Lindsey Collen, militante de Lalit, revient sur les sujets qui font l’actualité en ce début d’année. Elle dénonce les féminicides qui, d’après elle, sont liés à un problème plus vaste de montée de violence dans la société. Elle condamne également l’agression des États-Unis contre le Venezuela et invite Maurice à s’opposer à cet acte de même qu’au génocide perpétré par Israël en Palestine. Pour la dirigeante de Lalit, Maurice sera moralement responsable des actes des États-Unis vu que la base militaire de Diego Garcia sera maintenue.
Plusieurs cas de féminicide ont été enregistrés ces dernières semaines. Comment réagissez-vous à ces violences à l’encontre des femmes ?
Je pense que la violence à l’encontre des femmes est connue aujourd’hui, parce qu’elle est rendue publique. Auparavant, même dans un passé pas trop lointain, il y avait tendance à masquer ces violences, pour des raisons familiales. Il y avait beaucoup de traditions.
En même temps, il y a davantage de violence dans la société, de manière générale aujourd’hui. Dans notre histoire, il y a eu une grande violence à l’époque coloniale, puis sous l’Etat d’urgence et la bagarre raciale. Ensuite, dans les années 70-80, jusqu’à 1995, environ, la situation était plus calme.
Ces derniers temps, il y a eu un regain de violence, qui coïncide avec la violence économique et les inégalités sociales. C’est lié à un manque de perspective sur l’avenir. Il ne faut pas sous-estimer non plus, l’ancrage de la violence découlant de la hiérarchie patriarcale, y compris dans la famille et dans le système policier, par exemple.
La violence diminue en général quand la société se mobilise vers un but commun. La protection contre la violence domestique ne dépend pas uniquement de la loi, mais de la société dans son ensemble. Les amis, les voisins, la famille… Il faut chercher des moyens subtils pour mettre fin à la violence. La loi seule ne suffit pas.
En même temps, nous avons aussi assisté à un phénomène d’abandon d’enfants. Quelle en est votre lecture ?
Je crois que c’est lié directement au fait qu’il est devenu impossible pour beaucoup de femmes de s’occuper des enfants, justement, parce qu’il n’y a pas de perspective d’avenir. Quand il n’y a pas de revenu fixe, par exemple, cela devient extrêmement difficile d’élever des enfants. Il y a trop de poids sur les familles et sur les femmes en particulier. La société n’aide pas suffisamment.
S’il était facile pour une femme célibataire, par exemple, d’avoir une maison, d’élever ses enfants, nous n’en serions peut-être pas là. De même, elle devrait avoir une assistance financière, si elle n’a pas d’emploi.
Nous ne nous rendons peut-être pas compte de l’impact qu’a eu l’abolition de la pension universelle à 60 ans. Beaucoup de grands-parents sont des soutiens financiers pour la famille. Surtout dans les familles étendues. Cela représente beaucoup d’argent, autrement, le gouvernement n’aurait pas pris cette décision. Ces milliards de roupies, dont nous parlons, représentent des milliards de roupies de manque à gagner pour des familles.
Cela va de pair avec le transport, la santé et l’éducation gratuits. 60% des familles à Maurice dépendent de la pension. Repousser celle-ci a déstabilisé la sécurité mentale. Certaines familles vivent dans des conditions très difficiles. Ce qui donne lieu à la violence et à l’abandon d’enfant.
Comment réagissez-vous aux derniers développements sur le dossier Chagos ?
Nous avons toujours milité pour la fermeture de la base militaire de Diego Garcia. Ce n’est pas parce que le gouvernement britannique va nous donner un peu d’argent, aujourd’hui, que nous allons changer de position. Nous faisons partie des grands réseaux internationaux pour fermer les bases militaires à travers le monde. La plupart d’entre elles appartiennent aux États-Unis. Il y en a environ 800.
Pour la première fois, le mouvement syndical dans son ensemble est, avec Lalit et d’autres regroupements, pour réclamer la fermeture de la base militaire de Diego Garcia et de refuser ce que nous appelons le Blood Money. Cette grande coalition est liée à l’agression brutale d’Israël et des États-Unis contre la Palestine.
