Des Chagossiens saisissent la High Court of Justice avec une application « to have their stalled judicial review relisted before a new judge »
Misley Mandarin, justifiant la démarche initiée vendredi : « The Chagossian people cannot be left in indefinite limbo »
Les conservateurs s’en prennent au Pr Phlipppe Sands, à sir Geoffrey Cox et à Lord Mandelson, impliqué dans le scandale sexe, argent et pouvoir des Epstein Files pour réclamer la suspension des procédures devant la House of Lords
La confirmation du prochain rendez-vous de The Diego Garcia Military Base and the British Indian Ocean Territory Bill pour une ultime étape devant la House of Lords le lundi 23 courant a fait monter la tension à Londres. Ainsi, comme il a été anticipé, les conservateurs anglais, avec pour paravent le gouvernement des Chagos en exil, nommément le First Minister désigné, Misley Mandarin, reviennent à la charge sur le plan légal pour bloquer cette prochaine étape cruciale. Une façon de faire monter les enchères politiques par voie détournée. Vendredi, Misley Mandarin, se présentant comme Main Claimant, a saisi de manière urgente la High Court of Justice, Admiministrative Court à Londres d’une motion « to have their stalled judicial review relisted before a new judge. » En parallèle, pendant toute la semaine, ces mêmes conservateurs anglais ont joué sur différents leviers « to kill the Chagos Surrender Deal » en s’en prenant frontalement au Pr Philippe Sands, à sir Geoffrey Cox et à Lord Mandelson dans une tentative de saper la confiance dans le traité anglo-mauricien du 22 mai 2025 et de bloquer irrémédiablement les dernières procédures parlementaires, notamment l’étape de la House of Lords, annoncée pour le lundi 23.
Le dernier move du gang des Anti-Chagos Deal vise à fournir à la majorité des conservateurs à la House of Lords un argument légal de taille, soit éviter un Contempt of Court, pour justifier les delaying tactics politiques dans l’approbation de The Diego Garcia Military Base and the British Indian Ocean Territory Bill. La motion, présentée vendredi devant l’Administrative Court de la Haute Cour de Londres, veut relancer le précédent cas des Chagossiens par voie de judicial review, logée le 24 mai de l’année dernière, contestant la restitution de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos.
Misley Mandarin et son compère Louis MIchel Mandarin réclament la nomination d’un autre juge pour se pencher sur ce dossier vu que « the judicial review was issued on 24 June 2025. Within 48 hours, the High Court recognised that expedition was appropriate. Eight months later, the case has not moved beyond the hurdle of a permission hearing. »
Même si dans un premier temps cette instance avait fait comprendre alors que la décision devait intervenir dans les 48 heures, les représentants des Chagossiens, soutenus par les conservateurs anglais sur le plan politique contre le gouvernement Starmer, dénoncent ce long délai. « Permission is not a trial. It does not decide the facts. It asks only whether the claim is arguable and should proceed. Appellate Courts describe it as a low threshold. Yet this threshold question has now remained undecided for close to four months. There is no timetable for the decision. The delay means the arguments have gone unheard », avance le Conservative Post sur les réseaux sociaux.
De par ce long délai, les Chagossiens ne sont plus en mesure de faire leur case devant les instances judiciaires appropriées. « Without a decision, the case cannot proceed to a full hearing. Nor can the Claimants seek permission to appeal to the Court of Appeal », ajoute ce post. En contrepartie, les conservateurs regrettent que « parliamentary stages concerning Diego Garcia have progressed. Sovereignty discussions have continued. Public debate has intensified. In December 2025, the Chagossian community established a Government in Exile, citing the urgency of representation while the Courts have remained silent, political processes have not paused. »
Justifiant cette nouvelle démarche, le First Minister du gouvernement des Chagos en exil affirme que « justice delayed is justice denied. We are not asking the Court to decide our case today. We are asking for a decision on whether it can be heard. That is a low threshold. Nearly four months later, there is still no answer. Meanwhile, decisions about our homeland continue to be taken. The Chagossian people cannot be left in indefinite limbo. »
Contempt of Court
Ce point de vue est étayé par un des plus staunch adversaires du Chagos Deal, Claire Bullivant de Great British PAC. « An urgent judicial review was heard in October. There is still no decision. Parliament is being asked to move forward on sovereignty arrangements before the Court has even decided whether the case should proceed. That cannot be how justice is meant to function », devait-elle renchérir.
