Le ministre Ameer Meea appelle les PME à saisir toutes les opportunités offertes par SME Mauritius
La mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill a accueilli, mardi, la quatrième session de l’Entrepreneurship Awareness Programme (EAP), une initiative du ministère de l’Industrie, des PME et des Coopératives en collaboration avec SME Mauritius. Après Port-Louis, Plaine-des-Papayes et Plaine-Magnien, cette nouvelle étape a rassemblé quelque 350 entrepreneurs confirmés et aspirants chefs d’entreprise, venus découvrir les nombreuses facilités mises à leur disposition par l’État.
L’objectif du programme est clair : combler un déficit d’information qui, pendant près d’une décennie, a freiné le développement de centaines de petites et moyennes entreprises. Beaucoup d’entrepreneurs ignoraient jusqu’ici les avantages fiscaux, les soutiens financiers et les dispositifs techniques conçus pour soutenir leur croissance. Désormais, ces campagnes visent à créer un pont entre l’administration et le terrain.
Le ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea a réitéré que les PME représentent le pilier de l’économie et qu’il est essentiel de les accompagner dans leur transformation. « C’est une initiative très importante pour notre économie, pour les entrepreneurs et surtout pour la jeunesse », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de renforcer la culture entrepreneuriale. Depuis son lancement en janvier 2025, l’EAP a permis de rencontrer plus de 1 300 entrepreneurs et aspirants entrepreneurs à travers l’île. « Aujourd’hui, nous organisons notre quatrième programme de sensibilisation ici, au Plaza à Rose-Hill, et cette initiative sera déployée sur l’ensemble de l’île, y compris à Rodrigues, où SME Mauritius dispose déjà d’une antenne », précise-t-il.
Au-delà des discours, le ministère et SME Mauritius mettent sur la table une série de mesures concrètes. Les nouvelles entreprises enregistrées comme PME peuvent bénéficier d’une exonération fiscale de quatre ans auprès de la Mauritius Revenue Authority. S’ajoutent à cela une marge de préférence allant jusqu’à 40 % pour les PME locales lors des appels d’offres publics, des allégements sur la Road Tax des véhicules à usage mixte, des exemptions sur la conversion des terres et sur certains droits de douane, notamment pour les secteurs du meuble, de la fabrication légère et de la chaussure.
À cela s’ajoutent des prêts à taux préférentiels, des conseils techniques, des formations ciblées et des programmes de mentorat. Pour bénéficier de ces dispositifs, les entrepreneurs doivent s’enregistrer auprès de la SME Registration Unit du ministère, désormais accessible aussi en ligne. « Plusieurs avantages sont offerts aux PME, mais ils n’ont pas été pleinement exploités ces dernières années. C’est pourquoi de nombreux entrepreneurs, actuels ou futurs, ne sont malheureusement pas au courant de toutes ces facilités. Je les encourage vivement à profiter des différents dispositifs existants et de l’expertise disponible à travers SME Mauritius », fait ressortir Aadil Ameer Meea.
Le ministre a également mis en avant les enjeux stratégiques auxquels font face les PME dans un monde en constante mutation. « Le monde des affaires évolue très rapidement, surtout avec le progrès technologique. C’est précisément dans ce domaine que les PME doivent investir pour continuer à croître, en développant leurs compétences, leurs connaissances et leur ouverture aux marchés », a-t-il déclaré. Dans le même esprit, le gouvernement veut renforcer l’innovation tout en encourageant des pratiques responsables. « L’avenir appartient à ceux qui innovent de manière responsable. J’encourage donc les entrepreneurs à continuer à innover et à améliorer leurs produits, tout en respectant l’environnement », a-t-il poursuivi, s’appesantissant sur l’importance de la valeur ajoutée pour les produits destinés à l’exportation.
Par ailleurs, dans le cadre du programme gouvernemental 2025-29, un accent particulier est mis sur la substitution aux importations. L’objectif est de réduire la dépendance du pays aux produits importés, de créer de nouvelles opportunités pour les producteurs locaux et de renforcer la sécurité de la production nationale. « Pour les PME, c’est une occasion en or d’élargir leur production, de trouver davantage de clients et de contribuer directement à l’économie mauricienne », assure-t-il.
Aadil Ameer Meea a remercié SME Mauritius et les équipes de son ministère pour l’organisation de ce programme. Il a lancé un appel à tous les entrepreneurs présents : « nous ferons le maximum pour assurer une croissance rapide du secteur des PME. Je vous invite donc à tirer pleinement avantage de tous les dispositifs qui sont offerts. » Il s’agit de créer un environnement propice pour que les PME deviennent non seulement un moteur de croissance, mais aussi un levier d’innovation, de résilience et de création d’emplois. Les petits entrepreneurs et aspirants entrepreneurs doivent être mieux informés, mais surtout plus confiants dans leur capacité à transformer leurs ambitions entrepreneuriales en réalités tangibles.
Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, a déclaré que les PME représentent une force qu’aucun gouvernement ne peut ignorer. Le secteur des PME constitue 40 % du produit national et regroupe près de 55 % de l’emploi. C’est pourquoi le gouvernement met en place plusieurs mesures d’accompagnement, explique-t-il. Sur un marché aussi restreint que celui de Maurice, il est essentiel d’avoir un esprit novateur et de savoir si son produit est compétitif. Il faut chercher à être plus performant que la concurrence, car rien n’est acquis d’avance, a poursuivi le ministre Aujourd’hui, la donne a changé : il n’y a plus de filets de protection et la compétition est féroce.
Par ailleurs, avec la création de la zone de libre-échange africaine, les produits circulent plus librement sur le continent. « Il faut donc stimuler la créativité et provoquer l’émergence de nouvelles idées. Même l’agriculture évolue : on parle désormais d’agriculture de précision, d’agriculture intelligente et d’éco-produits sans pesticides. Le monde change et il est impératif de s’adapter. Sans une culture de l’innovation et de l’adaptation, nous risquons de perdre pied », dit-il.
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AGOA : « Nous sommes dans le flou total »
À l’issue de la cérémonie, interrogé sur le renouvellement ou non de l’AGOA qui arrive à échéance dans quelques semaines, soit le 30 septembre, le ministre de l’Industrie a joué carte sur table : « Concernant l’AGOA, nous sommes dans le flou total. Nous espérons que l’AGOA sera renouvelé. Nous avons fourni les efforts nécessaires, nous avons fait entendre notre voix lors des forums, notamment en Angola où j’étais moi-même présent. À Madagascar, le Premier ministre a profité de la plateforme de la SADC pour lancer un appel au Congrès américain pour le renouvellement de l’AGOA. »
Le ministre a fait comprendre que l’AGOA existe depuis 25 ans et que, sans ce dispositif, les conséquences seraient désastreuses. Dans le cas où l’AGOA ne serait pas renouvelé, il rassure quant à un plan B, évoquant un accord bilatéral entre Maurice et les États-Unis, « qui nous permettrait de continuer à bénéficier des facilités de l’AGOA ».
Du côté des fabricants locaux, réunis sous la MEXA, l’inquiétude est palpable quant à un éventuel non-renouvellement de l’AGOA. Depuis plusieurs mois, l’association insiste sur l’importance de ce renouvellement pour maintenir la compétitivité du pays, soulignant que l’AGOA a joué un rôle déterminant dans la création d’emplois, la diversification économique et la croissance des exportations pour Maurice et ses partenaires régionaux. Ce programme américain, en place depuis 25 ans, a permis aux exportateurs mauriciens – notamment dans le secteur textile et d’autres produits manufacturés – d’exporter vers les États-Unis sans droits de douane.