Depuis 2022, aucune demande de transfert entre le Mauritius Fire and Rescue Service (MFRS) de Maurice et de Rodrigues n’a été enregistrée, et par conséquent, aucun transfert n’a été effectué. C’est ce qui ressort des informations communiquées par le ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, portant sur le fonctionnement et les contraintes entourant ces deux corps distincts. Et ce, à la suite d’une interpellation parlementaire de Dianette Henriette-Manan.
Avant cette période, plusieurs demandes avaient pourtant été formulées. En 2019, 13 pompiers originaires de Rodrigues avaient sollicité un transfert, suivi d’une demande individuelle en 2021, puis d’une requête de réexamen en avril 2025. Toutefois, aucune de ces démarches n’a abouti, et aucun transfert permanent n’a été accordé à ce jour.
Cette situation s’explique principalement par le cadre légal en vigueur. La législation actuelle, notamment celle issue de la Rodrigues Regional Assembly Act de 2006, établit clairement que l’Assemblée régionale de Rodrigues est une entité distincte, dotée de ses propres responsabilités en matière de services d’incendie. Ainsi, les services de Maurice et de Rodrigues fonctionnent comme deux entités indépendantes, chacune disposant de sa propre structure administrative, de son budget et de ses effectifs.
Par ailleurs, les règlements quant aux conditions de service des pompiers ne prévoient aucune disposition permettant des transferts permanents entre ces deux établissements. Toute évolution en ce sens nécessiterait donc une base légale spécifique, qui fait actuellement défaut.
Au-delà de ces contraintes juridiques, des considérations pratiques entrent également en jeu. La disponibilité des postes à Rodrigues, la correspondance des grades et de l’ancienneté, ainsi que les besoins opérationnels des services concernés constituent autant de facteurs à prendre en compte. La question a d’ailleurs fait l’objet de consultations avec plusieurs instances, dont la Disciplined Forces Service Commission, la Public Service Commission, le bureau de l’Attorney General et le Prime Minister’s Office. Elle reste à l’étude au niveau des politiques publiques, impliquant d’éventuelles réformes législatives et réglementaires.
Dans l’intervalle, les autorités ont opté pour une approche conforme au cadre existant afin de répondre aux besoins en personnel à Rodrigues. Une campagne de recrutement a été menée en octobre 2025, permettant l’embauche de 11 pompiers spécifiquement affectés au service de Rodrigues. Ces derniers ont pris leurs fonctions en mars.
En somme, malgré plusieurs demandes formulées ces dernières années, aucun transfert n’a été réalisé entre les deux services d’incendie en raison de l’absence de dispositions légales le permettant dans le cadre actuel.
Une route côtière fragilisée
après un éboulement à Anse-Raffin
À la suite de l’incident survenu le 5 avril à Anse-Raffin, à Rodrigues, où des blocs rocheux instables se sont détachés pour se retrouver sur la route côtière, les autorités dans l’île ont rapidement engagé une évaluation de la situation. D’après les informations communiquées par l’Assemblée régionale de Rodrigues, une inspection menée par le bureau du Deputy Chief Commissioner, Johnson Roussety, a révélé une instabilité préoccupante du talus sur une portion d’environ 115 mètres, atteignant en moyenne 15 mètres de hauteur.
Les premières conclusions attribuent cette fragilité à des phénomènes prolongés d’érosion et de glissements de terrain, qui ont progressivement affaibli la structure du versant. Cette situation met en lumière la vulnérabilité de certaines infrastructures routières de l’île face aux aléas naturels.
Du côté du ministère des Infrastructures publiques à Maurice, il est indiqué que ni l’unité géotechnique du ministère concerné ni la Road Development Authority (RDA) n’avaient, jusqu’à présent, reçu de demande officielle pour intervenir. Toutefois, les services techniques se disent prêts à effectuer les investigations nécessaires et à fournir un appui spécialisé dès qu’une requête formelle sera formulée par l’Assemblée régionale.
En attendant, des travaux correctifs sont à l’étude. Ils devraient inclure des interventions lourdes de stabilisation du terrain, notamment à travers des terrassements d’envergure et la construction d’un mur de soutènement en maçonnerie. Les experts soulignent néanmoins que les caractéristiques géomorphologiques de la zone rendent le risque de nouveaux éboulements particulièrement élevé. Des analyses complémentaires seront donc indispensables pour définir des solutions durables.
Parmi les mesures envisagées figurent la réalisation d’études géotechniques approfondies afin d’identifier les zones les plus exposées, la mise en place de structures de soutènement supplémentaires, l’installation de dispositifs de protection contre les chutes de pierres, ainsi que le renforcement de la couverture végétale sur les pentes fragilisées. La RDA a, pour sa part, réaffirmé sa volonté de poursuivre sa collaboration avec l’Assemblée régionale dans le cadre du dispositif de coopération existant. Dans cette optique, une mission conjointe composée de spécialistes de l’unité géotechnique et de la RDA devrait prochainement se rendre à Rodrigues afin de procéder à une évaluation de terrain.
L’objectif affiché est de renforcer la sécurité des usagers et d’améliorer la résilience des infrastructures routières face aux risques naturels.

