…le canal Golden reste contaminé, selon un communiqué de l’environnement
Dix jours après le déversement d’eaux usées provoqué par l’endommagement d’un conduit de la Wastewater Management Authority (WMA) à La Tour Koenig, les autorités affirment que la qualité des eaux marines à Pointe-aux-Sables est revenue à des niveaux conformes aux normes environnementales. Le canal Golden, principal point de concentration de la pollution, demeure toutefois sous surveillance étroite.
Selon les résultats des analyses effectuées par le National Environmental Laboratory (NEL), les prélèvements réalisés le 16 juin dans les eaux côtières situées à proximité de la plage publique révèlent des niveaux de coliformes totaux et fécaux (E. coli) conformes aux normes applicables aux eaux de baignade. Quelques jours auparavant, les analyses avaient pourtant mis en évidence une contamination importante de la zone marine.
Depuis l’incident du 10 juin, plusieurs interventions ont été menées conjointement par le ministère de l’Environnement, la WMA, le ministère de la Pêche et les autorités locales. Les opérations ont consisté à stopper les rejets d’effluents, réparer le conduit endommagé et pomper les eaux usées accumulées dans les zones affectées. Des poissons morts ont également été collectés afin de limiter les nuisances sanitaires et olfactives.
GECC Ltd sous le coup d’un Programme Notice
Si la situation s’est nettement améliorée en mer, le canal Golden demeure le principal sujet de préoccupation. Les dernières analyses montrent que la qualité de l’eau y reste non conforme aux normes environnementales applicables aux eaux de surface. Les opérations de pompage se poursuivent donc sous la responsabilité de GECC Ltd, l’entreprise impliquée dans les travaux à l’origine de l’accident.
Le ministère de l’Environnement a d’ailleurs émis le 15 juin un Programme Notice à l’encontre de GECC Ltd. L’entreprise est tenue de soumettre un plan détaillé de mesures correctives et de réhabilitation des zones affectées. Dans ce cadre, un consultant spécialisé en environnement a été mandaté pour évaluer l’étendue de la contamination à travers des analyses d’eau et de sédiments. Ses recommandations sont attendues le 24 juin.
Une nouvelle inspection menée vendredi par le ministère de l’Environnement, la Police de l’Environnement, la WMA, la municipalité de Port-Louis et le ministre délégué Kugan Parapen a permis de constater la présence d’une eau encore noirâtre sur une cinquantaine de mètres à proximité du littoral. Aucun poisson mort ni odeur particulière n’ont toutefois été observés lors de cette visite.
L’incident s’était produit lorsqu’un conduit d’eaux usées de la WMA avait été endommagé lors de travaux de fouilles entrepris dans le cadre d’un projet de ferme solaire à La Tour Koenig. Les effluents s’étaient alors déversés dans le canal Golden avant d’atteindre l’environnement côtier de Pointe-aux-Sables, suscitant l’inquiétude des habitants.
Si les derniers résultats permettent d’écarter, pour l’heure, tout risque immédiat concernant la qualité des eaux de baignade, les autorités maintiennent leur vigilance. Le suivi environnemental se poursuivra jusqu’à la mise en œuvre complète des mesures de réhabilitation et à la restauration durable des zones touchées.
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Encore des zones d’ombre selon Joanna Bérenger
Joanna Bérenger estime que les dernières communications officielles sur la pollution de Pointe-aux-Sables laissent encore de nombreuses zones d’ombre. Présente sur le terrain à plusieurs reprises au cours de la semaine écoulée, la députée souligne avoir été informée que les engins et équipements mobilisés pour les opérations de pompage et de nettoyage auraient quitté les lieux depuis mercredi, sans qu’aucune évolution notable ne soit observée depuis.
Si elle prend acte du communiqué du ministère de l’Environnement annonçant que la qualité des eaux marines est redevenue conforme aux normes, elle s’interroge sur la situation réelle du canal Golden, qui demeure sous surveillance en raison d’une contamination persistante. « Si l’eau de mer est revenue à la normale, qu’en est-il exactement du canal et de l’ensemble des zones affectées ? » questionne-t-elle.
La députée réclame également davantage de transparence autour des analyses effectuées. Elle demande la publication des résultats et des rapports techniques évoqués ces derniers jours afin que les habitants puissent connaître précisément l’étendue de la pollution et les risques éventuels.
Joanna Bérenger souhaite par ailleurs connaître les sanctions qui seront prises à la lumière des éléments avancés par la Wastewater Management Authority concernant les responsabilités dans cet incident. Elle s’interroge également sur la prise en charge financière des opérations déjà réalisées ainsi que des futures mesures de réhabilitation. « Le principe du pollueur-payeur doit s’appliquer. La population est en droit de savoir qui assumera les coûts environnementaux et financiers de cette pollution », affirme-t-elle.

