Quasi-unanimité autour des amendements proposés au Certificate of Morality Bill.Le ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah, a tout d’abord dressé l’historique des divers objectifs de la justice. Ainsi, pendant longtemps, le châtiment a été le principe fondamental de la justice, sans lequel la justice est impuissante.
Toutefois, le châtiment ne fait presque rien pour changer le délinquant, a dit le ministre. Punir les gens n’explique pas pourquoi ils ont enfreint la loi en premier lieu. Dans ce cas de figure, les causes fondamentales de la criminalité, que ce soit la pauvreté, l’ignorance, les addictions ou encore les troubles mentaux, restent intouchées. Ainsi, nombre de ceux qui sortent de prison, ayant purgé leurs peines, n’ont pas d’autre alternative que de récidiver pour pouvoir survivre. « Le châtiment à lui seul peut créer un cercle vicieux », a-t-il renchéri .
À l’opposé, la justice réhabilitative pose une différente question : comment faire pour qu’une personne cesse de récidiver ? « Le principe fondamental de ce type de justice, c’est de croire que les gens peuvent changer, et vivre dans le respect de la loi, si on leur donne un encadrement en ce sens. La justice réhabilitative empêche ainsi la récidive », a déclaré le ministre.
Le présent projet de loi, dans ce même ordre d’idées, encapsule le principe de la rédemption, qui est basé sur la croyance qu’une personne peut changer, et que la société peut encore l’accepter. La question fondamentale est posée par ce type de justice : est-ce qu’une personne qui a transgressé la loi pour redevenir un bon citoyen ? « Ce gouvernement répond oui à cette question », a affirmé le ministre. « Tout le monde a droit à une seconde chance. Le passé ne peut dicter le futur ».
Il pense ainsi que les gens apprennent et regrettent ce qu’ils ont fait. La justice donne ainsi au malfaiteur la chance de prouver qu’il a changé. « Il ne faut pas nier à une personne la chance de réintégrer la société après qu’elle a payé sa dette envers celle-ci. D’où la raison de ce présent projet de loi, qui s’inscrit dans un cadre plus large des programmes de réinsertion d’anciens détenus, en les aidant à trouver du travail et un logement », a fait valoir Raj Pentiah.
La rédemption donne ainsi au délinquant une seconde chance. « Si celui-ci voit qu’il n’y a pas de seconde chance, il se demandera pourquoi changer ? Si après qu’il a payé sa dette à la société, mais qu’il ne peut plus subvenir aux besoins de ses enfants, de sa famille ou de lui-même, il va se dire pourquoi ne pas récidiver ? La rédemption donne de l’espoir. Un système de justice qui ne donne pas de l’espoir est un système cruel », a maintenu Raj Pentiah.
Ce projet de loi compte ainsi offrir une seconde chance aux criminels, « ce qui sera un baume pour la personne et la communauté. C’est toute la société qui en bénéficiera ». Le ministre a conclu son intervention par une citation de Victor Hugo, puisée du roman Les Misérables : « Il n’y a ni mauvais arbres, ni de mauvais hommes mais rien que de mauvais cultivateurs. »

