Paul Bérenger : « L’intérêt supérieur du pays avant tout »

Lors de sa conférence de presse ce samedi, Paul Bérenger a axé son intervention sur quatre grands thèmes : la situation d’Air Mauritius, la crise à la Banque de Maurice, la question d’un référendum à Rodrigues et la polémique autour de certaines nominations, notamment celles de Frédéric Curé, de Meela Devi Ramlochun-Bunwaree et des Senior Counsels.

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« Mo pa ti dakor ar nominasyon Gérard Sanspeur. Mais il est loin d’être le seul problème à la Banque de Maurice », a déclaré Paul Bérenger. Interrogé sur son départ, le leader du MMM a balayé le sujet d’un revers de main : « Ce n’est qu’un incident de parcours », a-t-il insisté, avant de rappeler que l’enjeu principal reste la crédibilité de l’institution. « Le problème est bien plus profond à la Banque de Maurice. Comme patriote, ma priorité est de redresser la Banque centrale et Air Mauritius. Dans les deux cas, tout sera réglé dans le respect des prérogatives du Premier ministre et dans l’intérêt du pays. »

Il a par ailleurs évoqué les difficultés liées à la Mauritius Investment Corporation (MIC) ainsi qu’à Silver Bank, qu’il considère comme d’autres dossiers urgents à traiter.

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Paul Bérenger a rappelé que Maurice a déjà connu « deux énormes scandales », entraînant des risques et de lourdes pertes financières. Il a toutefois insisté sur le fait que toute décision doit être prise  dans le respect des prérogatives de chacun et dans l’intérêt supérieur du pays. « Mo pa kontan servi bann slogan. Je ne parle pas à la légère lorsque j’évoque l’intérêt supérieur de la nation », a martelé le leader du MMM.

Rodrigues : mise en garde contre un référendum

Paul Bérenger est aussi revenu sur sa rencontre avec le Chef commissaire et la leader de l’opposition rodriguaise, qualifiant ces échanges de « très positifs ». S’il a salué certaines propositions locales, il a jugé l’idée d’un référendum pour les élections régionales « dangereuse » et juridiquement infondée.

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Sur le budget, il a reconnu que Port-Mathurin réclame plus de moyens, mais a rappelé que « les calculs doivent être réalistes ». Il a donné l’exemple de la piste d’atterrissage de Rodrigues. Ce projet, qui coûte des milliards, ne figure pas dans le budget rodriguais, mais relève du budget national. Le leader du MMM a reconnu que Port-Mathurin réclamait davantage de moyens financiers, tout en soulignant que « les calculs doivent être réalistes ».

Il a également commenté la conférence de presse du Chef commissaire François Grandcourt, qui a proposé plusieurs pistes pour renforcer l’autonomie de l’île, notamment la mise en place d’un mécanisme de résolution des différends (dispute resolution mechanism). Selon Bérenger, cette disposition devrait être introduite dans le Rodrigues Regional Assembly Act et discutée en détail.

Face aux critiques sur certaines nominations, Paul Bérenger a pris la défense de Meela Devi Ramlochun-Bunwaree, qu’il estime pleinement qualifiée pour le poste de présidente de l’Agricultural Marketing Board (AMB), qu’elle a refusé. Titulaire d’un master, membre de la FCCA et ayant occupé récemment la fonction de chief accountant et financial controller, elle répond, selon lui, aux critères exigés.

En revanche, le leader du MMM a dénoncé « l’hystérie » autour de la nomination de Frédéric Curé comme chairman d’Airport Holdings Ltd. « Ces excès sont déplorables et dangereux », a-t-il averti, rappelant que ce choix relève de Ragesh Bagwan et d’Ajay Guness. « C’est précisément ce type de professionnels dont nos institutions et Maurice ont besoin », a-t-il ajouté.

Enfin, sur la nomination contestée des Senior Counsels, le leader des mauves a rappelé que le Law Practitioners Act reste flou. « La balle est dans le camp du chef juge. Mais le gouvernement devra amender la loi pour mettre fin à cette situation malsaine », a-t-il conclu.

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