La base de Diego Garcia est directement concernée de par sa situation géographique. De même pour les attaques contre l’Iran et le Yémen. La présence de cette base sur notre territoire salit la République de Maurice moralement et nous expose à des ripostes.
Concernant ce qui se passe actuellement en Grande-Bretagne, c’est lié au fait que la droite et l’extrême-droite sont contre le traité afin de maintenir l’empire britannique. Nous sommes contre ce traité, car selon nous, la Grande-Bretagne et les États-Unis cherchent une nouvelle structure légale pour l’occupation de Diego Garcia et pour leur base militaire.
La Cour de Justice Internationale et l’Assemblée générale des Nations Unies ont toutes deux reconnu que l’occupation des Chagos était illégale. C’est une grande victoire. Ramgoolam avait accusé Jugnauth de haute trahison, avec le premier traité. Nous pensons que le nouveau traité frôle aussi la haute trahison.
Quand nous sommes un petit pays comme le nôtre, notre seule force réside dans le principe et l’honnêteté. Selon moi, il n’y a pas eu de principe dans les négociations.
Que voulez-vous dire exactement ?
Étant donné qu’il a été reconnu que l’occupation des Chagos était illégale, il fallait réclamer la location pour les 57 ans, au tandem UK-US. Il fallait aussi réclamer réparation pour les torts causés aux Chagossiens. De même, il fallait compenser la République de Maurice pour le manque à gagner pendant ces 57 ans.
Ensuite, il faut être honnête envers le peuple mauricien. Quand Paul Bérenger avait donné sa première conférence de presse en solo, il a dit une phrase un peu ambiguë, lorsqu’un journaliste lui a posé une question sur la Palestine. Je retranscris ce qu’il a dit dans la vidéo : « Ayo papa ! Ou kone, parfwa mo anvi kit Gouvernman pou dir seki mo panse. Kit Gouvernman, pa parski Gouvernman dan tor, me nou enn ti pei frazil. Nou kone ki sann-la menase brit-brit. Mo manz kou, mo manz kou… Me set-enn krim ! Li pa enn mo for. Li enn krim seki Israël de Netanyahu pe fer dan Gaza dans Palestinn. Li enn krim. Orib. Zot pa ti pou kapav fer sa krim la san lapwi intel, intel. Mo aret la parski kot nou ete la, nou ti pei Lil Moris… »
Pour moi, cette déclaration en dit long. Il semble que Paul Bérenger soit devenu un valet de ce qu’il craint. C’est une honte qu’un grand homme comme lui en soit arrivé à ce point. Bérenger est l’un des rares politiciens à avoir un certain sens de l’histoire. Il réalise sans doute qu’il y a trois points sur lesquels il ne peut pas répondre. D’abord, l’abolition de l’âge de la pension à 60 ans est une grande brèche dans le contrat social depuis bien avant l’indépendance.
Ensuite, concernant la Palestine, Maurice n’a pas pris position contre Israël. La victoire des Palestiniens à l’ICJ, contre le mur illégal qu’Israël voulait construire, a aidé Maurice dans son cas concernant les Chagos. Et Maurice avait envoyé une équipe à l’ICJ pour soutenir la Palestine. Nous ne pouvons d’un coup, faire un virage, pour marcher aux côtés des génocidaires.
Plus grave encore, ce gouvernement sera le premier à vendre Diego Garcia. Bolom Ramgoolam ne l’avait pas fait, car Diego Garcia ne lui appartenait pas. Il me semble que Bérenger ressent ce poids, par rapport à l’histoire du MMM. L’attaque sur la souveraineté des Chagos ressemble au banditisme des États-Unis au Venezuela.
Que pensez-vous justement, de cette action des États-Unis au Venezuela ?
Les États-Unis semblent être dans un nouveau mode où ils disent : vous êtes souverains en parole. Cela se traduit justement au Venezuela. Le régime est toujours en place, mais ce sont les États-Unis qui vont décider pour lui. Trump a dit qu’il n’y aura pas de guerre civile au Venezuela, si vous m’écoutez. Reste à voir maintenant!
À Maurice, nous sommes déjà entrés dans cette logique. Nous avons un semblant de souveraineté, mais au fond, l’exercice de souveraineté ne nous revient pas. C’est cela la haute trahison.
