Permis à points : La peur des points perdus ralentit la route… mais la mort reste au rendez-vous

  • Après un mois de janvier particulièrement  meurtrier, les accidents mortels chutent presque de moitié depuis le 31 janvier.
  • 23 morts en 44 jours : l’effet dissuasif apparaît, mais les comportements dangereux persistent.
Deux semaines après l’entrée en vigueur du permis à points, le 31 janvier 2026, les premières statistiques permettent enfin une lecture comparative. Elles montrent un infléchissement réel du rythme des accidents mortels. Mais elles rappellent surtout qu’un ralentissement n’est pas une victoire : le début d’année demeure lourd et la mortalité routière reste installée à un niveau préoccupant.

Un mois de janvier particulièrement violent

Avant l’application du nouveau dispositif, la situation était alarmante. Entre le 1er et le 30 janvier, les routes ont enregistré 17 accidents mortels ayant causé 19 décès.

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Rapportée au temps, la fréquence est élevée : plus d’un accident mortel tous les deux jours et près de trois morts par semaine. Le fait que le nombre de victimes dépasse celui des accidents indique que plusieurs collisions ont été particulièrement graves, impliquant plusieurs occupants ou des usagers vulnérables.

Janvier confirme ainsi un phénomène bien connu des spécialistes: la mortalité routière n’est pas seulement liée au nombre d’accidents, mais surtout à leur violence — généralement associée à la vitesse, au non-port de la ceinture ou à l’inattention.

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Depuis le permis à points : un ralentissement net

La situation change à partir du 1er février. Du 1er au 14 février, on dénombre 4 accidents mortels et 4 décès.

Le rythme quotidien est pratiquement divisé par deux et, fait notable, chaque accident entraîne désormais une seule victime. Cela traduit une baisse de la gravité moyenne des chocs.

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La coïncidence temporelle avec l’entrée en vigueur du permis à points est frappante. L’effet psychologique du risque immédiat de perdre son permis semble produire une prudence plus rapide que les campagnes de sensibilisation classiques.

Un bilan global encore très lourd

Malgré cette amélioration, le cumul reste sévère.
Sur les 44 premiers jours de l’année, le pays totalise :

  • 21 accidents mortels

  • 23 décès

Autrement dit, depuis le Nouvel An, la route continue de faire environ une victime tous les deux jours. La baisse récente intervient après un niveau initial très élevé et ne suffit pas encore à inverser réellement la tendance annuelle.

Les infractions qui expliquent la mortalité

Le contenu même des contraventions dressées confirme les causes principales des drames.
Depuis l’introduction du permis à points, 1104 contraventions ont déjà été établies.

Les trois infractions dominantes sont :

  • le non-port de la ceinture

  • l’excès de vitesse

  • le téléphone tenu en main

Ce trio correspond précisément aux facteurs les plus associés à la létalité des accidents : un choc plus violent, un corps non protégé et une seconde d’inattention suffisent souvent à transformer un incident en drame.

Pourtant les contrôles sont bien là !

Pourtant le dispositif de contrôle des principaux axes routiers par la police est bien réel; Ainsi au 12 février, la police a effectué:

  • 411 alcootests

  • 178 tests de dépistage de drogue

Ces contrôles existent et participent à la dissuasion, mais leur volume reste relativement limité au regard du nombre d’usagers quotidiens et du niveau de mortalité observé. Leur effet dépend donc surtout de la visibilité et de la perception du risque par les conducteurs qui estiment qu’ils vont toujours échapper au contrôle. Comme dirait l’autre, 100 jours pour le conducteur et un seul pour le police, suffira pour être vraiment dissuasif à ceux qui jouent avec le feu et surtout leur vie.

Une amélioration fragile

Les données convergent vers une conclusion nuancée. Le permis à points semble provoquer un effet immédiat de prudence et réduire simultanément la fréquence et la gravité des accidents mortels. Mais cette amélioration repose encore sur un temps très court et intervient après un mois de janvier particulièrement meurtrier.

La sécurité routière entre ainsi dans une phase d’observation : si la vigilance se maintient, la courbe pourrait réellement s’infléchir. Si l’habitude reprend le dessus, les chiffres risquent rapidement de revenir à leur niveau antérieur.


Les chiffres clés

Accidents mortels

  • 1–30 janvier : 17 accidents / 19 morts

  • 1–14 février : 4 accidents / 4 morts

  • Total au 14 février : 21 accidents / 23 morts

Permis à points

  • 1104 contraventions déjà dressées
    Principales infractions : ceinture, vitesse, téléphone

Contrôles

  • 411 tests alcool

  • 178 tests drogue

La baisse observée depuis fin janvier constitue donc un signal encourageant, mais encore trop récent pour parler de tournant. Pour la première fois, cependant, la statistique suggère qu’une modification du comportement des conducteurs peut être immédiate lorsque la sanction devient concrète et personnelle. Le combat ne fait que commencer; Il faut maintenir l’effort et ne pas réagir aux chiffres immédiats..Il faut en fait donner du temps au temps mais ne jamais relacher la pression sur les automobilistes…


La sécurité routière au-delà des automobilistes

  • Kanwars surdimensionnés: 13 contraventions 

À l’occasion des déplacements de pèlerins vers Grand-Bassin, la prévention routière ne s’est pas limitée à la circulation automobile. Elle a aussi reposé sur un encadrement humain constant, où la présence policière a joué un rôle déterminant, non seulement pour faire respecter la loi, mais surtout pour préserver une atmosphère de recueillement et de partage.

Durant la semaine, 13 contraventions, seulement,  ont été établies pour des kanwars surdimensionnés, susceptibles de présenter un danger dans une circulation dense. Le chiffre reste modeste mais révélateur : l’objectif n’était pas de sanctionner pour sanctionner, mais d’intervenir lorsque la sécurité collective pouvait être compromise.

Fait notable, aucune contravention n’a été dressée pour tapage nocturne lié aux cortèges. Dans l’ensemble, et à quelques exceptions près, les pèlerins ont fait preuve de discipline et de respect envers les autres usagers et riverains qui leur ont bien rendus la politesse. Quelques jeunes ont parfois été rappelés à l’ordre pour un volume sonore excessif ou pour des structures trop imposantes, mais ces situations sont restées marginales et ont été traitées avec pédagogie par la police , privilégiant le dialogue à la confrontation.

Dans les grandes zones de convergence — notamment à Diolle, Candos ou Port-Louis — la présence des forces de l’ordre s’est inscrite dans un esprit d’accompagnement. Les échanges avec les marcheurs, les organisateurs et les bénévoles ont contribué à maintenir un climat apaisé. Les haltes où repas et boissons étaient offerts se sont déroulées dans un esprit d’entraide et de considération mutuelle.

Ainsi, le sens même du pèlerinage a pu s’exprimer pleinement. L’encadrement policier, en assurant à la fois la sécurité et la sérénité, a permis de préserver la dimension spirituelle de l’événement et de retrouver, à travers toutes les composantes de la communauté mauricienne, une atmosphère fidèle à la tradition de Maha Shivaratree d’antan : celle d’un moment partagé plutôt qu’un espace de tension.

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