ÉDUCATION — Nouveaux règlements : Le cellulaire interdit dans les établissements scolaires à partir du 2e trimestre

The Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations 2026 présentées aux chefs d’établissement, hier

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Mesure annoncée depuis l’année dernière, le téléphone portable et autres objets connectés seront finalement interdits à l’école, à partir du deuxième trimestre. Le ministère de l’Éducation a collaboré pendant des mois, avec le bureau de l’Attorney General, pour mettre au point un cadre légal à cet effet. Maurice emboîtera ainsi le pas à d’autres pays comme la France notamment, imposant des restrictions sur le téléphone portable dans les établissements scolaires. Les enseignants sont aussi concernés et risquent des actions disciplinaires.

The Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations 2026 viennent concrétiser une volonté affichée, visant à interdire le téléphone cellulaire et autres objets connectés, pendant les heures de classe. Attendue depuis la rentrée 2025, cette initiative a accusé du retard, en raison de contraintes affichées par les éducateurs et l’absence d’un cadre officiel. Ce qui a poussé le ministère à élaborer des règlements spécifiques à ce sujet, avec la collaboration du bureau de l’Attorney General.

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Ce règlement stipule que le chef d’établissement, ou tout éducateur autorisé, doit interdire aux élèves l’utilisation de tout Smart Mobile Devices pendant les heures de classe et dans l’enceinte de l’école. Les règlements concernent à la fois les écoles et collèges d’État, les établissements subventionnés et les institutions privées payantes. Le ministre Mahend Gungapersad a exprimé le souhait que ce nouveau règlement soit appliqué dès le deuxième trimestre.

Les prochaines étapes demeurent la finalisation de la mesure avec le State Law Office, la validation par le conseil des ministres et la publication dans la Government Gazette. Le ministre s’est dit confiant que ces procédures pourraient être complétées au cours des trois prochaines semaines, soit avant la rentrée du deuxième trimestre. Il a appelé à la collaboration des chefs d’établissement, des parents et des éducateurs. « Nous savons tous quels sont les dangers liés au téléphone portable aujourd’hui. C’est pour cela qu’il nous faut la collaboration de tout le monde. Nous devons sauver nos enfants », dit-il.

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The Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations 2026 donnent également le pouvoir aux chefs d’établissement d’agir, en cas de refus d’obtempérer. Pour une première infraction, le chef d’établissement peut saisir le téléphone/l’objet connecté de l’élève et envoyer une lettre, en guise d’avertissement, aux parents. En cas de récidive, le téléphone sera saisi et l’élève sera suspendu pour deux jours. S’il refuse de collaborer une troisième fois, il sera suspendu pour une semaine, les parents seront avertis et le téléphone sera saisi.

Les éducateurs aussi

Dans les deux derniers cas, l’ébauche des Regulations prévoit également un Administrative Fee pour récupérer le téléphone. Toutefois, il se pourrait que cette partie ne soit pas appliquée. Il reste aussi à finaliser qui va ramasser les téléphones et où. L’exemple du Curepipe College, qui dispose de Lockers pour garder les téléphones, a été cité. Ce modèle sera étudié, dépendant des implications financières. Les Regulations prévoient également que les élèves pourraient garder leurs téléphones éteints dans leurs sacs. « Si un élève a bien besoin d’utiliser son portable, cela se fera sous la supervision d’un éducateur. De même, pour ceux qui, pour des raisons de santé, doivent avoir leurs téléphones à portée de main », a précisé le ministre.

Ces nouveaux règlements concernent également les éducateurs. Ils ne seront pas autorisés à utiliser leurs téléphones en classe, sauf pour les besoins liés à l’enseignement. Toute infraction de la part des éducateurs est passible de sanctions disciplinaires, sous les Public Service Commission Regulations ou les Private Secondary Education Authority Regulations.
Si ces nouveaux règlements sont bien appliqués, Maurice emboîtera le pas aux grands pays qui ont déjà interdit l’utilisation du téléphone portable à l’école. Lors de la réunion d’hier, plusieurs cas ont été présentés par le Dr Neeshi Reetoo, directrice du département Health and Wellness du ministère. De juin 2023 à mars 2026, le pourcentage de pays ayant banni le téléphone à l’école est passé de 24% à 58%. Ce qui représente 114 pays.
Des études ont également démontré qu’une utilisation abusive du téléphone portable chez les jeunes affecte la santé mentale, principalement en matière d’anxiété et de charge mentale. De même, une dépendance aux écrans affecte le sommeil, la concentration et les interactions sociales. Sans compter que les jeunes sont exposés aux multiples dangers du monde numérique.
Même si la restriction n’est pas une solution magique, des études en Nouvelle-Zélande ont démontré une amélioration au niveau du bien-être, après l’interdiction du téléphone portable. Toutefois, il est conseillé que la restriction soit accompagnée d’une sensibilisation et le développement de Social Skills. De même, il a été également noté qu’une interdiction du téléphone portable à l’école améliore les résultats. 75% des établissements ayant banni le téléphone ont observé un tel changement. Il a aussi été noté que le Bullying a diminué par 43% à l’école. Il y a eu une progression de 60% dans le climat social.

Le ministre Gungapersad a fait ressortir qu’il y a eu des discussions avec différentes parties prenantes, incluant les représentants des élèves, avant d’élaborer ces nouveaux règlements. Il a ajouté que plusieurs établissements appliquent déjà l’interdiction du portable. Les Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations de 2026 mettent en place un cadre établi, officiel pour tous les établissements.

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Vikash Ramdonee (UDRRU) : « Éviter les failles qui affecteront l’implémentation »

« Nous soutenons cette décision courageuse. Aujourd’hui, le téléphone portable est devenu une menace pour nos enfants. C’est pour cela que de grands pays à travers le monde ont déjà banni le téléphone à l’école. Nous ne pouvons être plus royalistes que le roi.
« Toutefois, il ne faut pas qu’il y ait des lacunes dans ces Regulations, qui vont affecter la mise en pratique. Si par exemple, il y a des éducateurs ou des parents qui refusent de collaborer, il faut savoir quoi faire. Bien sûr, il y a quelques mesures qui ont été présentées, mais au-delà, s’il y en a qui refusent toujours, que faisons-nous ? Il ne faut pas que tous les problèmes retombent sur l’établissement.
« L’utilisation des Lockers a été évoquée, j’espère que ce sera mis en pratique. Je ferai un appel particulier à la collaboration des parents qui sont dans le domaine légal, qui viennent souvent trouver des petites failles. Nous avons besoin de vous, c’est dans l’intérêt de vos enfants. »

 

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