- Un appel d’offres pour le rachat lancé ce mois-ci
Le montant total des pertes subies par les Casinos de Maurice pour la période de 2015 à 2025 s’élève à Rs 1,9 milliard. Pour maintenir les opérations, la State Investment Corporation y a injecté Rs 1,3 milliard durant cette même période. Toutefois, le modèle économique n’est pas adapté. Un Transaction Adviser a été nommé en février 2026 et un plan de retraite volontaire pour les employés est envisagé. Un appel d’offres pour le rachat sera aussi lancé.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, répondait à une interpellation parlementaire de Kaviraj Rookny. Ce dernier s’est intéressé à la situation financière actuelle des Casinos de Maurice. Il a indiqué que pour l’année financière se terminant au 30 juin 2025, les Casinos de Maurice ont enregistré des pertes de Rs 272 millions. Pour la période de juillet à décembre 2025, les pertes s’élevaient à Rs 121 millions. De 2015 à 2025, les pertes accumulées se chiffraient à Rs 1,9 milliard.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam a précisé que le modèle selon lequel opèrent les Casinos de Maurice est manifestement défaillant. Il a attribué cette situation aux facteurs suivants : la fermeture de Sun Casinos et Beach Casinos Ltd, entraînant un redéploiement massif de 111 employés vers d’autres casinos, alors que ceux-ci étaient déjà en sureffectif ; la signature d’un Collective Agreement, le 2 septembre 2024, soit à la veille des dernières élections générales, alors que les Casinos enregistraient déjà des pertes successives année après année.
Ce Collective Agreement prévoyait un 14e mois comme prime de productivité avec effet rétroactif au 2 juillet 2022. « L’entreprise était déficitaire, et pourtant elle a décidé de verser une prime de productivité — à la veille des élections générales et avec effet rétroactif au 2 juillet 2022. Voilà comment le MSM fonctionnait. C’était le niveau d’incompétence et d’irresponsabilité de l’ancien régime, qui a aggravé davantage la situation financière déjà critique des casinos. Leur seule préoccupation était d’attirer les électeurs en dilapidant des fonds publics ! », a déploré le chef du gouvernement.
La gestion financière des casinos, sous l’égide de la State Investment Corporation (SIC), soulève de sérieuses préoccupations quant à sa viabilité à long terme. Entre 2015 et 2025, la SIC a injecté pas moins de Rs 1,3 milliard afin de maintenir les opérations des casinos.
Pour soutenir cet effort financier conséquent, l’organisme a dû recourir à l’endettement, contractant des emprunts s’élevant à Rs 771 millions. Cette stratégie, déjà fragile, est aggravée par l’accumulation d’arriérés atteignant Rs 262 millions à mars 2026.
« Ce mode de financement met en lumière un déséquilibre structurel : les pertes des casinos sont comblées par des transferts de fonds provenant des entités rentables de la SIC. Une telle approche, reposant sur une redistribution interne, apparaît de plus en plus difficile à soutenir dans le temps », s’insurge-t-il.
Le Premier ministre estime que ce mécanisme risque rapidement d’atteindre ses limites. À terme, la SIC pourrait se retrouver contrainte d’augmenter davantage son recours à l’emprunt, pour couvrir les déficits persistants des casinos. Une telle évolution aurait des répercussions directes sur la dette du secteur public, accentuant les pressions financières sur l’économie nationale.
Le Premier ministre a ajouté qu’il ne relève pas du gouvernement d’exploiter des casinos, surtout lorsqu’ils enregistrent des pertes depuis de nombreuses années. « Comme je l’ai déjà indiqué à la Chambre, le gouvernement est en train de procéder à la cession des casinos. »
De même, a déclaré le Premier ministre, un Transaction Adviser, en l’occurrence, PriceWaterhouseCoopers, depuis 2026, est en train de conseiller sur le processus de désinvestissement. « Le conseiller a achevé la première phase du processus en établissant une estimation de la valeur des casinos. Il a également préparé un mémorandum d’information ainsi qu’un appel à manifestation d’intérêt. Le lancement de cet appel est prévu pour mai 2026 », annonce-t-il.
Concernant le sort des employés, Navin Ramgoolam a fait ressortir que la SIC devra proposer des mesures fortes, y compris un plan de retraite volontaire.

