Anil Bachoo a pris plus d’un de court en débarquant, en pleine nuit, à l’hôpital SAJ, à Flacq. Dans son coup de gueule, il exprime toute sa fermeté, autant que sa colère et ses prérogatives de prendre des sanctions. L’ensemble atteste, sinon du sens du devoir et d’engagement de M. Bachoo, tout au moins de sa conscience quant au poste clé qu’il occupe.
Le ministère de la Santé, de pair avec ceux de la Sécurité sociale et de l’Éducation, sont ceux qui concernent le plus grand nombre de la population. Et figurent aussi, hélas, dans le hit-parade de gaspillages des fonds publics dans les rapports successifs de l’Audit, entre autres.
Politicien rodé, Anil Bachoo a fait preuve de sincérité par cette action spontanée. Il ne peut qu’être salué pour cela. Comme il le mentionne dans son post, il ne peut être partout. Mais il serait certainement de bon ton qu’il réplique ces visites surprises tant dans les autres hôpitaux nationaux que des centres de santé/médicliniques. Le capital de confiance de la population accusera certainement une hausse considérable. Dans la même veine, s’agissant du SAJ Hospital, même si la famille et les proches n’ont jamais émis ce souhait, ne serait-il pas plus approprié de renommer l’institution d’après le nom de feu Dr Bruno Cheong ? Ce professionnel tombé durant le Covid-19 ne mérite-t-il pas cet honneur ? Surtout après la bourde commise par l’ancien régime au sujet de ce médecin…
Rectifier le tir, changer la donne, améliorer les prestations, rendre ces services efficaces et professionnels ne sont pas des utopies. Loin de là. Au sein du ministère de la Santé, il existe des compétences avérées et confirmées – dont celles des Dr Keyvoobalan Pauvaday et Vasantrao Gujadhur -, et beaucoup d’autres encore, certains qui ont été rappelés à réintégrer ces ministères après le 11 novembre 2024, et d’autres qui y sont toujours présents. Ces hommes et femmes d’expérience et qui connaissent tous les rouages des différents secteurs concernés sont d’un apport incommensurable.
Dans la même veine, au sein de notre force policière, éclaboussée ces jours-ci par le scandale de “reward money”, une refonte et mise à jour sont exigées. Pour rétablir la confiance de la population, d’une part. Et pour veiller au bon fonctionnement de cette agence mandatée de veiller à la sécurité de la nation, de l’autre.
Tant à la Santé qu’au sein de la police, il est ironique de constater que parmi ceux qui ont été « choisis » pour diriger ces instances, bon nombre ont dévié de leur trajectoire, confondu leur devoir avec leurs intérêts personnels et oublié qu’ils étaient au service de la nation ! D’autres qui gravissent les échelons par la force de leurs efforts et dur labeur subissent malheureusement la honte de ceux qui dévient de leurs devoirs. Une certaine culture de médiocrité aidant, ces dernières décennies, la situation est allée de mal en pis. L’on pourrait en dire autant des services de la prison, hélas. Le démantèlement d’un gang de malfaiteurs qui se faisaient passer pour des policiers et arnaquaient des “guest houses” a ramené sur le tapis la corruption. L’un des membres étant un ancien Prison Officer. Sans compter ces officiers pourris qui sont à la solde des caïds enfermés et d’autres qui confondent leurs uniformes avec des “license to kill”.
Maurice, avec son troisième 60- 0 historique, est à la croisée des chemins. Bien que les rumeurs de cassure ponctuent chaque semaine qui passe (la grosse machinerie ultra-huilée de propagande orange n’y est pas étrangère), il ne faut pas perdre de vue que cette fois, c’est now or never. Si certains leaders ont laissé leurs caprices prendre le dessus sur le bon sens, dans le passé, dans le contexte actuel, l’heure est à la reconstruction. Ratons ce train et ce sont des générations qui vont en pâtir.
Dans le monde comme chez nous, les levées de boucliers et les oppositions contre les atrocités et la famine imposée par l’armée sioniste de Benjamin Netanyahou se succèdent. Tous ne soutiennent certes pas le combat parallèle mené pour la fermeture des bases militaires, dont celui de Diego Garcia. Le gouvernement mauricien comprend toute l’ampleur de ce que représente cette menace sur notre territoire. Plus d’un Mauricien attend de ses dirigeants qu’ils aient le courage, l’audace et l’honnêteté de ne pas céder au joug américain.
Husna Ramjanally