Réforme en pièces détachées — Foundation Programme : consolidation  et évaluation de la 1re année

Projet pilote pour un nouveau système, avec quatre jours au collège et un jour dans un centre de formation technique en G9

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Durant trois jours, les responsables d’établissement secondaires ont été exposés aux différents aspects du Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills (FPLNS). Cette démarche du comité technique dédié avait pour but d’assurer une mise en pratique adéquate et de débriefer sur la première année d’application. Déjà, une nouvelle orientation se dessine, avec l’introduction d’un projet pilote dans la zone 3, pour que les enfants passent trois jours au collège et un jour au centre ITET de Beau-Vallon, en Grade 9.

Le  Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills a été introduit l’année dernière, en remplacement de l’Extended Programme. Si le projet a été élaboré dans l’urgence en vue de répondre aux besoins appropriés des enfants en situation d’échec scolaire, il a été consolidé au fil des mois de pratique. Les manuels ont déjà été élaborés par le Mauritius Institute of Education (MIE). Cependant, il y avait encore des difficultés dans la mise en pratique, notamment au niveau de la collaboration de certains éducateurs, particulièrement dans les collèges d’État.

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D’où la décision de la cellule FPLNS d’organiser ces trois sessions d’information à l’intention des Senior Educators, Deputy Rectors et Rectors, afin de savoir dans quelle direction aller et surtout, déterminer qui fait quoi. Ceux qui y ont participé ont fait part d’une absence d’instruction formelle de la part du ministère, sur les différentes tâches, ce qui explique pourquoi il y a encore de la résistance au niveau de certains collaborateurs. Vijay Sookharee, le Programme Coordinator du FPLNS a promis d’émettre une circulaire à ce sujet, afin de clarifier la situation.

Par ailleurs, la première promotion du Foundation Programme, l’année dernière, a démontré que les enfants sont plus adaptés à ce nouveau programme, qu’à l’Extended Programme, où la majorité échouaient à l’examen du NCE. Le taux de réussite est de 76,4%. Le mode d’évaluation consiste en des contrôles continus, ainsi que des projets pratiques. Le Mauritius Examinations Syndicate (MES) est le modérateur.

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Le Dr Shalena Fokeera-Wahedally, Principal Research and Development Officer du MES, a élaboré sur les critères de performance, pour aider à mieux comprendre, quels sont les éléments à prendre en considération, pour évaluer les élèves selon le niveau Basic, Intermediate et Proficient. « Les résultats de 2025 ont démontré que nous avons pu maintenir les enfants à l’école, réduire l’exclusion et reconnaître les compétences multiples », a-t-elle indiqué.

Toujours est-il qu’il y a eu 10% d’absence aux épreuves finales. Sur les 1695 élèves enregistrés pour le FPLNS 2025, seuls 1521 ont été évalués. Une participante a alors fait ressortir que les collèges doivent aussi composer avec l’absentéisme, car certains ne sont pas réguliers. Dans un tel contexte, l’évaluation continue devient problématique.

Le Foundation Programme se décline en trois clusters.  Le Functional Literacy and Numeracy consiste en des connaissances de base en anglais, français, mathématiques, science et informatique, de même que le kreol morisien et les langues asiatiques. La partie Life Skills and Values comprend l’éducation physique et la santé, l’éducation aux valeurs citoyennes, Art and Design, Performing Arts et Socio-Emotional Well-being.

Le troisième groupe est Trade and Livelihood Skills. Il englobe la cuisine, l’agriculture, l’artisanat, la couture, les connaissances de base en électrique, le service communautaire, le travail du bois, la plomberie et l’entretien des appareils électroménagers.

Les participants ont fait ressortir que ce troisième cluster pose des problèmes étant donné qu’il n’y a pas de personnel qualifié pour cela dans les collèges. Initialement, il était question que les formateurs du Mauritius Institute of Training and Development (MITD) interviennent pour cette partie. Mais cela n’a pas été concrétisé.

Vijay Sookharee a fait ressortir que le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a proposé une autre solution. « Nous allons introduire un projet pilote pour la zone 3, en collaboration avec l’ITET. Cela consiste à envoyer les élèves au centre de Beau-Vallon, une fois par semaine, pour la partie Skills du programme. Ils pourront ainsi découvrir les différentes formations et se projeter pour l’avenir », dit-il.

