L’immersion en pleine nature, moteur de transformation personnelle

Nommé ambassadeur volontaire dans le cadre des 10 ans de la plateforme solidaire Small Step Matters, Yan de Maroussem aura à cœur notamment de partager sa philosophie de vie et sa relation quasi spirituelle avec la nature avec les participants de l’initiative Ti Balad. Le concept mêlant découverte d’un lieu et opération de ramassage des déchets, pour conscientiser et préserver.

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Né à Floréal, j’ai grandi dans le sud-ouest de Maurice, au pied du Le Morne Brabant. Cette montagne, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, a marqué mon regard bien avant que je comprenne sa portée historique et symbolique. Sa présence imposante, constante, m’a très tôt appris une forme de respect silencieux. Elle ne s’impose pas par le bruit, mais par la stabilité.

Avec le recul, je réalise que mon rapport à la nature s’est construit à travers cette proximité. Grandir face à un relief aussi chargé d’histoire façonne une sensibilité particulière : on apprend à observer, à prendre de la distance, à accepter que tout ne nous appartient pas.

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Mon parcours a d’abord été sportif. Sports nautiques, ski, windsurf, rugby : j’ai toujours été attiré par le mouvement et l’engagement physique. Puis la course à pied s’est imposée progressivement comme une discipline centrale. L’endurance m’a enseigné la régularité, la patience et la gestion de l’effort. Sur les longues distances, on ne triche pas. Le corps et l’esprit doivent s’aligner.

Au fil des années, je me suis orienté vers le trail et l’ultra-distance. Ces disciplines, pratiquées en pleine nature, ne sont pas seulement des défis physiques. Elles sont des expériences intérieures. Courir plusieurs heures sur des sentiers escarpés, affronter la chaleur, le dénivelé, la fatigue obligent à se confronter à soi-même. On apprend à gérer le doute, à canaliser ses pensées, à maintenir un cap malgré l’inconfort.

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Cette relation directe à la nature produit un effet profond. Elle clarifie. Elle apaise. Elle remet les priorités en perspective. En montagne ou en mer, les préoccupations secondaires s’effacent. Il reste l’essentiel : respirer, avancer, s’adapter.

Avec le temps, j’ai compris que cet équilibre intérieur ne restait pas limité à la sphère sportive. La nature agit sur le soi, et à travers ce soi transformé, elle influence les relations humaines. Une personne plus centrée, plus patiente, plus lucide devient aussi plus attentive dans sa famille, plus stable dans son environnement professionnel, plus disponible pour les autres.

L’endurance m’a appris la constance.

La montagne m’a appris l’humilité.

La mer m’a appris l’adaptation.

Ces apprentissages dépassent largement le cadre de l’activité physique. Ils structurent une manière d’être. Lorsque l’on évolue régulièrement dans des environnements naturels exigeants, on développe une meilleure capacité d’écoute et une gestion plus sereine des tensions. Les défis rencontrés sur un sentier rendent les difficultés du quotidien plus relatives.

C’est dans cette logique que j’ai commencé à organiser des sorties en montagne et en kayak. À l’époque, certaines zones étaient peu fréquentées. Il existait un potentiel important pour structurer un tourisme nature plus développé à Maurice. Mon objectif n’était pas uniquement sportif. Il s’agissait de partager une expérience susceptible de transformer le regard.

Je constate régulièrement que les participants repartent différents de leur point de départ. Pas seulement satisfaits d’avoir atteint un sommet, mais apaisés, recentrés. Marcher plusieurs heures en pleine nature, écouter l’histoire d’un site et comprendre son importance culturelle et écologique créent un impact durable. Cette transformation individuelle a souvent des répercussions positives dans leur vie personnelle et professionnelle.

Le kayak, pratiqué le long des lagons mauriciens, complète cette approche. La mer impose une autre forme d’attention. Elle demande d’observer les courants, de respecter les écosystèmes, d’adopter un rythme fluide. Là encore, l’expérience dépasse l’activité en elle-même. Elle favorise une connexion plus consciente à l’environnement.

Fort de plus de vingt-cinq ans d’expérience terrain, j’ai vu évoluer le tourisme mauricien. Longtemps centré sur le balnéaire, il s’ouvre aujourd’hui davantage au tourisme vert et aux activités de pleine nature. Cette évolution représente une opportunité importante pour l’île, à condition qu’elle s’accompagne d’une véritable culture du respect et de la préservation.

Je suis convaincu que la nature agit comme un régulateur. Elle réduit l’agitation intérieure et favorise la clarté. Une personne qui retrouve un équilibre personnel agit différemment dans son entourage. Elle communique mieux, décide avec plus de discernement, transmet davantage de sérénité.

À l’échelle collective, cet effet cumulatif peut devenir significatif. Encourager une relation saine à la nature, c’est aussi encourager des comportements plus responsables et plus respectueux dans d’autres domaines de la vie.

Maurice possède des atouts naturels remarquables : montagnes, lagons, biodiversité, sites chargés d’histoire. Les valoriser avec discernement permet non seulement de diversifier l’offre touristique, mais aussi de promouvoir une culture de l’effort maîtrisé, de la contemplation et de la responsabilité.

La nature n’est pas un simple cadre d’activité. Elle est un levier d’équilibre personnel et, par extension, un vecteur d’impact positif sur les familles, les équipes de travail et la société dans son ensemble.

C’est dans cette conviction que je continue d’avancer : transmettre une expérience qui renforce l’individu, afin que cet individu contribue, à son tour, à un environnement humain plus stable et plus conscient.

Yan de Maroussem

ENCADRE :

Prochain rendez-vous le dimanche 15 mars

Yan de Maroussem donne rendez-vous au grand public le dimanche 15 mars pour la prochaine Ti Balad, à la découverte du Sud Sauvage, en direction de La Prairie et Macondé. Chaque participant sera invité à contribuer à hauteur de Rs 500 ou plus et l’argent collecté à travers la plateforme Small Step Matters sera reversé en intégralité directement à 3 causes : l’association We-Recycle investie dans la sensibilisation environnementale et la collecte des déchets recyclables, Hidden Disabilities Sunflower mobilisée notamment dans le domaine de la santé mentale et Shoals Rodrigues engagée dans la préservation du lagon par l’éducation des jeunes au sein du Club la mer.

Convaincu que la préservation d’un bon équilibre psychologique passe notamment par des temps d’immersion réguliers en pleine nature, Yan de Maroussem a choisi Hidden Disabilities Sunflower comme récipiendaire des fonds collectés à travers Ti Balad, en plus des Organisations Non Gouvernementales (ONG) We-Recycle et Shoals Rodrigues.

l Renseignements et inscriptions : coordinator@smallstepmatters.org

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