Dans les jours à venir, soit avant l’échéance du 23, une décision en faveur de l’application de Misley Mandarin par l’Administrative Court de Londres constituerait un argument de poids aux mains des Lords conservateurs pour bloquer toute décision à l’étape des considerations/reasons devant la House of Lords du lundi 23. Alors, ils ne s’épargneront aucun effort pour faire comprendre que la House of Lords ne pourrait passer outre mesure des procédures judiciaires au risque d’un Contempt of Court.
En parallèle, les conservateurs, menés par Dame Priti Patel, en dépit du break à la House of Lords et à la Chambre des Communes, ont multiplié les sorties contre l’entourage de ceux qui ont collaboré à structurer le Chagos Deal. D’abord, ils s’en sont pris au Pr Philippe Sands, pour le poids apporté à la conclusion de ce traité anglo-mauricien. Puis, sir Geoffroy Cox, ancien Attorney General des conservateurs, a été leur cible, comme pour soutenir la thèse du noyé s’agrippant à la paille pour maintenir la tête hors de l’eau, ou la tactique du last resort.
Controversy
Les conservateurs réclament une enquête contre un des leurs vu que « official records in Parliament’s Register of Members’ Financial Interests show that Cox has declared payments for legal services provided to Mauritian public offices and associated law firms while serving as a sitting MP. » Les détails laissent voir que sir Geoffroy avait bénéficié de paiements du Director of Public Prosecutions de Maurice, dont £63 000 en octobre 2024 et £12 203 en mars 2025 « for further advisory work. »
Pour étayer ses dires et réclamer un gel du Chagos Deal, Conservative Post s’appuie sur le fait que « several British newspapers have reported that Cox’s paid engagements occurred in the months leading up to the UK – Mauritius agreement on the future of the Chagos Islands, including arrangements concerning the strategically important Diego Garcia. Those reports have drawn attention to the timing of the contracts and to advisory roles played by legal figures connected to Cox’s professional practice. »
Le leader du UK Reform Party, Nigel Farage, est venu prêter main-forte à la campagne contre un ancien ministre conservateur à ce sujet. Une façon de join the bandwagon. Ce à quoi sir Geoffrey Cox devait répondre de manière véhémente que « a grubby little insinuation. Farage has no evidence I advise Mauritius on the Chagos Islands because I am not. And I voted against the Chagos deal. What a pity a man who could offer real leadership should vomit up the same stale brew of lies people are sick of. »
Last but not least. Les conservateurs anglais sont parvenus à injecter une dose de Mandelson en disgrâce dans la tentative de gat lasos du Chagos Deal. « Campaigners and opposition figures say the talks, which would reshape Britain’s strategic position in the Indian Ocean and its relationship with Mauritius, cannot proceed while serious questions remain unanswered about lobbying, conflicts of interest and whether private actors stood to profit from decisions taken at the highest levels of government », fait ressortir l’opposition britannique en ajoutant que « unlike some other strands of the controversy, Mandelson’s connection to the Chagos talks is direct. As ambassador to the United States, he was one of the senior British figures involved in negotiations with Washington over the future of the islands and the joint military base there. »
En tout cas, ceux qui se sont donnés pour mission de Kill the Chagos Surrender Deal auront déjà suffisamment fait comprendre qu’ils continueront à manœuvrer, peu importe le niveau, pour empêcher que les faits historiques et légitimes sur les Chagos ne soient rétablis sur le plan du Droit international.

