Les résultats récents du School Certificate (SC) à Maurice révèlent une tendance préoccupante : une baisse générale du taux de réussite. Pourtant, derrière ces statistiques se cachent des réussites partielles significatives. De nombreux élèves ont obtenu trois crédits dans certaines matières, preuve que certains efforts portent leurs fruits et que le travail sérieux est reconnu.
L’obtention de trois crédits dans une matière n’est pas un hasard. Elle reflète un travail régulier, une bonne organisation et une préparation assidue aux examens. Les enseignants jouent également un rôle déterminant : grâce à leur suivi, leurs explications claires et leur soutien constant, ils permettent à chaque élève de progresser et de consolider ses acquis. Ces réussites partielles démontrent que, même dans un contexte difficile, des résultats concrets sont possibles lorsque les élèves et leurs enseignants s’investissent pleinement.
Cependant, il est important de comprendre pourquoi certains élèves échouent ou n’atteignent pas les mêmes performances. Plusieurs causes peuvent expliquer la baisse générale du taux de réussite :
Lacunes dans les bases scolaires :Les difficultés non résolues au niveau pré-primaire, primaire et consolidées au NCE se répercutent directement sur les résultats au School Certificate (Cambridge O-Level).
Conditions d’apprentissage insuffisantes : des classes surchargées, un manque de suivi individuel et des ressources pédagogiques limitées empêchent certains élèves de progresser efficacement.
Réformes et méthodes pédagogiques changeantes : des changements fréquents dans les programmes et dans les méthodes d’évaluation peuvent déstabiliser les élèves, générer du stress et affecter leur confiance en eux. A titre d’exemple, le système de notation appliqué par Cambridge. Un élève qui obtient plus de 40 points réussit son examen et au-delà de 50 points décroche un credit. Or Cambridge considère qu’il faut dépasser les 65 points pour l’obtention ce credit!Cette difference crée un profond décalage.
Facteurs sociaux et motivationnels : la pression scolaire, le manque de soutien familial ou les distractions liées aux réseaux sociaux influencent la concentration et l’engagement des élèves.
Malgré ces obstacles, les trois crédits obtenus par de nombreux élèves montrent qu’ils ont su tirer parti de leurs compétences et de l’accompagnement reçu. Chaque crédit est une étape vers la réussite et un encouragement à persévérer. Ces résultats démontrent que, même face à des difficultés structurelles ou personnelles, il est possible de réussir grâce à la discipline, au travail régulier et au soutien des enseignants et des familles.
En conclusion, si la baisse du taux de réussite au School Certificate est préoccupante ,néanmoins, l’école doit être un cheminement vers l’avenir et non pas une source d’échec. Il est essentiel de valoriser les réussites partielles. Les crédits obtenus dans certaines matières montrent que les efforts ne sont jamais vains et que la réussite est accessible à ceux qui travaillent avec rigueur et persévérance. Reconnaître ces succès contribue à motiver les élèves, renforcer leur confiance et inspirer une amélioration générale des performances dans les années à venir.
En 2026, le système éducatif doit se réinventer car notre système reste basé sur des programmes statiques et des examens mémoriels, préparant des esprits du XXIᵉ siècle à des rôles du XIXᵉ siècle. Les compétences, l’agilité d’apprentissage et l’adaptabilité doivent primer sur les diplômes traditionnels car les diplômés traditionnels font face à la sous-emploi et à des salaires stagnants, tandis que les professionnels qualifiés, comme les plombiers ou électriciens, gagnent beaucoup plus, souvent immédiatement, selon leurs compétences et la demande locale.
L’échec ne devrait jamais être une raison d’exclure un enfant du système éducatif. Les enfants issus de milieux moins favorisés n’ont pas toujours accès aux leçons particulières. Les trois crédits obtenus sont avant tout le fruit de leur travail personnel et de leurs efforts constants. Il ne faut pas l’oublier. Revoir les critères de promotion en classes inférieures, permet de valoriser le potentiel de chacun, de maintenir la motivation et de protéger l’enfant contre le décrochage scolaire et ses conséquences sociales.

