Le leader de l’Union Socialiste Mauricien (USM), Jack Bismohun, réagit à l’annonce de la hausse du prix du pain ainsi que des tarifs d’électricité.
« Deux annonces récentes ont provoqué une onde de choc dans les foyers: l’augmentation du prix du pain et la hausse des tarifs d’électricité. Deux produits essentiels, deux décisions lourdes de conséquences. Mais au-delà des chiffres, une question s’impose : ces hausses sont-elles réellement inévitables ou sont-elles le résultat direct d’un manque de vision politique ? Le pain, aliment de base pour des milliers de familles mauriciennes, voit son prix augmenter de manière significative. Une hausse brutale qui touche en premier lieu les ménages les plus modestes, mais aussi la classe moyenne déjà fragilisée », dit-il.
Dans le même temps, l’électricité, pilier de toute activité moderne, subit une augmentation notable. Pour les familles, cela signifie des factures plus lourdes. « Pour les entreprises, une hausse des coûts qui sera inévitablement répercutée sur les consommateurs. Pour la population, ce double choc n’est pas anodin. Il s’agit d’un véritable coup porté au pouvoir d’achat. Le gouvernement justifie la hausse de l’électricité par l’augmentation des prix internationaux de l’huile lourde. Un argument qui, à première vue, semble légitime. Mais cette explication masque une réalité plus profonde : notre pays dépend encore largement des énergies fossiles, et ce depuis des décennies. Pourtant, tous les gouvernements au pouvoir ont, tour à tour, promis des investissements dans les énergies renouvelables pour remplacer les infrastructures vieillissantes, mais aucune action concrète n’a été prise à ce jour », ajoute-t-il.
Concernant le pain, la hausse s’explique en partie par la réduction des subventions et l’augmentation des coûts de production. « Mais ici encore, le choix est politique. Un gouvernement a le pouvoir d’amortir les chocs économiques. Il peut décider de protéger les produits essentiels. Il peut choisir de soutenir les citoyens en période de tension. Or, la décision prise semble aller dans le sens inverse : réduire les mécanismes de protection et transférer la charge directement vers la population », poursuit-il.
Ces hausses ne resteront pas isolées. Elles entraîneront une réaction en chaîne, un effet domino inévitable, à commencer par une augmentation des coûts de production pour les entreprises, avec comme conséquence la hausse des prix des produits. Cela entraînera une inflation généralisée et, à terme, un appauvrissement de la population. Aujourd’hui, le pain est plus cher, l’électricité est plus chère… demain, ce seront d’autres produits essentiels qui suivront, souligne-t-il.
C’est tout un équilibre économique qui se retrouve fragilisé. Si certaines mesures ciblent les ménages les plus vulnérables, une grande partie de la population reste exposée. La classe moyenne, souvent considérée comme « résiliente », se retrouve en réalité coincée entre stagnation des revenus et hausse continue des dépenses.
Ce sont ces familles qui paient leurs factures, respectent leurs obligations, mais voient leur qualité de vie se dégrader progressivement. Le gouvernement ne peut pas se retrancher derrière des facteurs externes. Certes, les crises internationales jouent un rôle. Mais la situation actuelle est aussi le résultat de décisions — ou d’inactions — accumulées sur plusieurs années, comme le maintien d’une dépendance à l’huile lourde et le retard dans la transition énergétique, ajoute Jack Bismohun.
« Pour moi, face à cette situation, une remise en question s’impose. Il ne s’agit pas seulement de gérer une crise, mais de repenser un modèle et d’accélérer la transition vers des sources d’énergie durables. Car gouverner, ce n’est pas seulement réagir : c’est prévoir. L’augmentation du prix du pain et de l’électricité n’est pas qu’un simple ajustement économique. Elle est le reflet d’un système sous tension, d’un manque d’anticipation et d’une gouvernance qui peine à protéger ses citoyens. Aujourd’hui, les Mauriciens ne demandent pas seulement des explications. Ils demandent des solutions. Et surtout, une vision », souligne le leader de l’USM.

