L’Ukrainienne Mariia Peresolkina, qui avait été interceptée au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport en 2022 avec deux bouteilles contenant de la drogue synthétique en forme liquide, maintient en Cour qu’elle avait été bernée par le dénommé John Mick Martingale. Le décès suspect de ce dernier à la prison fait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire. Lors de la séance d’hier du procès présidé par le juge Iqbal Maghooa, elle nie toute connaissance du contenu des deux bouteilles qu’elles transportaient à Maurice.
Cette Ukrainienne est accusée du délit de drug dealing with aggravating circumstances : importation of dangerous drugs with an averment of trafficking, en infraction aux dispositions de la Dangerous Drugs Act. Elle plaide non-coupable, et est représentée par Me Shameer Hussenboccus. L’inspecteur Bsomi, de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU, l’enquêteur principal dans cette affaire, a donné lecture en Cour des divers Statements consignés par la prévenue à la police.
Mariia Peresolkina indique qu’elle avait rencontré John Mick Martingale pour la première fois quand elle était venue passer des vacances à Maurice en 2022. Il lui avait expliqué qu’il était un investisseur dans la cryptomonnaie et qu’il vivait à Bruxelles.
De retour en Ukraine, elle avait par la suite fui ce pays avec l’invasion de la Russie. Elle s’était réfugiée en Grèce, où elle avait fait la connaissance d’Olega Levina, une autre Ukrainienne. Les deux femmes s’étaient liées d’amitié et avaient commencé à vivre ensemble en Grèce.
Mariia Peresolkina était restée en contact avec John Mick Martingale, qui lui aurait proposé de nouvelles vacances à Maurice, et de se faire accompagner par son amie Olega, tout en offrant de payer les billets d’avion. Martingale avait déterminé l’itinéraire pour elle : prendre un avion depuis Athènes pour Bruxelles, où il s’était établi, et d’où le trio regagnerait Maurice.
Sur le parking de l’aéroport de Bruxelles, Martingale aurait réussi à persuader Mariia Peresolkina de transporter deux bouteilles d’alcool, destinées à un des amis à Maurice, prétextant qu’il n’avait pas assez d’espace dans ses bagages. Elle maintient qu’elle ne s’était doutée de rien, les bouteilles étant scellées. Les deux femmes avaient pris place en classe Économie tandis que Martingale voyageait en Business.
Elles avaient été interceptées à l’aéroport SSR le 29 octobre 2022 alors qu’elles franchissaient le couloir « rien à déclarer ». Une fouille des bagages de Mariia Peresolkina avait permis aux douaniers et aux limiers de l’ADSU de découvrir les deux bouteilles. D’emblée, les éléments de l’ADSU avaient compris qu’il s’agissait de drogue.
Mariia Peresolkina avait expliqué que c’était Martingale qui leur avait remis ces deux bouteilles. Elle avait montré sa photo aux policiers, et l’avait pointé du doigt alors qu’il passait fortuitement par là. Cela avait permis l’arrestation de Martingale. Confronté aux deux femmes, il avait prétendu ne pas les connaître, tandis que ces dernières l’avaient positivement identifié comme celui qui avait remis les deux bouteilles à Mariia Peresolkina.
Plus tard, le Forensic Science Laboratory (FSL) avait établi que les deux bouteilles étaient remplies d’un liquide, contenant de cannabis synthétique, d’une valeur marchande de Rs 44 886 000 millions. Une accusation de « importation of dangerous drugs with an averment of trafficking » avait été logée contre les trois.
Dans son Statement, Mariia Peresolkina a toujours maintenu qu’elle ne savait si ces bouteilles d’alcool contenaient de la drogue, et encore moins que la drogue pouvait être en forme liquide. Elle ajoute qu’elle n’est pas une passeuse de drogue, et qu’elle a été « fooled by Martingale. »
Olena Levina avait nié toute connaissance du contenu de ces deux bouteilles. Vu que cette drogue ne se trouvait pas en sa possession, les charges provisoires contre elle ont été rayées par le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) par la suite.
John Mick Martingale avait été reconduit en détention provisoire à la prison centrale de Beau-Bassin, où il avait été retrouvé pendu dans sa cellule le dimanche 8 septembre 2024 aux petites heures du matin.
Une contre-autopsie qui avait été pratiquée par un médecin légiste sud-africain, le Dr Sipho Mfolozi, dont les services ont été retenus par la famille Martingale, était parvenue à la conclusion que le détenu avait été sauvagement agressé, et avait été asphyxié par l’obstruction de ses voies respiratoires et par la compression de son cou. Le DPP avait ordonné la présente enquête judiciaire après qu’il avait pris connaissance du rapport du Dr Mfolozi, enquête qui se déroule présentement devant la Cour de district de Rose-Hill.

