Le ministre de tutelle met fin au financement direct des syndics
Le ministère du Logement et des Terres entend engager une réforme majeure dans la gestion des résidences de la National Housing Development Co. Ltd (NHDC). Lors d’une conférence de presse, le ministre de tutelle, Shakeel Mohamed, a annoncé la création d’un Housing Estate Management and Community Development Department, une nouvelle structure appelée à prendre en charge l’entretien et la gestion des cités NHDC.
« Ce n’est pas un changement cosmétique que nous voulons apporter. Nous parlons d’une réforme structurelle importante qui touche directement la qualité de vie de milliers de familles vivant dans les résidences de la NHDC », a déclaré le ministre. Cette réforme s’accompagne d’un changement important dans la manière dont les subventions gouvernementales destinées à l’entretien des résidences sont accordées. Ainsi, elles ne seront désormais plus versées directement aux syndics, mais à la NHDC à travers la création d’un National Syndicate Fund Account.
Shakeel Mohamed est d’avis que cette décision fait suite à de nombreux constats de mauvaise gestion, de négligence et de manque de transparence au sein de plusieurs syndicats de co-propriétaires. Malgré une contribution annuelle de l’État estimée à près de Rs 40 millions pour les résidences NHDC, les habitants continuent de faire face à des problèmes récurrents de maintenance, de propreté, d’étanchéité des toitures, d’éclairage des parties communes et de paiement des services collectifs.
« Tous les jours, le personnel de la NHDC reçoit des plaintes. Malgré les sommes investies par l’État, les résidents continuent à faire face à des problèmes de propreté, d’entretien et de gestion », concède le ministre. Il estime que les gouvernements précédents portent une part de responsabilité dans la situation actuelle.
« Les gouvernements successifs ont laissé la gestion de ces résidences entre les mains de personnes qui n’avaient ni l’expérience ni l’expertise nécessaires pour administrer des syndics. Les résultats n’ont malheureusement pas été positifs », constate-t-il.
Un système jugé inefficace
Le ministre a passé en revue la situation des 45 résidences de la NHDC, dont la gestion des parties communes est actuellement placée sous la responsabilité de syndics qui ont 7 635 unités de logement sous leur responsabilité. Selon les données présentées, 32 des 45 résidences sont véritablement opérées par les syndics, couvrant 5 483 unités.
L’analyse des comptes des syndics pour l’exercice 2024-25 révèle des dépenses totales de Rs 14,17 millions. De cette somme, près de 44 % sont consacrés aux rémunérations des syndics et aux salaires, tandis qu’environ 47 % sont affectés à la gestion et à l’entretien des résidences.
Pour le ministre, cette répartition des dépenses est difficilement justifiable au regard de l’état de plusieurs complexes résidentiels. « Lorsque nous constatons qu’une part importante des fonds est absorbée par les rémunérations et les salaires alors que les problèmes persistent sur le terrain, nous avons le devoir d’intervenir », fait-il comprendre, en ajoutant que « nous ne pouvons pas continuer à injecter de l’argent public dans un système qui ne produit pas les résultats escomptés. »
Shakeel Mohamed a également relevé plusieurs situations préoccupantes. Dans certaines résidences, les mandats des syndics ont expiré depuis plusieurs années sans qu’aucune assemblée générale annuelle n’ait été organisée. Des cas de non-paiement des cotisations par les propriétaires ont également été recensés.
« Dans plusieurs résidences, les copropriétaires ne versent plus leurs contributions depuis des années alors que le gouvernement continue à financer l’entretien. Nous pouvons clairement dire que le système de responsabilité est défaillant », fait-il valoir.
Nouveau modèle de gestion
Afin de remédier à ces dysfonctionnements, le ministère mettra en place un nouveau cadre de gestion. Les fonds publics seront versés directement à la NHDC, qui assurera leur administration. Cinquante-neuf comptes bancaires dédiés seront ouverts afin de garantir une gestion distincte pour chaque résidence.
Le futur Housing Estate Management and Community Development Department sera responsable des tâches essentielles de maintenance : nettoyage des espaces communs, entretien des espaces verts, paiement des factures d’électricité des parties communes, maintenance des pompes à eau ainsi que les réparations mineures.
Des Resident Managers seront également déployés dans différentes zones afin d’assurer un suivi de proximité et de répondre plus rapidement aux préoccupations des habitants. Les syndics continueront à exister, mais leurs responsabilités seront redéfinies à travers de nouveaux protocoles d’accord. Ils devront notamment assurer la représentation légale des co-propriétaires, veiller au respect des règlements de co-propriété et participer à la collecte des cotisations.
Pour le ministre, cette réforme vise à instaurer davantage de responsabilité et de transparence dans la gestion des fonds publics. « Nous faisons cette réforme parce que nous connaissons les problèmes. L’argent public doit produire des résultats concrets pour les habitants », soutient-il.
« Notre objectif est simple : instaurer la responsabilité, la transparence et la qualité du service afin d’offrir aux résidents un environnement de vie plus digne et mieux entretenu. Il ne s’agit pas seulement de réparer des bâtiments. Il s’agit de construire un nouveau cadre de vie et de restaurer la confiance des habitants dans la gestion de leurs résidences », précise-t-il.
Répondant à des questions de la presse, Shakeel Mohamed se dit confiant de pouvoir relever le défi de manière à créer un cadre de vie digne, propre sécurité et bien entretenu. Le projet de réforme est mis en œuvre. Les résidents seront consultés à travers leurs assemblée générale afin de voir l’avenir des infrastructures illégales ou autres commerces comme des boucheries sur les espaces publics des résidences de la NHDC.
Il n’appréhende pas les interférences politiques prenant en compte que les résidents sont dans leur grande majorité insatisfaits de la performance des syndics. En réponse à une question, il fait état d’une note du Cabinet de l’ancien gouvernement dans laquelle il est précisé que le Premier ministre doit approuver l’octroi de toutes les résidences de la NHDC pour des raisons de sécurité. Cette pratique n’a plus cours, affirme-t-il.