Pour revenir à l’action au Venezuela, il faut se rappeler que la US National Security Strategy, un document de 30 pages, mentionne que les États-Unis vont contrôler le monde, à travers ce qu’ils appellent le Western Hemisphere. Trump a commencé avec le Venezuela, il a des intentions sur le Groenland, le Mexique, la Colombie et il ira peut-être jusqu’à l’Argentine.
L’invasion du Venezuela et l’exfiltration de son président et de son épouse, c’est du jamais vu ! Trump est en train d’agir par folie, tout simplement parce que son pays est en banqueroute. Aujourd’hui, tout le monde utilise le dollar américain, surtout pour le commerce du pétrole. La crise du pétrole en 1974 a été résolue quand les États-Unis ont dit qu’il fallait faire les paiements en USD.
C’est ce qui a mené les États-Unis à imprimer plus de billets qu’il n’en faut. Quand les États-Unis ont appliqué des sanctions sur la Russie, l’Iran et le Venezuela, les pays exportateurs ont commencé à mettre en place un système en dehors du dollar américain. Ce qui a poussé Trump à la folie, pour sauver son empire.
Il a mis en gage le pétrole du Venezuela. Après, il va peut-être s’attaquer à l’Iran. Son but consiste à maintenir le commerce du pétrole en USD. Son intervention au Venezuela est un acte de désespoir. Il essaie de sauver un empire en pleine chute.
Mais nous avons vu que le peuple vénézuélien est très mobilisé. Maduro a beaucoup de soutien, parce qu’il a armé le peuple. Autrement, le peuple aurait réagi contre son gouvernement.
Il est important que le gouvernement mauricien agisse aussi avec principe. Il doit dénoncer l’action des États-Unis au Venezuela et il doit agir contre Israël. C’est une question de principe. De même, il doit réclamer la fermeture de la base militaire de Diego Garcia.
Pourquoi dites-vous que les États-Unis sont en chute libre?
Les États-Unis ont des dettes à hauteur de 1,2 trillion de USD, en taux d’intérêt. Ils ont peur d’être Downgraded par l’équivalent de Moody’s et de se retrouver ainsi en banqueroute. Dans un certain sens, ils sont comme nous.
La seule façon pour Maurice de devenir souverain, dans un tel contexte, est de devenir autonome, au moins, en matière d’alimentation et d’énergie. Le gouvernement n’a fait aucun plan important pour un tel défi. Ce gouvernement n’est pas à la hauteur de l’envergure du problème qu’il y a devant nous.
S’il y a une guerre – et il y a des tentatives un peu partout – nous ne serons pas approvisionnés. Comment allons-nous faire? Combien de violence il y aura-t-il dans notre société quand il n’y aura pas à manger? Combien de pillages? Combien de violences domestiques? Ce serait une situation très grave.
Avec tout le soleil et le vent que nous avons, sans compter la bagasse, nous aurions dû être à 80% autonomes en énergie renouvelables. Mais nous sommes toujours sur le pétrole. De même, jamais le gouvernement n’a demandé aux établissements sucriers de consacrer un tiers de leurs terres à l’alimentation. Ni de mettre en place les infrastructures autour des anciennes usines pour la transformation et l’exportation des produits alimentaires. Nous n’avons même pas une flotte de bateaux de pêche.
Nous sommes donc dans une situation d’urgence?
Aujourd’hui, la situation internationale et nationale en est devenue une même. Quand il y a une crise comme celle que nous traversons, il y a des réalités internationales et nationales qui sont inséparables. Un peu comme une Mobius Ring. Quand nous parlons de pension, Moody’s est concernée. Quand nous parlons de Diego, il y a les menaces américaines. Quand nous parlons de Palestine, Bérenger vous dit qu’il doit se taire…
C’est pour cela que je dis que les mécontentements de Paul Bérenger ne sont pas vraiment liés aux nominations, à Air Mauritius et ainsi de suite. Ce ne sont que des symptômes. Il faut nous dire la vérité. En mer, les pêcheurs parlent de laroul et de klapoti. La brise provoque beaucoup de klapoti et laroul survient bien après. Il nous faut donc surveiller les klapoti.