Dans un deuxième temps, il est prévu d’étendre ce modèle dans d’autres régions. Les élèves vont ainsi passer quatre jours au collège et un jour dans un centre du MITD. Pour le moment, seuls les élèves de Grade 9 seront concernés, étant donné qu’ils complèteront leur parcours et poursuivront avec la formation technique. « Tout ne s’arrête pas en Grade 9 pour ces élèves. Il y a différents Pathways. Dépendant du niveau atteint à la fin de la troisième année, ils pourront intégrer un cours du NC2 ou du NC3. Après quoi, il y a aussi la possibilité d’aller à l’ITET ou à Polytechnics Mauritius. »

Le but du FPLNS consiste à s’adapter à la réalité des enfants et non pas leur imposer un programme. « Nous avons un profil d’élèves qui a accumulé des difficultés depuis le primaire, notamment des échecs successifs, ce qui a affecté leur estime de soi. Ils viennent de milieux difficiles et cela impacte leur comportement. Nous devons trouver des moyens de les intéresser, en mettant l’accent sur l’aspect pratique. Nous devons les remettre sur les rails et les valoriser », a fait ressortir le Dr Ajay Ramful, Head of Curriculum Development, Implementation and Evaluation du MIE.

C’est pour cela que le programme met également l’accent sur l’aspect Social and Emotional Wellbeing. Pour renforcer le programme, 15 coordonnateurs seront nommés bientôt pour assurer le suivi dans les différents collèges. De même quant aux Fortified Learning Educators (FLE) de la National Social Inclusion Foundation.

Réactions

Arvind Bhojun (UPSEE)

« Des éducateurs formés pour les Electives »

« Le Foundation Programme est en train de faire ses preuves, mais nous sommes toujours en mode démarrage. Beaucoup d’efforts ont été faits, à l’instar de ces sessions d’information pour l’améliorer. Nous avons maintenant un curriculum plus clair, et les manuels sont aussi prêts.

Il y a toutefois un souci au niveau de ce qu’on appelle les Electives, soit par la partie Skills, qui constitue la base même du programme. Il faut des personnes formées et ayant un sens d’appartenance pour cet aspect. Autrement, le succès ne sera pas garanti. Or, dans certains collèges privés, il y a des managers qui sont en train d’obliger les éducateurs du mainstream à s’occuper de cette partie. L’engagement ne sera pas pareil. Nous ne pouvons demander à un enseignant de langue, par exemple, de s’adonner à une matière technique qu’il ne maîtrise pas.

Nous faisons une demande pour des éducateurs formés pour cela. Une autre alternative serait que les enfants passent trois jours à l’école et deux jours dans un centre technique. Nous avons pris note qu’il y aura un projet pilote à l’ITET de Beau Vallon, cela doit être étendu dans toutes les régions.»

Yugeshwur Kisto (GSSTU)

« Utiliser les compétences adaptées »

« Au cours de la première année, le Foundation Programme n’était pas bien établi et il n’y avait pas les infrastructures appropriées. Il était question que la partie Electives soit prise en charge par le MITD, mais par la suite cela n’a pas été le cas. Cela a posé un problème dans le sens qu’on ne savait plus qui fait quoi.

Dans ce contexte, ces sessions d’information sont une démarche positive. Nous attendons maintenant des directives claires. Les tâches doivent aussi être attribuées en fonction des qualifications. Par exemple, si quelqu’un a une formation dans le domaine scientifique, qu’il enseigne les sciences !

Je fais ressortir également que nous avons déjà les anciens éducateurs de Prevoc qui ont été formés pour cela. Il faut utiliser leurs compétences. Les premiers résultats ont été plus positifs que pour l’Extended Programme, mais je pense qu’avec une bonne planification et plus de moyens au niveau des infrastructures, ce sera encore mieux.»

Dr Jimmy Harmon (SeDEC):

« Un autre type d’enseignement »

« Nous saluons cet exercice de communication qui permet aussi de comprendre l’enjeu du programme pour ces milliers de jeunes qui ont besoin d’un autre type d’enseignement et d’évaluation.

L’idée n’est pas de leur rendre la vie plus facile, mais de reconnaître qu’il y a une autre manière de « faire école » . Quand on leur donne cette possibilité, on voit que ces jeunes ont un immense potentiel de créativité, de talents. Le pays a besoin d’eux. Nous avons besoin d’eux.

La responsabilité nous incombe comme recteur, Deputy et Senior Educators de faire ce travail de transformation sociale. »

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