« Face à la flambée continue des prix, le malaise s’installe durablement dans les foyers mauriciens » avance le Mauritius Labour Congress (MLC). Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, cette formation syndicale tire la sonnette d’alarme et réclame, sans délai, l’octroi d’une compensation salariale intérimaire de Rs 1 000 pour tous les salariés du pays, du public comme du privé. Cette compensation salariale devrait aussi s’appliquer à ceux touchant plus de Rs 50 000 mensuellement, laisse entendre le MLC.
« Le constat est sans appel : la hausse en cascade des prix des produits de consommation et des services étrangle progressivement le pouvoir d’achat. Les travailleurs, déjà fragilisés, voient leur situation financière se dégrader de jour en jour. Pour le MLC, il ne s’agit plus d’un simple ajustement économique, mais d’une urgence sociale », écrit le président du MLC, Haniff Peerun, qui ajoute que « certes, des mesures ont été prises pour soutenir les plus démunis inscrits au Registre social. Mais une question cruciale demeure : qu’en est-il des milliers de familles situées juste au-dessus de ce seuil, exclus des aides, mais tout aussi vulnérables ? Et surtout, qu’en est-il de cette classe moyenne, longtemps pilier de l’économie, aujourd’hui en chute libre, étranglée par les dépenses et laissée sans véritable filet de sécurité ? »
Dans un contexte international marqué par les répercussions de la guerre et des tensions économiques globales, le président du MLC indique que d’autres pays, avec des économies parfois plus fragiles que Maurice, ont su agir rapidement pour protéger l’ensemble de leur population, sans distinction. « Une responsabilité que le gouvernement mauricien ne peut esquiver », devait-il renchérir.
D’autant que, souligne le mouvement par ailleurs, la situation économique du pays ne saurait être qualifiée de catastrophique. Aucune réduction significative des dépenses publiques n’a été observée, notamment celles des ministères, des ambassades ou des avantages accordés aux élus, autant de charges financées par les contribuables.
Pour le MLC, le message est clair : il est temps de replacer la souffrance des citoyens au cœur des priorités. La classe moyenne, moteur silencieux de l’économie, ne peut continuer à être sacrifiée. Aujourd’hui, elle peine à joindre les deux bouts, basculant progressivement vers la précarité, souligne la formation syndicale.
Dans l’attente de la convocation d’une réunion tripartite, le MLC souhaite une réaction rapide des autorités. Car au-delà des chiffres, c’est la dignité de milliers de familles qui est en jeu, conclut Haniff Peerun.
D’autre part, avec la hausse des prix au détail, le gouvernement encaisse davantage de recettes sous formes de taxes indirectes, dont entre autres la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA). Pour étayer cette thèse, les dernières prévisions de Statistics Mauritius apportent de l’eau au moulin. En effet, les dernières prévisions misent sur des recettes de taxes sur de produits de consommation de l’ordre de Rs 113,7 milliards cette année contre Rs 85 milliards en 2023, soit presque Rs 30 milliards de plus Ce détail pousse les auteurs derrière la revendication pour une compensation salariale intérimaire dans la conjoncture à soutenir que « gouvernma pa kapav kontinie dir lakez vid.»