Paul Bérenger est contre la nomination du commissaire de police, mais il ne nous dit pas pourquoi. Le poste de commissaire de police relève de la Constitution. Il ne doit pas être nommé par contrat, comme cela s’est fait pour Sooroojebally. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra conserver son indépendance. Sans compter que le CP en place, ainsi Dev Jokhoo et Rakesh Gooljaury, sont considérés comme des personnes qui avaient sauvé Ramgoolam dans l’affaire Roches-Noires.
Pour combler le tout, nous nous retrouvons dans un pays, avec un PM qui fait face à une enquête pour ses coffres-forts et un ancien PM qui lui aussi, est face à une enquête de la Financial Crimes Commission pour Rs 113,4 millions dans des valises. Puis, nous avons Mamy Ravatomanga, homme d’affaires d’un grand pays voisin, qui se retrouve aussi à la FCC. Maintenant, il y a Maduro… Nous en sommes là…
Que pensez-vous de l’action des Chagossiens en Angleterre ?
Les Chagossiens vivant en Angleterre font malgré eux ce que nous avons toujours désigné comme le Plan B de l’État britannique. Dans le but de faire un référendum. Mais ce Plan B a été ruiné par le jugement de la Cour Internationale de Justice. Il a été dit qu’un référendum devrait concerner l’ensemble de la République de Maurice.
Mais la droite et l’extrême-droite essaient toujours de se servir d’eux pour maintenir le British Indian Ocean Territory. Beaucoup, parmi ces Chagossiens, sont en train de défendre la colonisation britannique. La Grande-Bretagne les a forcés à quitter leurs îles et maintenant, ils sont plus Britanniques… que le roi.
Comment évaluez-vous la première année de l’Alliance du Changement au pouvoir ?
Cela a été une première année catastrophique. Pas par ce qu’il n’a pas fait, mais par ce qu’il a fait et qui n’était pas dans son programme. Le peuple ne l’avait pas élu pour repousser l’âge de la pension de 60 à 65 ans. Le peuple ne l’avait pas élu pour vendre Diego Garcia. Le peuple ne l’avait pas élu pour aller mendier un peu d’argent à la France et en échange, introduire le français comme médium d’enseignement dans nos écoles.
Le ministre de l’Éducation a interdit le sujet de médium d’enseignement dans ses Assises. Par la suite, nous avons entendu l’ambassadeur de France venir annoncer que le français a déjà été introduit comme médium d’enseignement dans certaines écoles privées et des écoles subventionnées par le gouvernement. Il y a une démarche coloniale, que ce soit sur la question de Diego Garcia ou sur la langue d’enseignement, ainsi que sur la Palestine.
Pour la pension également, c’est une démarche coloniale, car ils écoutent Moody’s. Pourquoi refusent-ils d’augmenter la taxe sur les riches? Nous aurions pu trouver l’argent pour la pension si nous avions augmenté les revenus. À moins qu’on soit soumis devant le grand capital!
Un autre point : il n’y a pas de cohérence sur le programme gouvernemental. La raison étant qu’il n’y avait pas un programme électoral sérieux. Les bisbilles viennent sans doute de là. Bérenger est venu, en ce début d’année, soulever un nouveau cycle d’instabilité. Mais comme je l’ai dit, il vient soulever des points superficiels et ne nous dit pas les véritables raisons.
Prenons le PMSD par exemple, qui soit dit en passant, est bien éloigné de nous. Mais quand Gaëtan Duval avait contracté une alliance avec Anerood Jugnauth, il avait fait abroger la peine de mort. C’est sur la base d’un programme. De même, le PMSD, dans une autre alliance avec le MSM, avait pour programme la Fair Trading Act. Et plus récemment, Xavier-Luc Duval avait quitté le gouvernement avec le MSM, concernant les pouvoirs du Directeur des Poursuites Publiques.
Mais pour le MMM, depuis 1982, à chaque fois qu’il y a eu cassure, nous ne savons pas sur quoi exactement. Le programme n’avait jamais été évoqué.
Paul Bérenger a tout de même mis en avant la réforme électorale à laquelle il tient…
Mais il n’en a pas fait un point central de son mécontentement. Il a même dit que cela ne sera pas une raison de cassure du gouvernement. Il a parlé de réforme constitutionnelle, sans pour autant en faire la cause de son insatisfaction.
