Entre 2011 et 2025, aucun fonds n’a été alloué aux soins gériatriques. Ce qui a bloqué des initiatives essentielles. Ce n’est qu’au cours de l’exercice financier 2025-26 qu’un montant de Rs 5 millions a été affecté à la création d’une unité de soins gériatriques.Pour la Santé, le rapport de l’Audit est très sévère sur la question des soins destinés aux seniors. Outre de pointer du doigt le manque de fonds entre 2011 et 2025, l’Audit déplore également que « les faiblesses observées dans les services de gériatrie aient été principalement dues à une planification stratégique inadéquate du ministère de la Santé, en particulier à l’absence de stratégie nationale cohérente et de soutien budgétaire soutenu, adapté aux tendances démographiques liées au vieillissement et aux besoins médicaux. » La recommandation prioritaire est ainsi que le ministère commande une étude de faisabilité pour un nouvel hôpital national gériatrique spécialisé. De même, l’étude fait remarquer qu’initialement, la clinique MedPoint, à Solferino, Vacoas, avait été identifiée. Mais au final, ce projet a été transformé en National Cancer Centre (NCC). La création d’un centre de soins spécialisé en gériatrie est ainsi réclamée.Le ministère de la Santé a adopté l’Integrated Care for Older People (ICOPE) de l’OMS dans le cadre de son plan stratégique et d’action 2022-26, lancé en mars 2023. Ce plan définit 55 activités réparties en sept objectifs visant à promouvoir le dépistage précoce du déclin fonctionnel et à mettre en place un système coordonné de soins aux personnes âgées. Un comité de pilotage ICOPE a été créé pour superviser et orienter la mise en œuvre du Plan stratégique et d’action national ICOPE 2022-2026. Un comité technique est censé apporter son soutien à la mise en œuvre des priorités stratégiques inscrites dans le Plan stratégique national ICOPE 2022-2026. Cependant, ce projet tarde à aboutir. En cause : la faible gouvernance du ministère et le manque de contrôle qui ont entraîné des réunions de comité irrégulières et l’incapacité à activer les Regional Facilitation Committees.Le manque de professionnels qualifiés est aussi décrié. À septembre 2025, seuls trois gériatres étaient inscrits au Medical Council. Parmi eux, l’un exerçait exclusivement dans le secteur privé, tandis qu’un autre, titulaire d’une double qualification en gériatrie et en médecine interne, avait été détaché auprès du MSISSNS entre septembre 2023 et septembre 2025, laissant le service de santé publique en grave pénurie d’expertise.L’Audit déplore que la Santé n’ait pas suffisamment planifié ni mis en œuvre de mesures pour former, recruter ou déployer le nombre de gériatres nécessaires au service de santé publique, laissant ainsi le système en manque critique d’expertise. Pour ce qui est du volet sur la médecine traditionnelle et ayurvédique, le rapport établit que la loi de 1989 sur l’Ayurveda et les médecines traditionnelles couvrait initialement l’Ayurveda, l’homéopathie et la médecine traditionnelle chinoise. En 2024, elle a été modifiée pour devenir la loi sur les médecines traditionnelles.En janvier 2025, 22 praticiens étaient enregistrés dans les secteurs public et privé, dont 8 au sein de l’unité ayurvédique du ministère de la Santé. Les spécialisations des 14 autres praticiens exerçant en cabinet privé n’étaient pas disponibles. Malgré l’intérêt du public constaté dans un rapport de 2008, peu d’éléments probants indiquaient que Maurice figurait parmi les 88% des États membres de l’OMS ayant intégré la médecine traditionnelle conformément aux attentes de cet organisme onusien. « Tous les dossiers n’étaient pas disponibles pour consultation, notamment celui relatif à la création du Centre d’excellence Ayush », regrette l’Audit.Une enquête de satisfaction menée auprès des patients en 2006 a révélé que 95% d’entre eux fréquentant des cliniques ayurvédiques ont constaté une amélioration de leurs affections. Malgré ces retours positifs, « les services ayurvédiques fonctionnaient sans objectifs stratégiques, plans ni politiques, ce qui a engendré un manque de vision et de responsabilisation », est-il encore noté.De même, la thérapie Panchakarma a été introduite en 2006. En octobre 2025, sept cliniques étaient en activité. Bien que validée cliniquement, la thérapie était