Aéroport SSR : Colère et frustration chez les ingénieurs locaux

l Les employés mauriciens dénoncent inégalités et dysfonctionnements

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Les employés mauriciens du département technique de l’aéroport SSR dénoncent des inégalités salariales flagrantes, des dysfonctionnements organisationnels et des pratiques de recrutement contestables. Selon eux, ces problèmes menacent directement le moral du personnel, la sécurité opérationnelle, la conformité réglementaire et la pérennité de la compagnie nationale. Ils appellent à des mesures immédiates : un cadre salarial transparent et équitable, un plan local de formation et de succession, le respect des exigences réglementaires en matière de personnel certifiant, ainsi que la rationalisation des systèmes de rotation et des pratiques de recrutement. À défaut, les risques de départ de personnel qualifié et de conséquences financières et opérationnelles accrues seraient importants.

Il ne fait pas bon travailler à l’aéroport SSR.  Un climat de tension et de colère secoue le département technique. Plusieurs Licensed Aircraft Engineers (LAE) et techniciens mauriciens dénoncent une disparité salariale majeure avec les expatriés employés sur contrat renouvelé. Selon eux, ces écarts minent leur motivation et fragilisent leur confiance dans la direction et la gestion de la compagnie.

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Les employés affirment effectuer le même travail que leurs collègues expatriés, parfois avec plus de responsabilités, tout en percevant des salaires nettement inférieurs. Ils dénoncent également l’absence de plan de formation et de succession pour le personnel certifiant vieillissant. Aucun ingénieur local n’a été promu lors de la récente nomination des managers en janvier, malgré leur rôle critique dans la sécurité et la maintenance des appareils.

Selon les employés, les écarts de rémunération sont extrêmes et durables. Les techniciens expatriés, avec moins d’expérience et de qualifications, percevraient plus de 3,300 USD par mois, hors logement et avantages annexes. Les techniciens mauriciens gagneraient environ 542 USD par mois, soit environ Rs 25,000. Les ingénieurs mauriciens certifiés toucheraient environ Rs 80,000, tandis qu’un ingénieur indien recruté en 2024 aurait perçu environ Rs 280,000 par mois, sans certifier de tâches durant sa première année. Selon eux, ces écarts provoquent frustration et démotivation, et plusieurs ingénieurs qualifiés ont déjà quitté la compagnie.

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Les employés dénoncent également des schémas de travail artificiels, organisés pour justifier une couverture 24/7, alors que les opérations ne nécessitent pas une présence permanente. Selon eux, cette organisation crée une pénurie apparente de personnel, utilisée pour maintenir le recrutement d’expatriés et prolonger des postes ouverts depuis 2020, sans programme efficace pour former ou promouvoir le personnel local.
La question de la conformité et de la gouvernance est également soulevée. Les employés signalent qu’aucune structure organisationnelle claire ni plan de main-d’œuvre n’a été défini, en contradiction avec le MCAR Part 145.A.30, qui impose la disponibilité permanente de personnel certifiant compétent. Ils dénoncent le recours à des consultants coûteux, comme l’étude Korn Ferry, sans amélioration tangible, et pointent la création de 16 postes lead, sans justification opérationnelle ou managériale, qui fragilise la confiance au sein des équipes.

La maintenance effectuée à l’étranger représente un autre point critique. Selon les employés, certaines interventions à Abu Dhabi et en France ont entraîné des problèmes techniques à l’arrivée des appareils à Maurice. Ces opérations ont été supervisées par des ingénieurs de support non formés à ce type de maintenance, tandis que les LAE locaux certifiés ont été empêchés de superviser ces activités pour des raisons non précisées. Selon eux, ces dysfonctionnements menacent le moral du personnel, la sécurité opérationnelle, la conformité réglementaire et la pérennité de la compagnie nationale.

Les mesures urgentes qu’ils préconisent incluent la mise en place d’un cadre salarial transparent et équitable, un véritable plan de formation et de succession locale, le respect des exigences réglementaires en matière de personnel certifiant, ainsi que la rationalisation des systèmes de rotation et des pratiques de recrutement.

Les employés avertissent que sans actions concrètes, la perte de personnel qualifié risque de s’accentuer, augmentant les risques opérationnels et financiers, et compromettant la viabilité de la compagnie. Leurs témoignages soulignent l’urgence d’une réponse structurée et immédiate, capable de restaurer la confiance et de garantir la sécurité aérienne.

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