Chagos Deal — Visite du GRC à Londres : Bancoult dénonce des tentatives d’intimidation des opposants

Alors que la délégation du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) poursuit sa mission au Royaume-Uni, Olivier Bancoult affirme que les rencontres diplomatiques et parlementaires menées à Londres se déroulent de manière positive. Dans un communiqué diffusé, hier matin, il se félicite des avancées obtenues auprès de responsables politiques britanniques tout en dénonçant ce qu’il qualifie de « tentatives d’intimidation » orchestrées par un groupe d’opposants.
Depuis le début de la semaine, la délégation chagossienne multiplie les rencontres dans la capitale britannique afin de défendre les intérêts des Chagossiens dans le contexte des discussions autour du Chagos Deal, paraphé le 22 mai 2025. Olivier Bancoult affirme que les premiers jours de la mission ont été marqués par des résultats encourageants. Le communiqué évoque notamment « un soutien profond et transpartisan » obtenu auprès de parlementaires britanniques ainsi qu’un climat de solidarité envers la cause chagossienne.
Le moment fort de la journée de mardi a été, selon la délégation, une audience accordée à Olivier Bancoult auprès du nonce apostolique, représentant du pape au Royaume-Uni. Cette rencontre, organisée avec l’appui du haut-commissariat de Maurice à Londres, est présentée comme « une étape spirituelle et diplomatique majeure » pour la cause des Chagossiens.
Mais la mission a également été marquée par un incident survenu au Parlement britannique mardi après-midi. Le Groupe Réfugiés Chagos indique avoir appris, alors qu’il se trouvait au haut-commissariat, la présence d’un groupe d’opposants rassemblés aux abords du Parlement et proférant des critiques à l’encontre d’Olivier Bancoult. La délégation explique avoir alors pris la décision d’éviter toute confrontation et d’emprunter un accès alternatif afin de garantir la sécurité de plusieurs personnes âgées présentes dans le groupe. « Notre mission était exclusivement de rencontrer les parlementaires britanniques et de présenter notre point de vue sur le traité entre le Royaume-Uni et Maurice », souligne le communiqué.
La version des faits présentée par la délégation confirme que le groupe d’opposants aurait néanmoins réussi à pénétrer dans l’enceinte parlementaire. Les responsables du Groupe Réfugiés Chagos accusent notamment Adam Holloway, ancien député conservateur britannique et ancien militaire, d’avoir facilité cette présence. Ils l’accusent également d’être l’un des principaux soutiens politiques des opposants à leur démarche.
Le communiqué fait ensuite état d’une scène qui se serait produite après une réunion d’environ une heure avec des membres d’un groupe parlementaire multipartite consacré à la question des Chagos. Alors que la délégation se dirigeait vers la cafétéria du Parlement, elle aurait été interceptée dans un couloir étroit.
Vanessa Calou se serait approchée d’Olivier Bancoult et lui aurait adressé un baiser sur la joue en déclarant vouloir discuter avec lui. Le leader du GRC affirme avoir immédiatement rejeté cette démarche. « Comment osez-vous agir ainsi alors que vous et votre frère m’insultez quotidiennement, ainsi que mon groupe de natifs chagossiens ? », aurait-il répliqué.
Le communiqué affirme que plusieurs femmes âgées de la délégation sont alors intervenues pour défendre leur dirigeant.
Toujours selon le Groupe Réfugiés Chagos, le dénommé Adam Holloway serait ensuite intervenu en déclarant à Olivier Bancoult : « Si vous voulez retourner aux Chagos, je peux vous y aider. »
La délégation considère cette remarque comme condescendante et affirme que l’ancien député a continué à filmer et photographier certains de ses membres sans leur consentement.
Les représentants chagossiens soutiennent avoir demandé à plusieurs reprises l’arrêt de ces prises d’images, sans succès.
Ils affirment également avoir été suivis jusqu’à leur sortie du Parlement puis jusque sur le quai d’une station de métro de Westminster.
Le communiqué souligne qu’une responsable parlementaire britannique, présidente du groupe parlementaire multipartite concerné par les Chagos, serait intervenue pour mettre fin à la situation. Elle aurait reproché à Adam Holloway son comportement et accompagné personnellement la délégation jusqu’à la sortie de l’enceinte afin d’assurer sa sécurité. Les délégués décrivent des membres de leur groupe comme étant « secoués » par les événements.
La délégation dénonce également la diffusion sur les réseaux sociaux d’une photographie prise plus tôt dans la semaine avec Alex Sobel, député du Parti travailliste et vice-président du groupe parlementaire sur les Chagos. Olivier Bancoult dénonce que cette image a été utilisée par certains opposants pour affirmer que le Groupe Réfugiés Chagos aurait « capitulé » ou « abandonné » ses revendications.
Le communiqué rejette fermement cette interprétation.
« Dialoguer démocratiquement avec des parlementaires britanniques est notre droit. Ce n’est pas une reddition », affirme la délégation.
Les auteurs du communiqué considèrent que cette campagne vise à « effrayer les personnes âgées chagossiennes », à remettre en question leurs documents de voyage britanniques et à semer la division au sein de la communauté.
Malgré ces incidents, Olivier Bancoult assure que la mission londonienne se poursuit dans de bonnes conditions et que les objectifs fixés demeurent inchangés.
« Nous ne permettrons pas à d’anciens stratèges militaires ou à des trolls sur internet d’intimider les véritables natifs chagossiens qui ont vécu l’exil forcé », dénonce le communiqué.
La délégation affirme qu’elle continuera à rencontrer des responsables politiques britanniques jusqu’à la fin de son séjour afin de défendre ce qu’elle considère comme les droits fondamentaux des Chagossiens. Olivier Bancoult estime que les soutiens obtenus auprès des parlementaires britanniques démontrent que la voix des Chagossiens continue d’être entendue au plus haut niveau et que leur combat reste plus que jamais d’actualité.

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