Plus d’un mois après sa disparition en Inde, le pionnier du seggae a été honoré lors d’une célébration empreinte d’émotion organisée par l’aumônerie mauricienne de France.
Le 7 juin 2026, l’émotion était palpable à la paroisse Sainte-Anne, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris. À l’occasion de la traditionnelle messe du premier dimanche du mois organisée par l’aumônerie mauricienne en France, la communauté mauricienne s’est réunie pour rendre un hommage à Joseph Nicolas Émilien, plus connu sous le nom de Ras Natty Baby.
Plusieurs générations marquées à vie
Figure emblématique du seggae, l’artiste s’est éteint le 26 avril dernier en Inde, des suites d’une maladie. Parents, amis, fidèles et membres de la diaspora mauricienne ont partagé un moment de recueillement empreint d’émotion, saluant la mémoire d’un homme dont l’engagement artistique et spirituel a marqué plusieurs générations.
Né à Baie-Topaze, dans l’ouest de Rodrigues, Ras Natty Baby avait conquis le cœur de plusieurs générations de Mauriciens grâce à sa musique, un mélange singulier de séga et de reggae qui s’inscrivait dans la lignée du seggae. Installé à Maurice pendant de nombreuses années, l’artiste a laissé une empreinte durable dans le paysage musical de l’île.
Plus d’un mois après sa disparition, Ras Natty reste profondément ancré dans les mémoires de la diaspora mauricienne d’Île-de-France. À l’initiative de Françoise Buan, proche de l’artiste et organisatrice de son premier concert en France, une célébration commémorative a réuni de nombreux fidèles et admirateurs. Organisé en collaboration avec Pauline Laviolette, vice-présidente de l’aumônerie mauricienne, et avec l’accord de Salem Émilien, fils du chanteur, cet hommage a permis à la communauté de témoigner son affection et sa reconnaissance à l’une des figures marquantes du seggae mauricien.
Ras Natty Baby, une voix qui continue de résonner
Présidée par le père Narindra-Augustin Andriamanampisoa, du diocèse d’Antsirabe à Madagascar, la cérémonie s’est déroulée dans la crypte de l’église Sainte-Anne, en raison des travaux actuellement en cours dans l’édifice. Une crypte comble pour l’occasion, où fidèles, amis et admirateurs ont partagé un moment de recueillement empreint d’émotion.
Entre chants, prières et témoignages, l’assemblée a rendu hommage à l’héritage musical et humain laissé par celui que beaucoup considèrent comme l’un des ambassadeurs du seggae.
L’émotion était particulièrement vive parmi les proches et les admirateurs de l’artiste. « Ras Natty Baby est venu chanter lors de l’une de mes soirées à Guyancourt, en région parisienne. Son souvenir reste intact et il continue de faire battre nos cœurs », témoigne Roger, président de l’association AZIR et originaire de La Réunion, à l’issue de la célébration.
Cette messe revêtait également une dimension particulière pour le père Narindra-Augustin Andriamanampisoa. Il s’agissait en effet de l’une de ses dernières célébrations parisiennes avant son retour à Madagascar, où il s’apprête à prendre de nouvelles fonctions administratives.
Au-delà de l’hommage, l’attachement aux racines mauriciennes
Fidèle à la tradition, chaque messe du premier dimanche du mois organisée par l’aumônerie mauricienne est suivie d’un moment de convivialité et de partage entre les fidèles. Face à l’affluence, le repas communautaire a été organisé dans la cour du presbytère, baignée par un généreux soleil estival.
Dans une ambiance chaleureuse, fidèles et membres de la diaspora ont prolongé les échanges autour de souvenirs, d’anecdotes et d’hommages à Ras Natty Baby, dont la mémoire reste profondément ancrée dans les cœurs.
Au-delà de l’hommage religieux, cette journée a témoigné de l’attachement profond de la diaspora mauricienne à ses racines et à ceux qui ont porté sa culture bien au-delà des rivages de l’océan Indien. Dans les chants, les souvenirs et les silences partagés, Ras Natty Baby était encore présent, comme un trait d’union entre les générations et les îles.
Une manière, pour la communauté réunie à Paris, de rappeler que les artistes ne disparaissent jamais vraiment tant que leurs chansons continuent de résonner dans les cœurs.
De notre correspondant en Europe et dans l’océan Indien,
Joey Nicles Modeste.

