Incidents à Camp-Thorel : La police pointe du doigt des membres d’un parti politique 

Six interpellations intervenues à hier soir

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Une violente altercation survenue dimanche soir à Camp-Thorel a rapidement dégénéré en scènes d’émeute, avec des actes d’incendie criminel visant des véhicules appartenant à une même famille. L’incident, qui aurait débuté après une dispute autour de l’utilisation d’un quad sur une piste de santé, a ensuite pris une tournure des plus sensibles. Selon un rapport de la police, des sympathisants de l’ancien régime sont accusés d’avoir tenté d’attiser les tensions sur une base communale et politique.
Les premiers éléments de l’enquête indiquent que plusieurs habitants du village consommaient de boissons alcoolosées près d’un kiosque ,situé à proximité de l’arrêt d’autobus et du Health Track de Camp-Thorel lorsqu’un Quad Bike, conduit par un entrepreneur de Rose-Hill, âgé de 49 ans, est arrivé sur les lieux en compagnie de membres de sa famille.
Alors que le quad était en train d’être chargé sur un 4×4 Mitsubishi, des habitants de Camp-Thorel ont reproché au propriétaire d’avoir circulé sur la piste de santé. Une dispute verbale a éclaté avant de virer à la bagarre générale impliquant des armes dangereuses. Au cours de l’altercation, un sergent de police a été blessé à la tête et à la main droite.
La nouvelle de l’incident s’est propagée à travers le village en quelques minutes, attirant une foule de plus en plus nombreuse. Craignant pour leur sécurité, les membres de cette famille — comprenant femmes et enfants — ont été contraints de se réfugier dans une zone boisée avoisinante.
Malgré l’intervention de la police, la situation était devenue incontrôlable. Sous les yeux des forces de l’ordre, des individus en colère ont incendié le 4×4 Mitsubishi ainsi que le Quad – qui se trouvait à l’arrière. Face à l’hostilité de la foule, les policiers ont dû se battre en retraite en attendant des renforts de la Special Support Unit (SSU).
Au fil des heures, la tension s’intensifiait avec l’arrivée de nombreux individus des villages voisins. Selon les informations recueillies, plusieurs personnes présentes tentaient de présenter l’affaire comme un affrontement à caractère communal.
Vers 22 heures, un autre véhicule appartenant à la famille de Rose-Hill, une Nissan blanche remorquée par la police, a également été intercepté par une foule hostile avant d’être incendié à environ 100 mètres du lieu des incidents. Pourtant escorté par des véhicules de police à l’avant et à l’arrière, le convoi n’a pu empêcher l’attaque.
Les membres de cette famille ont finalement pu être évacués par un chemin alternatif traversant la forêt et la région de Salazie avant d’être mis en sécurité au poste de police de St-Pierre. Aucun membre de la famille n’a été blessé.
L’enquête policière s’intéresse désormais non seulement aux actes d’incendie criminel, mais également aux tentatives présumées de récupération politique et communale de l’affaire. Selon la police, des partisans d’un parti politique de l’opposition auraient été aperçus sur place et certains seraient soupçonnés d’avoir cherché à attiser les tensions parmi les habitants.
Les noms de Sandeep S., Avinash M. et Preetam R., décrits comme des sympathisants d’un parti politique de l’opposition et proches du leader du parti, ont été évoqués dans le cadre des investigations. Le fils d’un défunt gros bras tué par balle à Beau-Bassin en 2021, figurait également parmi les personnes présentes lors des événements.
Par ailleurs, le sergent blessé a affirmé qu’un membre de la famille résidant Rose-Hill était armé d’un revolver et aurait tiré deux coups de feu en l’air durant les affrontements. Toutefois, les fouilles menées par la police au poste de St-Pierre sur les membres de la famille et leurs véhicules n’ont permis de retrouver aucune arme. Une douille vide a néanmoins été récupérée sur les lieux par les techniciens de la SOCO.
Lundi soir, la police a interpellé six personnes qui étaient impliquées dans ces affrontements armés entre les deux groupes. Quatre d’entre eux ont été placés en détention.

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