Annabelle Savabaddy est revenue à la charge sur les récents recrutements par la Local Government Service Commission (LGSC). Il y a quelques semaines, elle avait déjà interpellé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à ce sujet. S’adressant cette fois-ci au ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, elle a suggéré l’annulation de cet exercice.
« Comment expliquer que lors de cet exercice de recrutement, il y a eu seulement 3 sur 123 ? » Même si dans cette question, qu’elle avait d’ailleurs, aussi adressée au Premier ministre, récemment, Annabelle Savabaddy ne mentionne pas à quoi ces chiffres font référence, il est sous-entendu qu’il s’agit là, de représentation ethnique.
Cela fait plusieurs semaines, en effet, que la parlementaire du No 4, Port-Louis Nord/ Montagne-Longue, exprime ouvertement son mécontentement, suivant les derniers recrutements à la LGSC. Lors de la séance d’hier, elle a interpellé le ministre Woochit sur l’enquête menée concernant ces recrutements.
Ce dernier a répondu que la LGSC est une institution indépendante et que personne ne peut interférer avec le processus de recrutement. « Ni moi ni mon ministère ne pouvons intervenir dans les affaires de la Commission, qui opère sous le bureau du Premier ministre », dit-il.
Le ministre a mis en exergue qu’une enquête avait été initiée suite à des manquements soulevés lors du dernier recrutement, sous l’ancien gouvernement. Cet exercice a démontré que les procédures n’avaient pas été respectées et que le recrutement était potentiellement illégal. Ainsi, 1 463 personnes recrutées sur une base temporaire ont vu leurs contrats arriver à terme le 15 juin 2025.
Plusieurs d’entre elles ont saisi la Cour suprême et ont ainsi obtenu le droit de garder leur emploi jusqu’à la décision finale de la Cour. Le jugement de la Cour a été prononcé le 23 janvier 2026 et le Termination Process a été enclenché le 26 janvier 2026.
Suite à cela, la LGSC – qui avait été reconstituée entre-temps – a démarré une nouvelle procédure de recrutement. « Ces recrutements ont été réalisés selon les procédures établies et en lien avec la LGSC Act. Cependant, une fois de plus, il y a eu des rumeurs de maldonnes. Comme l’a indiqué le Premier ministre, il y a quelques semaines, l’affaire a été examinée et le nouveau président a soumis sa démission », dit-il.
Toutefois, a précisé Ranjiv Woochit, il n’y a eu aucune enquête au niveau de la LGSC concernant ces recrutements. Donc, il n’y a aucun rapport à soumettre. Le ministre a insisté sur le fait que la LGSC est une institution indépendante et qu’il n’a pas le pouvoir d’intervenir dans ses affaires. « Je ne suis donc pas en mesure de commenter une quelconque décision de la Commission ou d’une autorité en relation avec cette affaire. »
Le ministre a donné l’assurance que les recrutements se poursuivent dans la transparence et l’intégrité, dans le respect total de la loi. Il a annoncé qu’un système de e-recruitment est en cours d’élaboration et sera introduit l’année prochaine.
De plus, Annabelle Savabaddy a demandé au ministre s’il ne serait pas judicieux, d’annuler l’exercice de recrutement et de lancer un autre appel à candidatures, « où la méritocratie primera, sans l’intervention de qui que ce soit. »
Elle a une nouvelle fois remis ses chiffres en avant : « Le ministre trouve-t-il normal qu’il y ait seulement 3 sur 123 au sein d’une collectivité locale ? »
La députée a toutefois été court-circuitée dans sa démarche. La Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, lui a fait valoir que le ministre a déjà expliqué qu’il y a un système légal à respecter. Annabelle Savabaddy a toutefois insisté : « Oui madame, mais la méritocratie n’a pas primé…»
Sur quoi, la présidente de l’Assemblée a répondu que le ministre n’était pas responsable. Ranjiv Woochit s’est,contenté de dire qu’il avait déjà clairement expliqué tout le processus.

