Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a, dans son message à la nation à l’occasion de la fête nationale, lancé un appel sans équivoque en faveur de l’unité et de la solidarité afin de défendre ensemble les intérêts économiques de Maurice. Il a, par la même occasion, dressé un tableau préoccupant de la situation internationale et de ses répercussions sur Maurice. Il a relevé qu’avec la guerre en Iran et au Moyen-Orient, il sera difficile d’éviter la hausse des prix et de l’inflation. Il a, d’autre part, annoncé qu’un accord sera conclu avec le gouvernement indien concernant l’approvisionnement de Maurice en produits pétroliers à travers Indian Oil.
« À cause de la gestion catastrophique de notre économie entre 2014 et 2024, aujourd’hui nous sommes dans une situation bien difficile. La guerre au Moyen-Orient a empiré notre situation économique. Nous nous attendions à un soulagement grâce au traité que nous avions signé sur les Chagos. Il paraît que cela prendra plus longtemps. Nous devons rester solidaires entre nous. Ce n’est pas le moment pour nous de nous diviser », déclare Navin Ramgoolam.
« Au contraire, il nous faut serrer les rangs et défendre notre pays ensemble. Si nous réussissons, il n’y a aucun défi que nous ne pourrons relever. Nous sommes déjà passés par des moments aussi difficiles. À la fin, nous avons toujours réussi. Pour réussir, il ne faut pas nous tromper sur nos priorités », fait-il comprendre.
Navin Ramgoolam a souligné qu’il a deux priorités immédiates : la première, la sécurité et le combat contre la drogue ; et la seconde, le redressement de l’économie.
Au chapitre de la lutte contre la drogue, le chef du gouvernement a reconnu les difficultés. « Nous le voyons partout dans le monde. Le trafic de la drogue est un serpent à plusieurs têtes. Vous écrasez une tête, les autres se lèvent. La drogue a tellement infiltré notre pays sous le régime du MSM que parfois les victimes deviennent les défenseurs des trafiquants. La lutte s’intensifie sur plusieurs fronts. Nous avons nommé un nouveau ACP en charge de l’ADSU et avons déjà des résultats bien encourageants », indique-t-il.
Il a indiqué que depuis janvier, la police et la douane ont procédé à la saisie de 82 kilos de drogue pour une valeur de plus de Rs 2 milliards. Il est revenu sur la mise sur pied de la National Crime Agency, la collaboration avec Scotland Yard et des changements à la tête du Forensic Science Laboratory.
« Nous avons fait des changements importants à la tête de la commission sur la drogue. J’aurai une rencontre entre l’équipe ministérielle et la commission après le 17 mars », a-t-il affirmé en insistant sur le fait que le gouvernement a l’intention de prendre des actions fortes. « Vous verrez les résultats. Nou pa pou kile. Il nous faut être intransigeants », maintient-il.
Au chapitre économique, Navin Ramgoolam a souligné les dangers auxquels le pays est exposé. « Il y a un danger devant nous. Moody’s nous surveille de très près. Nous avons une obligation de réduire notre dette. Il nous faut tout faire pour empêcher un d-Downgrade. La mauvaise gestion de l’ancien régime nous a laissés avec une dette de 90% du PIB, soit Rs 600 milliards. D’autre part, des investissements qui auraient dû être faits dans plusieurs secteurs ne l’ont pas été, notamment dans la distribution de l’eau, la santé et le port. Il n’y a eu aucune planification », dit-il.
« Dans tous ces secteurs, c’est mon gouvernement qui doit revoir tout cela de fond en comble. Nous rattrapons le temps perdu, nous redressons ce qui n’est pas droit et nous changeons ce qu’il faut changer. Nous apportons de nouvelles idées depuis l’extérieur. Ce n’est pas toujours visible, mais le travail se fait », rassure-t-il.
« Si notre économie est solide, que le pays produit des richesses, s’il y a la croissance, à ce moment nous pourrons améliorer la vie des Mauriciens aujourd’hui et assurer l’avenir pour les enfants demain », préconise-t-il dit en indiquant que Maurice a la capacité de devenir plus forte et prospère.
Le Premier ministre a aussi évoqué un contexte international marqué par la violence et l’instabilité. Alors que Maurice célèbre sa fête nationale dans la paix, plusieurs régions du monde sont plongées dans des conflits meurtriers. Il a fait remarquer que, face à ces tensions internationales, la ligne diplomatique adoptée par Maurice depuis l’indépendance repose sur une politique de non-alignement fondée sur le respect du droit international et des institutions multilatérales comme l’Organisation des Nations unies. « Cette approche a contribué à la reconnaissance de la souveraineté mauricienne sur l’archipel des Chagos par la communauté internationale », se félicite-t-il…
Dans la région de l’océan Indien, Maurice privilégie la coopération et le dialogue. À cet égard, le Premier ministre a salué la visite officielle du président des Seychelles. Il met en avant le fait que les deux pays partagent une longue histoire, une langue et des intérêts communs, notamment au sein de la Commission de l’océan Indien.
Navin Ramgoolam a évoqué un épisode marquant de cette coopération : le différend territorial entre Maurice et les Seychelles concernant une vaste zone maritime de 396 000 kilomètres carrés sur le plateau des Mascareignes. Après les élections générales de 2010, les deux pays envisageaient de porter le litige devant les Nations unies, une procédure qui aurait pu durer près d’une décennie.
Il a expliqué avoir alors pris contact avec l’ancien président seychellois, James Michel, pour lui proposer une solution fondée sur le dialogue plutôt que sur la confrontation judiciaire. Cette démarche a abouti, en mars 2012, à la signature d’un accord historique permettant aux deux pays de gérer conjointement cette zone maritime. Pour le chef du gouvernement, cet accord demeure un exemple concret de coopération et de diplomatie entre deux États voisins.
« L’unité est notre force »
En conclusion, Navin Ramgoolam a exhorté les Mauriciens à soutenir les efforts du gouvernement pour surmonter les défis actuels. Selon lui, l’histoire du pays montre que Maurice a toujours su se relever dans les moments difficiles. « Avec une vision claire, de la détermination et surtout l’unité nationale, le pays peut non seulement surmonter les obstacles actuels, mais aussi renforcer sa prospérité. L’unité est notre force », a-t-il réaffirmé, invitant les Mauriciens à avancer ensemble « as one people, as one nation, in peace, justice and liberty ».

