée récemment a également démontré que le prix du poulet a augmenté dans certains commerces.

