Encadrement socio-économique : 47 ans de la CHA Employees Cooperative Credit Union

La Central Housing Authority Employees Cooperative Credit Union célèbre cette année ses 47 ans d’existence. Aujourd’hui, les adhérents peuvent bénéficier d’un prêt équivalant à quatre fois le montant de leurs parts, jusqu’à un plafond de Rs 500 000. Ce prêt est remboursable sur une durée maximale de 96 mois, à un taux d’intérêt annuel de 6,5%. Il est couvert par une assurance sans frais supplémentaires et ne comporte pas de frais administratifs.

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En cas de décès d’un membre, les héritiers ne sont pas tenus de rembourser le prêt. Mieux encore, ils perçoivent le double du montant des parts détenues par le défunt au sein de la société.

Le président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, Deepak Benydin, qui est aussi un des dirigeants de cette coopérative de crédit, a souligné la résilience de cette coopérative, qui a su survivre malgré la fermeture de la Central Housing Authority (CHA), grâce à une adaptation de ses statuts.

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« À l’époque, lorsque les travailleurs de la défunte CHA se retrouvaient démunis et peinaient à retrouver un emploi, la Cooperative Credit Union leur est venue en aide. Entre 800 et 1 000 licenciés ont pu bénéficier de petits prêts pour acheter une voiture, devenir taximen, subvenir aux besoins de leur famille ou poursuivre leurs études. Cette structure leur a permis de survivre alors qu’ils n’avaient reçu qu’une compensation dérisoire », a-t-il dit.

Face au risque de disparition de la coopérative après la fermeture de la CHA, ses responsables ont élargi ses critères d’adhésion aux travailleurs du secteur parapublic et du secteur privé. « Nous avons amendé les statuts afin d’étendre nos services. J’ai ensuite repris la présidence de cette coopérative. Au-delà de notre rôle financier, nous menons également un travail social important pour améliorer la vie des travailleurs », a ajouté Deepak Benydin.

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La création de la CHA s’inscrivait dans un contexte de grave crise du logement à Maurice. À l’époque, une grande partie de la population vivait dans des habitations précaires – huttes en paille ou maisons en tôle – souvent dépourvues d’infrastructures sanitaires de base. Les sols en bouse de vache et les infiltrations d’eau lors de fortes pluies illustraient des conditions de vie extrêmement difficiles.

La situation s’est aggravée avec le passage dévastateur des cyclones Alix et Carol, qui ont laissé des milliers de Mauriciens sans abri. Des abris temporaires ont alors été installés dans des écoles et des camps, souvent constitués de structures en amiante. Dans ce contexte, deux institutions majeures ont été mobilisées : le Sugar Industry Labour Welfare Fund et la Central Housing Authority, avec pour mission de reloger les sinistrés.

Créée au début des années 1960, la CHA avait pour mandat de construire, gérer et fournir des logements accessibles aux familles à faibles revenus. Entre 1961 et 1970, elle a construit environ 14 000 maisons à travers l’île, contribuant à améliorer significativement les conditions de vie de milliers de Mauriciens.

Son action s’est poursuivie au-delà des années 1970, notamment après des catastrophes naturelles comme les cyclones Gervaise et Firinga. L’organisme a également facilité l’accès à la propriété grâce à des logements proposés à prix nominal, avec des facilités de paiement pouvant s’étaler sur 25 ans. Toutefois, la trajectoire de la CHA n’a pas été exempte de controverses. La décision de confier une étude de faisabilité à un ancien président de l’institution, devenu par la suite directeur de la National Housing Development Company (NHDC), a notamment suscité des critiques pour conflit d’intérêts.

En juin 1993, la CHA a été dissoute et ses fonctions transférées à la NHDC. Depuis, des interrogations persistent quant aux coûts de cette nouvelle structure et à son éloignement des objectifs initiaux visant à reloger les plus démunis. « La défunte CHA a joué un rôle fondamental en posant les bases d’une politique de logement social structurée. Elle a contribué à atténuer la pauvreté et à améliorer durablement les conditions de vie à Maurice », conclut Deepak Benydin.

La Central Housing Authority Employees Cooperative Credit Union fut créée le 16 avril 1979. En 1992, elle regroupait 1 200 employés de la défunte CHA. Les 1 200 membres ont alors cessé de cotiser et de rembourser les prêts contractés auprès de la société.

Heureusement, le gouvernement a décidé de redéployer les anciens employés de la CHA dans plusieurs organismes publics. Les critères d’adhésion ont été modifiés afin d’inclure toutes les organisations où ces ex-employés ont été affectés. Certains d’entre eux ont également trouvé un emploi dans le secteur privé. La société regroupe actuellement plus de 1 000 membres.

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