PROTECTION DES MAMMIFÈRES MARINS – Nager avec les dauphins : une Enforcement Squad sera établie

  • Joanna Bérenger accule le ministre Richard Duval sur les retards accumulés

Où en sont les amendements proposés à la Tourism Act en vue de protéger les mammifères marins ? C’est la question adressée par la nouvelle députée de l’opposition, Joanna Bérenger, au ministre du Tourisme, Richard Duval. Ce dernier a répondu que plusieurs réunions ont eu lieu avec les parties prenantes et qu’une Enforcement Squad sera mise sur pied. Elle a fustigé le ministre pour le retard.

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Une centaine d’embarcations sont engagées dans l’observation et la nage avec les dauphins sur la côte sud-ouest de Maurice, comprenant 278 détenteurs de licences délivrées par la Tourism Authority. C’est ce qu’a répondu le ministre Richard Duval. Il a fait référence à sa réponse donnée lors de la séance du 11 novembre 2025, où il avait annoncé qu’un premier projet de règlement, visant à encadrer ces deux activités, avait été élaboré par le ministère du Tourisme. Ces nouveaux règlements prévoient un certain nombre d’exigences auxquelles toute embarcation de plaisance pratiquant ces activités devra obligatoirement se conformer.

De même, le projet a été soumis à toutes les parties concernées pour validation avant promulgation. Cela inclut des ONG, dont Eco-Sud et la Marine Megafauna Conservation Organisation, qui ont fait savoir qu’elles n’ont aucune objection à l’observation des dauphins, mais qui demandent que la nage soit interdite.
La Federation of Pleasure Craft Operators, qui regroupe les 278 opérateurs, demande, elle, le maintien de l’activité de nage avec les dauphins, avec allégement des contraintes réglementaires. Compte tenu de ces propositions divergentes, le ministre a affirmé avoir tenu des réunions avec les parties concernées afin de parvenir à un consensus. « Au cours de ces réunions, plusieurs manquements dans les règles encadrant cette activité ont été relevés. Lors de la dernière réunion du 10 mars, les parties prenantes présentes ont convenu que si l’activité de nage devait se maintenir, une Enforcement Squad devrait être mise en place », explique-t-il.

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Cette équipe devrait être composée d’agents de la National Coast Guard, de la Tourism Authority et de la Fisheries Division. Chacune de ces entités disposant de compétences spécifiques en matière de contrôle, a précisé le ministre. « L’équipe d’intervention devra travailler de manière coordonnée afin d’assurer des pratiques raisonnables en matière d’observation des dauphins et des baleines, ainsi que la nage avec les dauphins, à Maurice », préconise-t-il.

Les ressources supplémentaires requises, en termes d’équipements – embarcation, drones, etc. – ainsi que de personnel, devront être communiquées au ministère du Tourisme dans les plus brefs délais. « Dès réception de cette information, une décision sera prise quant au maintien de cette activité de nage avec les dauphins. Je précise que nous devrons absolument assurer la protection des mammifères, de notre écosystème marin, ainsi que l’image de Maurice. Nous devrons d’autre part veiller aux moyens de subsistance des opérateurs engagés dans cette activité, ainsi que leurs employés et leurs familles. Surtout dans le contexte économique difficile actuel », fait-il comprendre. Il ajoute qu’une « décision courageuse » devra être prise collectivement. Les règlements seront élaborés sur la base des décisions prises.

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Joanna Bérenger : Le ministre a fait référence à la PQ B/985, où il affirmait qu’un draft des Regulations avait circulé auprès de tous les Stakeholders. Comment est-ce qu’il réconcilie cette information avec le courriel de la MMCO, qui a été adressé au ministre et où je suis en copie, faisant mention que l’organisation n’a jamais reçu de draft des Regulations ? Comment une consultation peut-elle être réellement significative si l’organisation la plus concernée par le sujet n’est pas consultée et n’a pas accès aux nouveaux règlements ?
Speaker : Allons attendre sa réponse. On ne sait pas. Ils disent qu’ils n’ont pas reçu. Vous avez envoyé ?
Richard Duval (à Joanna Bérenger) : Vous le savez très bien. Vous avez assisté à plusieurs réunions…
Speaker : Non, M. le ministre, adressez-vous à moi svp !
Richard Duval : Le gros problème dans cette affaire est de savoir qui va diriger ? Est-ce la National Coast Guard…
Speaker : M. le ministre, permettez-moi ! La question était : cette organisation dit qu’elle n’a pas reçu le document…
Richard Duval : Ils n’ont qu’à s’adresser à moi…
Speaker : Apparemment, ils vous ont écrit.
Richard Duval : Si tel est le cas, donnez-le moi !
Joanna Bérenger : Je vais envoyer une copie.
Speaker : Déposez-la sur la table de l’Assemblée !
Joanna Bérenger : Je vais envoyer une copie directement au ministre. Mais il a reçu, cela lui a été adressé…

