Le renforcement des sanctions prévues sous la Public Gatherings Act (PGA), annoncé dans le budget 2026-27, suscite de vives inquiétudes dans les rangs des syndicalistes. La mesure prévoit de faire passer l’amende pour participation à une manifestation ou à un rassemblement considéré comme illégal de Rs 25 000 à Rs 100 000. Elle s’accompagnerait également d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Pour le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, une telle mesure soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales dans le pays. Elle peut être perçue comme une tentative de restreindre la liberté d’expression, de décourager les mobilisations citoyennes et de limiter le droit démocratique de manifester pacifiquement.
« Nous lançons un appel aux députés, particulièrement à ceux de la majorité gouvernementale, afin qu’ils fassent preuve de courage et de responsabilité lors des débats budgétaires au Parlement. S’ils sont véritablement attachés aux principes démocratiques et au respect des opinions divergentes, ils doivent faire entendre leur voix et demander le retrait de cette disposition. Lourdement pénaliser la participation à des manifestations risque d’instaurer un climat de peur et de frayeur. Une amende de Rs 100 000 et une peine de 5 ans de prison peuvent dissuader des nombreux citoyens, syndicalistes, militants associatifs et membres de la société civile de prendre part à des actions collectives pourtant légitimes et essentielles au fonctionnement d’une démocratie. Personne ne descend dans la rue pour manifester par plaisir. Les manifestations sont souvent le dernier recours pour faire entendre des revendications, dénoncer des injustices ou exprimer un mécontentement face à des décisions jugées contraires à l’intérêt général », dit-il.
« Un gouvernement qui n’écoute plus la voix de ceux qui l’ont porté au pouvoir prend le risque de s’éloigner du peuple. Lorsqu’un capitaine refuse d’entendre les avertissements de son équipage, il expose son navire à de graves dangers. En démocratie, la force d’un gouvernement ne réside pas dans sa capacité à faire taire les critiques, mais dans sa volonté d’écouter, de dialoguer et de respecter les droits fondamentaux de tous les citoyens », soutient le président du MLC.

