C’est un sujet particulièrement sensible souligné lors de la Journée mondiale pour les animaux de laboratoire, célébrée vendredi 24 avril. Des images vidéo bouleversantes, diffusées en ligne récemment par le Daily Mail, l’un des journaux britanniques les plus lus au monde, révèlent le sort tragique de macaques à longue queue exportés de Maurice et utilisés pour des tests de toxicité réglementaires dans des laboratoires d’essais sous contrat britanniques. Confiées à Animals International (branche internationale de l’organisation Animals Australia), ces images ont été filmées par un employé de laboratoire, profondément choqué par la souffrance animale.
Chaque année, des millions d’animaux sont délibérément exposés à des substances toxiques, afin d’observer leurs effets néfastes et les parties du corps affectées. Leurs souffrances sont extrêmes, les procédures stressantes et très invasives. Ces tests sont essentiels à l’approbation des médicaments, des produits chimiques et autres produits, et demeurent intégrés aux systèmes réglementaires à l’échelle mondiale.
La publication de nouvelles images, révélant l’utilisation de macaques de Maurice pour tester différents types de produits, a suscité une vive indignation au Royaume-Uni. Dans l’article du Daily Mail, un ancien laborantin décrit ce qu’impliquent réellement les tests de toxicité : « La méthode la plus courante, appelée « gavage oral », consiste à introduire un tube en caoutchouc dans la gorge d’animaux immobilisés, jusqu’à leur estomac, pour y administrer directement la substance. Cette méthode est utilisée sur des macaques à longue queue pour tester des médicaments contre les maladies hépatiques et des produits amaigrissants… Dans d’autres tests, des masques sont fixés sur le visage de beagles et de singes, et la substance testée est inhalée par les animaux. Pour ces tests, les singes sont préparés en étant immobilisés par des étaux autour du cou et de la taille. Tous les animaux qui survivent aux tests sont tués à la fin du processus et leurs corps sont disséqués pour des études complémentaires. »
Dans un communiqué de presse datant de jeudi 23 avril, Sarah Kite, directrice de l’organisation Animals International au Royaume-Uni, a déclaré : « Ces images déchirantes de macaques à longue queue offrent un aperçu troublant du monde opaque des tests de toxicité animale et des souffrances, de la détresse et de la mort des singes exportés de Maurice. Nous appelons les communautés mauriciennes à se mobiliser pour les singes qui y vivent et à exiger la fin de cette cruauté. »
Selon le communiqué, « Les macaques à longue queue exportés de Maurice étaient systématiquement soumis à des tests de toxicité. Lors de cette procédure appelée gavage oral, un membre du personnel maintenait de force les macaques, tandis qu’un autre leur enfonçait un tube dans la gorge et leur injectait la substance testée directement dans l’estomac. Les primates se débattaient, criaient et hurlaient pour empêcher qu’on leur enfonce le tube dans la bouche. Certains de ces singes ont été utilisés pour des tests à doses répétées, au cours desquels ils ont été soumis à un gavage oral quotidien pendant neuf mois. Lors d’autres tests éprouvants, filmés par un ancien employé, des singes se débattaient, maintenus dans un dispositif de contention. Un masque leur était fixé au visage, à travers lequel ils étaient forcés d’inhaler la substance testée qui leur était injectée », peut-on lire.
Fiabilité scientifique limitée
Il est de plus en plus admis par la communauté scientifique que, compte tenu des différences biologiques entre les humains et les autres primates, ainsi que des conditions de vie artificielles de ces derniers, les résultats de telles recherches ne peuvent être extrapolés à l’homme de manière sûre et fiable. À ce sujet, la directrice britannique d’Animals International, déclare : « Environ 90% des médicaments qui réussissent les tests sur les animaux échouent finalement lors des essais cliniques sur l’homme. Cela renforce l’urgence de remplacer les animaux par les technologies modernes pertinentes pour l’homme qui sont désormais disponibles, telles que les systèmes in vitro, les organes sur puce et la modélisation par intelligence artificielle. »
Le commissaire de la puissante agence américaine de réglementation des médicaments, la Food and Drug Administration (FDA), Marty Makary, a d’ailleurs récemment déclaré : « Les progrès technologiques nous permettent de dépasser l’expérimentation animale dans le développement des médicaments, dont le bilan en matière de prédiction de l’innocuité et de l’efficacité chez l’humain est médiocre. Ces recommandations faciliteront l’adoption de méthodes alternatives modernes à l’expérimentation animale dans les dossiers réglementaires. »
Appel à l’arrêt des tests sur les singes à Maurice
Animals International a également tiré la sonnette d’alarme concernant le sort réservé aux macaques à longue queue à Maurice, qui pourraient subir le même sort si le gouvernement maintient son projet d’autoriser les tests sur ces animaux dans le pays. Sarah Kite a déclaré : « Les images des pratiques courantes de tests de toxicité animale au Royaume-Uni ont suscité une vive indignation internationale. Permettre à une industrie condamnée à l’échelle mondiale de s’implanter à Maurice est clairement préjudiciable à la réputation et à l’avenir du pays. »
Appel au gouvernement mauricien à promouvoir des méthodes de recherche humaines et fiables
Animals International s’est associée à des groupes de défense des animaux à Maurice pour appeler le gouvernement à, d’une part, mettre fin à l’exportation de macaques à longue queue vers des laboratoires d’expérimentation à l’étranger, et, d’autre part, à renoncer à une pratique cruelle, obsolète et peu fiable qui fait souffrir les macaques, lors d’expériences menées à Maurice même. « Nous exhortons le gouvernement mauricien à se joindre au mouvement mondial qui abandonne les tests sur les animaux, inhumains et non fiables, et à adopter une approche moderne, pertinente pour l’humain et à la pointe de la recherche. Une telle démarche représente l’avenir de la science et ne causera aucune souffrance animale », a déclaré Sarah Kite.
Légende :
Ces images ont été diffusées en ligne récemment par le Daily Mail, l’un des journaux britanniques les plus lus au monde