(Brouhaha)

Speaker : Non, pas de commentaires.
Joanna Bérenger : Le ministre peut-il donner un calendrier précis et dire quand ces Regulations deviendront une réalité, étant donné que ce dossier est en suspens depuis plus d’un an malgré plusieurs relances, y compris à travers le comité interministériel qui était dirigé par l’ancien DPM. Plusieurs relances ont été faites et le projet est toujours en suspens. Peut-on avoir un calendrier précis ?
Richard Duval : Il est très important de souligner que c’est un règlement très complexe. Nous avons environ 100 opérateurs de bateaux de plaisance qui défendent cette activité d’un côté, et, de l’autre, nous avons les ONG et d’autres autorités qui nous demandent d’interdire la nage avec les dauphins. Nous devrons être très prudents et veiller que les informations appropriées soient recueillies afin qu’une décision soit prise. Mon ministère poursuit les consultations avec les différentes parties prenantes afin de finaliser les Terms of Reference de l’Enforcement Squad. Une fois cette étape franchie, je présenterai un document sur la question au conseil des ministres afin qu’une décision collective soit prise.
Joanna Bérenger : Pas de calendrier ni de Timeline. Il n’y a pas que la nage avec les dauphins qui pose problème aujourd’hui. Le ministre est bien au courant. La nage illégale avec les baleines constitue un gros problème. Les scientifiques ont mentionné que la population de nos cachalots résidents n’a cessé de diminuer, pour arriver aujourd’hui à uniquement 25 cachalots. Ce retard prolongé ne compromet-il pas à la fois les efforts de conservation et la crédibilité de Maurice en tant que destination touristique durable ?
Richard Duval : Je suis au courant de tout cela. Mais il faut prendre en considération une chose : l’implémentation de tout cela demande un budget. Et tout ce qui relève au budget arrive bientôt. Nous avons la National Coast Guard, qui n’a pas de budget, nous avons la Tourism Authority qui n’a pas de budget, nous avons les Fisheries qui n’ont pas de budget. Donc, comment faire ? On peut faire 1 000 réunions, mais le point le plus important, c’est les fonds, l’argent, le budget. C’est le ministère des Finances qui doit nous donner…
Joanna Bérenger : Il a déjà eu une proposition pour cela. La MMCO a proposé…
Speaker : Question, question !
Joanna Bérenger : Le ministre est-il au courant, que la MMCO a proposé un Conservation Fee obligatoire pour renforcer l’Enforcement justement. Il y a une solution. Il suffit d’avoir la volonté politique.
Speaker : Pas de commentaires.
Richard Duval : J’ai déjà répondu Mme la présidente.
Speaker : Question, posez des questions !
Joanna Bérenger : Les solutions existent… Li pe sove…

(Brouhaha)

Stéphanie Anquetil : Dans le cadre de cette législation, quelles mesures le ministre compte-t-il prendre pour les opérateurs risquant de perdre leur emploi, ainsi que leur seul moyen de subsistance ?
Speaker : Je croyais qu’on avait déjà répondu à cela.
Richard Duval : J’ai déjà répondu à cette question, mais…
Speaker : On ne va pas répéter…
Richard Duval : Comme je vous l’ai dit, Madame, j’ai déjà répondu à cela, mais j’insiste sur le fait que nous devons assurer la protection des mammifères marins, de notre écosystème et, comme l’a si bien dit l’honorable membre, l’image de l’île Maurice. Mais nous devrons aussi d’autre part tenir en compte les moyens de subsistance de 100 opérateurs engagés dans cette activité, ainsi que les employés et leurs familles, surtout dans le contexte économique actuel. Ce sera une décision courageuse qui devra être prise collectivement. Mais la base des règlements, c’est le Cabinet qui décidera…
Speaker : Dans pas trop longtemps. J’arrête là !

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