Congrès Citoyen Mauricien — La fondatrice du collectif  « Pa Koup Nou Pansion 60 ans » critique le GM

– Linda Lam parle d’un « contrat social brisé »

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Linda Lam, la fondatrice du collectif Pa Koup Nou Pansion 60 ans, désormais affilié au Congrès Citoyen Mauricien, est sortie de sa réserve. Lors d’une rencontre avec la presse, elle a expliqué les raisons qui l’ont poussée à s’engager activement en politique, tout en critiquant vivement la réforme du système de pension.

Longtemps restée à l’écart, elle affirme avoir changé de cap après une réflexion approfondie. Elle explique qu’elle considérait jusque-là la politique comme « malsaine », marquée par le népotisme et le favoritisme, au détriment de la méritocratie. « Je ne voulais pas faire partie de ce système », a-t-elle confié.

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Le déclic, dit-elle, est venu après un échange avec Sanjeev Teeluckdharry, qui lui a parlé de la nécessité de bâtir un héritage pour les jeunes et de promouvoir une politique plus intègre. « Nous ne serons pas là éternellement », lui aurait-il dit, plaidant pour une nouvelle approche politique, loin des pratiques traditionnelles. Convaincue, elle a décidé de franchir le pas.

Elle n’a pas mâché ses mots la réforme de la Basic Retirement Pension (BRP), qualifiant la décision de repousser l’âge de paiement à 65 ans de « pire changement »« Est-ce que votre vie s’est améliorée ? Beaucoup diront que non », a-t-elle lancé, estimant que cette mesure constitue une trahison envers la population : « Nous avons reçu cela comme un coup de poignard dans le dos. »

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Elle prévient que les électeurs n’oublieront pas. « Dans trois ans, nous nous souviendrons des parlementaires qui ont voté cette réforme. Le peuple n’est pas atteint d’Alzheimer », dit-elle.

Linda Lam dénonce le gouvernement pour avoir manqué à ses engagements. « Aujourd’hui, c’est le contraire. Le contrat social a été brisé », déplore-t-elle.

La fondatrice du collectif Pa Koup Nou Pansion 60 ans revient également sur le fait que la BRP représente « un droit acquis », hérité des générations précédentes, et non un privilège.

Abordant le contexte politique, elle évoque la victoire écrasante de 60-0 qui, selon elle, avait suscité un espoir de liberté d’expression après une période marquée par la peur et un climat de surveillance. « Nous espérions une île Maurice meilleure, mais la réalité est tout autre », regrette-t-elle.

La militante critique aussi le discours gouvernemental appelant à « se serrer la ceinture », alors que, selon elle, les efforts ne sont pas équitablement répartis. Et ce, avant de dénoncer une population qui « serre la ceinture jusqu’à l’étouffement », pendant que d’autres bénéficient de privilèges.

Linda Lam incite le sommet de l’État à donner l’exemple, en réduisant le gaspillage et les dépenses excessives. Elle s’interroge également sur l’inaction autour de certains dossiers : « Le rapport de l’Audit doit-il rester dans un tiroir ? »

Par ailleurs, elle réclame aussi des explications sur le traitement différencié des pensions : « Si les caisses sont vides, pourquoi ne pas appliquer la même règle à tous ? Pourquoi certains bénéficient-ils d’une pension à vie, alors que le peuple doit attendre 65 ans ? »

Etaient présents à ses côtés, Me Sacheen Boodhoo, ex-magistrat, et le leader du parti, ce dernier a appuyé ces critiques.

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