sous-utilisée en raison d’une application limitée, d’un manque de personnel et de retards dans la mise en œuvre d’un programme de formation prévu de longue date. Ces contraintes ont entraîné des suspensions, des retards et de longs délais d’attente, nuisant à la qualité des soins.La fréquentation des cliniques est restée stable, à environ 43 000 visites par an, au cours des cinq dernières années. La plupart des patients ont entrepris un traitement suite aux encouragements de leurs proches, mais l’absence de campagnes de sensibilisation structurées a limité la connaissance du grand public concernant les services disponibles.L’Audit conseille que soit élaborée une stratégie nationale de médecine traditionnelle assortie d’objectifs clairs, d’un calendrier précis et de mécanismes de responsabilisation. Et d’établir des dispositions légales, des lignes directrices et des protocoles pour intégrer d’autres systèmes de médecine traditionnelle (par exemple, la médecine traditionnelle chinoise).Entre 2023 et 2025, le ministère a subi des pertes financières dues à la péremption de médicaments ayurvédiques s’élevant à Rs 14,3 millions. En juin 2023, 51 articles d’une valeur de Rs 8,1 millions ont été éliminés à la Central Supplies Division (CSD), tandis qu’en août 2025, 87 articles périmés d’une valeur de Rs 6,2 millions y étaient encore stockés. Les registres n’indiquaient pas clairement si les médicaments périmés provenant des cliniques externes étaient inclus, car certains articles retournés étaient absents de la liste de la CDS.Le système de soins préhospitaliers d’urgence constitue un pilier essentiel du système de santé national, garantissant une évaluation rapide, un traitement immédiat et un transport sécurisé des patients vers les établissements de santé publique.En septembre 2025, le ministère de la Santé gérait une flotte de 76 véhicules spécialisés, comprenant 11 unités de réanimation cardio-respiratoire avancée (ACRLS) et 59 ambulances classiques. Afin de pallier les pannes fréquentes, le ministère disposait également d’une flotte de réserve de six véhicules vieillissants ayant dépassé leur durée de vie opérationnelle. Les véhicules des unités de réanimation cardio-respiratoire, avec à leur bord des médecins urgentistes et des équipes paramédicales, assuraient des interventions médicales avancées directement sur les lieux de l’incident.Les ambulances classiques étaient principalement affectées aux fonctions non urgentes, telles que les sorties de patients et les transferts ambulatoires, tout en apportant un soutien aux unités de réanimation cardio-respiratoire lorsque les véhicules d’intervention rapide étaient indisponibles.Les hôpitaux Jeetoo à Port-Louis et Victoria à Candos enregistrent le plus fort taux de demandes d’aides d’urgences. Néanmoins, le ministère n’a pas réaffecté les véhicules du SAMU en fonction des besoins d’urgence. Deux véhicules ont continué à desservir chacun des cinq hôpitaux régionaux. Le service en dehors des heures ouvrables était encore plus restreint, avec un seul véhicule SAMU ACRLS par région en service entre 16 h et 8 h.Entre mai 2024 et septembre 2025, au moins sept véhicules de l’unité du SAMU sont tombés en panne en cours de service et ont nécessité un remorquage. Un incident critique s’est produit le 22 juillet 2025 lorsqu’une unité du SAMU a connu une panne en plein transfert d’un patient intubé et ventilé. Un transfert de patient à haut risque en cours de trajet a été nécessaire, compromettant la sécurité et la continuité des soins. Le recours continu à une flotte de réserve de six véhicules obsolètes a mis en évidence le manque de fiabilité chronique de la flotte existante. La disponibilité réduite de la flotte a fait peser des risques importants sur la capacité opérationnelle du SAMU. La construction du projet d’hôpital universitaire de Flacq (phase II), envisagé de longue date, n’a pas été mise en œuvre. Aucun budget n’a été prévu dans le Programme d’investissement du secteur public pour 2026-2029 pour la création de cet établissement. Le ministère de la Santé n’a pas sollicité d’avis d’experts concernant la pertinence et la faisabilité continues de l’hôpital universitaire en tant qu’environnement de formation et d’apprentissage durable pour le futur personnel de santé.

