Fléau Social : Violences sexuelles envers les enfants Maurice au cœur d’une mobilisation africaine

– Une déclaration commune adoptée à Nairobi pour renforcer la voix de la société civile

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Une nouvelle étape a été franchie dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants à l’issue du Skills Strengthening Workshop organisé à Nairobi, au Kenya. Cette rencontre régionale, réunissant des acteurs de la société civile venus d’Afrique et de l’océan Indien, s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Nairobi, un appel collectif en faveur d’une action renforcée pour prévenir ces violences et améliorer la coordination des réponses. L’événement a également été marqué par l’annonce du lancement, en janvier 2027 à Maurice, de la plateforme régionale To Zero Africa–Indian Ocean Islands, qui sera hébergée par la Halley Movement Coalition.

Les violences sexuelles envers les enfants demeurent l’une des crises les plus graves et les plus sous-estimées de notre époque. Trop d’enfants sont encore en effet exposés à des situations de danger, tandis que de nombreuses survivantes et survivants portent leurs expériences dans le silence. Dans le même temps, de nombreuses organisations engagées sur le terrain peinent à faire entendre leur voix. Ce décalage ne tient pas à l’absence d’actions, mais plutôt à la difficulté de construire des récits suffisamment puissants pour mobiliser durablement l’opinion publique et influencer les politiques.
C’est dans ce contexte que To Zero, aux côtés de ses partenaires – Raising Voices, FAWE (Forum for African Women Educationalists) et ECPAT –, a réuni à Nairobi un groupe de leaders, militants et praticiens, dont la Halley Movement Coalition, représentée par son directeur, Mahendranath Busgopaul. L’objectif du Workshop était de poser les bases d’une approche commune de communication et de plaidoyer capable de dépasser les constats alarmants pour mettre en avant des solutions et des perspectives d’actions. Les échanges ont insisté sur la nécessité de transformer les récits dominants : passer d’une perception de fatalité à une vision où les violences sexuelles faites aux enfants sont considérées comme un problème prévisible, nécessitant une action collective.
Pendant deux jours et demi, les participants ont travaillé sur plusieurs axes, notamment l’analyse des stratégies de communication les plus efficaces pour sensibiliser et mobiliser, le développement de récits axés sur les solutions et la prévention, le renforcement des relations avec les médias, ainsi que l’alignement des messages avec les valeurs des organisations participantes. L’accent a également été mis sur la nécessité de réduire la stigmatisation entourant les victimes, tout en amplifiant la voix des enfants, des jeunes et des survivants.

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Appel collectif

L’un des principaux résultats de cette rencontre a été l’adoption de la Déclaration de Nairobi, un appel collectif réaffirmant le rôle central des organisations de la société civile dans la prévention des violences sexuelles faites aux enfants. Le texte invite ainsi les gouvernements, les institutions internationales et les autres parties prenantes à reconnaître davantage la contribution des organisations de terrain et à leur fournir les ressources nécessaires pour poursuivre leur travail.
Il insiste également sur la nécessité de renforcer la voix des survivants, des enfants et des jeunes dans l’élaboration des politiques publiques. Les signataires appellent ainsi à promouvoir une responsabilité collective pour assurer la sécurité des enfants, à mettre en lumière les facteurs sociaux et structurels à l’origine de ces violences et à réduire la stigmatisation des victimes.
La rencontre de Nairobi s’inscrivait dans le cadre des initiatives du réseau international To Zero, auquel la Halley Movement Coalition est associée depuis trois ans. Cette organisation agit comme un catalyseur mondial, soutenant les acteurs engagés dans l’élimination des violences sexuelles faites aux enfants. À travers des recherches, des consultations et des rencontres internationales, To Zero promeut le développement de récits centrés sur la prévention, la protection et l’espoir. Le réseau considère qu’un changement durable passe également par une transformation profonde des perceptions et des discours.
Dans le cadre de ses travaux sur les récits, To Zero avait également organisé en septembre 2025 à Dublin un Narrative Summit, en partenariat avec des experts en communication, afin d’identifier des approches narratives plus positives et davantage orientées vers les solutions. Ces travaux ont été menés avec l’appui de Spitfire Strategies, organisation spécialisée dans les stratégies de communication et de plaidoyer.
L’un des temps forts de la rencontre a été l’annonce du lancement de la plateforme To Zero Africa–Indian Ocean Islands, prévu en janvier 2027 à Maurice. Cette initiative régionale vise à renforcer la coopération entre les pays africains et les États insulaires de l’océan Indien dans la prévention des violences faites aux enfants, ainsi que dans la mise en place de politiques publiques mieux coordonnées et plus efficaces.
Le choix de Maurice constitue également une reconnaissance du rôle de la Halley Movement Coalition, organisation fondée en 1989 et engagée de longue date dans la protection de l’enfance, la défense des droits humains, l’autonomisation des jeunes et la promotion de l’égalité de genre. L’ONG bénéficie d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) et est membre de l’ECOSOCC de l’Union africaine.
À Maurice, l’organisation développe plusieurs programmes axés sur la sécurité numérique et la sensibilisation à un usage responsable de l’Internet. Elle gère également Helpline Mauritius, une plateforme d’écoute et d’accompagnement destinée aux personnes vulnérables, offrant soutien, conseil et assistance.
Au-delà de la rencontre de Nairobi, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la coopération régionale et à transformer les approches de communication autour des violences faites aux enfants. L’enjeu central, tel que souligné lors de la rencontre, est de construire un discours collectif capable de mobiliser davantage, en mettant l’accent sur les solutions existantes, la prévention et la responsabilité partagée.

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