Ceci étant dit, au sein de ce gouvernement, il y a quand même des ministres qui, individuellement, essaient de faire du bon travail. Je citerai Anil Bachoo, qui tente d’améliorer le service de santé. Il a eu le budget pour le recrutement des infirmiers et il vient dire franchement ce qui ne va pas. Par contre, je note qu’il n’a pas agi contre les cliniques privées poussant comme des champignons, ce qui finira par faire éclater le système de santé publique.
Ensuite, il y a la digitalisation du service de santé. C’est une bonne chose, mais nous devons avoir la garantie que les données resteront avec le ministère de la Santé. Elles ne doivent être transmis ni à d’autres secteurs du gouvernement, ni au secteur privé, ni à la mafia de la data internationale. Nous n’avons pas encore cette assurance.
Il y a aussi Rajesh Bhagwan et Joanna Bérenger qui ont eu un ministère difficile, mais qui essaient de bien faire. Même s’il y a eu une ambiguïté autour du plastique. Il y a aussi un projet de tri des déchets. Mais là également, ils ne viendront pas dire que le plus grand danger environnemental pour Maurice c’est la base militaire de Diego Garcia.
Par ailleurs, Osman Mahomed et son permis à points, qui permet une rédemption, constituent une bonne chose. L’approche n’est pas punitive et permettra de lutter contre les accidents. Il essaie de diminuer le nombre de véhicules sur les routes, avec l’ouverture des Bicycle Lanes aménagées par l’ancien gouvernement.
À mon avis, ceux-ci doivent être liés au métro. Pour rendre celui-ci plus viable, nous aurions pu aussi prévoir des compartiments pour le transport du fret. À mon avis, Osman Mahomed a une ouverture d’esprit et il va dans la bonne direction.
Pour ce qui est du ministre de l’Éducation, je crois qu’il a déjà échoué sur la question de la langue maternelle. À ce sujet, je salue la démarche de la Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui a fait un bon travail au sujet de l’utilisation du kreol morisien à l’Assemblée nationale. Ce sera maintenant à l’exécutif de prendre une décision. De même, elle a restauré la dignité au sein de l’hémicycle.
Toutefois, elle a montré ses limites dans la compréhension du rôle de Speaker lors de l’échange tendu entre Stéphanie Anquetil et Arianne Navarre-Marie. Je pense qu’elle n’a pas agi pour protéger l’ensemble des élus, comme l’implique son rôle. Elle n’est pas une arbitre…
D’autre part, elle n’avait pas à protéger la ministre. Elle aurait pu se défendre toute seule. Peut-être qu’elle a surréagi sur cette question étant donné qu’elle avait plus d’expérience comme ministre et comme Ombudsperson for Children, que comme Speaker.
La National Human Rights Commission a réagi à votre appel concernant le kreol morisien comme médium d’enseignement. Qu’en pensez-vous ?
Nous apprécions beaucoup cette démarche de la NHRC. Cela démontre l’indépendance de la Commission et l’importance des nominations. Quand nous avons un ancien DPP et deux personnes qui ont eu beaucoup de conflits avec la police, cela nous donne une structure un peu plus robuste.
Nous avons été invités, ce mercredi, à partager notre expérience avec la Commission, sur la nécessité d’introduire le kreol morisien comme langue d’enseignement. Cela, d’un point de vue des droits humains. Nous aurons une session de travail de deux heures.
Selon vous, quels sont les dossiers prioritaires pour 2026 ?
Le plus important est que le gouvernement impose la production alimentaire aux compagnies sucrières. Au moins sur un tiers de leurs terrains, ou sur la totalité, dans les entrelignes. Il faut aussi faire des provisions pour la transformation et l’exportation du surplus.
En parallèle, il faut trouver le financement pour une flotte de bateaux de pêche.
Le gouvernement peut travailler avec les Seychelles pour une industrie de pêche soutenable. De même, il faut arrêter de construire sur les terres agricoles et retirer nos terres sur le marché mondial du Real Estate.
Nous attendons aussi les changements à la loi sur la citoyenneté. Afin que l’exécutif n’ait plus le pouvoir de reprendre une citoyenneté octroyée. Ils ont dit qu’ils vont le faire, mais ce n’est pas encore une réalité.
Propos recueillis par Géraldine Legrand

