L’ambassade de la fédération de Russie à Maurice a offert un buste du compositeur russe Pyotr Ilyich Tchaïkovski au Conservatoire national de musique François Mitterrand. L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie à Maurice, Irada Zeynalova, et la directrice du conservatoire, Christinne Clarisse, ont procédé au dévoilement de la sculpture lors d’une cérémonie au siège de l’institution de Quatre-Bornes mercredi dernier.
Créés à l’initiative de Yuri Volkov, président de l’organisation publique russe « Tous les Mondes », à l’occasion du 185ᵉe anniversaire de la naissance de Tchaïkovski, des bustes de ce prodige de la musique sont offerts à des conservatoires à travers le monde pour « favoriser les échanges culturels et la reconnaissance de l’héritage du compositeur », dont les 186 ans de la naissance sont fêtés.
Les sculptures ont été réalisées par le sculpteur Oleg Satin et sont composées d’un mélange de polymère, de résine de polyester, de mat de verre, d’éclats de marbre, de microcalcite de butanox et de patine. Le buste offert mesure 58 cm de haut, et fait 56 cm de largeur pour 46 cm de profondeur.
L’AMBASSADRICE ZEYNALOVA : « C’est la première étape d’une longue route de coopération »
L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la fédération de Russie à Maurice, Irada Zeynalova, a affirmé que le buste de Tchaïkovski offert au Conservatoire national de musique François Mitterrand « est la première étape d’une longue route de coopération ». C’était à l’occasion de la cérémonie de dévoilement du buste, mercredi au siège de l’institution de Quatre-Bornes.
« Nous attendons la permission des autorités mauriciennes, du ministère des Arts et de la Culture, pour amener les professeurs et musiciens du Conservatoire de Tchaïkovski, car notre conservatoire est nommé après Tchaïkovski, pour faire les concerts et des cours de mastère pour les étudiants. » Soulignant l’importance qu’accorde la Russie à l’éducation, elle a dit souhaiter que des jeunes mauriciens puissent aller en Russie y suivre des cours de musique classique, qui y sont dispensés gratuitement. Et de rappeler qu’en 2025, le Conservatoire François Mitterrand avait accueilli le Conservatoire Tchaïkovski pour des Masterclass. « Je souhaite que cette coopération soit officielle », dit-elle.
Pour l’ambassadrice russe à Maurice, « l’échange entre les peuples est le meilleur moyen de se connaître, surtout que les menaces sont mondiales ». Elle ajoute : « C’est un moment difficile que nous vivons, où les gens doivent être ensemble. Nous ne pouvons vivre sur cette planète qu’ensemble, en étant amis et en connaissant la musique. » Irada Zeynalova a remercié la directrice du conservatoire pour l’acceptation de ce présent et a affirmé : « Nous allons devenir amis ! »
Irada Zeynalova se dit aussi très touchée par la place qu’occupe Tchaïkovski au sein du conservatoire. « Les étudiants et les professeurs connaissent sa musique et la joue. Pour nous, c’est une source d’inspiration », a-t-elle affirmé, avant d’annoncer la venue prochaine du Conservatoire de musique Tchaïkovski à Maurice.
La cérémonie d’hier a également été l’occasion pour la directrice du conservatoire d’évoquer la place qu’a occupée le compositeur russe dans son cheminement personnel. Elle a aussi parlé du compositeur, qui, affirme-t-elle, « a commencé la musique tardivement, a lutté pour trouver sa voie et était un artiste qui dépendait profondément du soutien de son entourage ».
Évoquant la « sensibilité » du compositeur, elle affirme que « dans un monde où on nous apprend à être durs, la musique nous rappelle que la sensibilité n’est pas une faiblesse, mais un cadeau ». Selon elle, Tchaïkovski « n’a pas créé de chefs-d’œuvre parce qu’il était irréprochable, mais parce qu’il avait le courage de rester profondément sensible et fidèle à lui-même ».
Au professeur du conservatoire, elle affirme : « Notre rôle n’est pas seulement d’enseigner la technique et les gammes, mais de reconnaître le potentiel intérieur et l’appel artistique de chaque élève, indépendamment de quand ils commencent. Comme les mentors qui ont guidé et encouragé Tchaïkovski au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, vous aidez à développer la résilience, la confiance et la beauté grâce au développement de l’art musical. » Pour elle, l’histoire du compositeur souligne également l’importance « du soutien et de la foi que nous puissions avoir les uns pour les autres ».
« Sa musique a survécu et a prospéré parce que les gens ont cru en lui à des moments où lui-même doutait de lui », poursuit-elle. Ce succès résulte d’une « strong and caring community », selon elle. « The Conservatoire strives to be that kind of support system-one that values not only achievements, but also growth, perseverance and the artistic journey itself. We remain committed to creating meaningful musical experiences that allow our students to thrive. »
Christinne Clarisse a remercié l’ambassade russe de ce présent qui, estime-t-elle, « will stand as a lasting source of inspiration for our students, teachers and visitors alike ». À noter qu’à cette occasion, les invités ont eu l’occasion d’apprécier Hans Félicité à la guitare interprétant des extraits du Lac des cygnes et de Chanson triste. L’ensemble du conservatoire a également joué un classique de la musique locale, La Rivière Tanier.

