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Haniff Peerun demande de rendre hommage aux travailleurs actifs mais aussi les femmes au foyer et les services essentiels et d’urgence
À l’approche de la Fête du Travail, le Mauritius Labour Congress (MLC) propose d’inscrire durablement la mémoire des luttes ouvrières dans l’espace public à travers la création d’une « Place 1er Mai ». Une initiative bien accueillie par le ministre du Travail, mais qui reste à concrétiser.
Pour son président, Haniff Peerun, le 1er mai doit dépasser le simple cadre des revendications traditionnelles. Il appelle à rendre hommage non seulement aux travailleurs actifs, mais aussi aux retraités qui ont contribué au développement socio-économique du pays, sans oublier les femmes au foyer, dont le travail quotidien reste largement invisible. Une pensée est également adressée aux employés mobilisés en ce jour férié, notamment dans les services essentiels et d’urgence.
Dans une correspondance datée du 23 mars, le MLC a ainsi saisi le ministre du Travail, Reza Uteem, pour proposer la désignation officielle d’un lieu baptisé « Place 1er Mai ». L’objectif est de doter le pays d’un espace symbolique dédié aux luttes des travailleurs, à l’image de sites déjà ancrés dans la mémoire collective.
Le ministre a réagi favorablement à cette suggestion, tout en demandant des précisions sur l’emplacement envisagé. Haniff Peerun évoque notamment le Champ de Mars, près du kiosque, un lieu historiquement associé aux rassemblements syndicaux et aux marches vers le Jardin de la Compagnie. Une réunion de travail avec les autorités et les autres centrales syndicales devrait permettre d’identifier le site le plus approprié.
Si le principe semble acquis, le calendrier reste incertain. « Le ministre est d’accord, mais le temps passe », souligne le président du MLC, qui plaide pour une avancée rapide du dossier.
Au-delà de cette initiative, le MLC insiste sur la nécessité de réorienter les revendications syndicales. Il ne s’agit plus uniquement de salaires, mais aussi de bien-être, de conditions de travail, de réduction du stress et d’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
En ce 1er mai, le message se veut aussi rassembleur : « Nous sommes tous dans le même bateau », rappelle Haniff Peerun, appelant à une coopération renforcée entre employeurs et travailleurs dans un contexte en pleine mutation.

