Réforme des pensions : Ramgoolam défend la commission d’experts et affirme que « the means test is out »

Le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, a longuement défendu à l’Assemblée nationale la réforme des pensions ainsi que le travail de la Commission d’experts mise en place en septembre 2025 pour examiner l’avenir du système de retraite. Répondant à une question parlementaire, il a également affirmé que le gouvernement a décidé de geler l’application du « means testing », une mesure qui avait suscité de nombreuses critiques au sein de la population.

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Navin Ramgoolam a rappelé que la réforme avait été engagée dans un contexte qu’il a qualifié d’« alarmant et non soutenable » pour les finances publiques. Selon lui, l’objectif était de rétablir l’équité et la viabilité du système de pension, en s’appuyant sur le principe d’équité entre les générations.

Le Premier ministre a indiqué que la Commission d’experts, présidée par l’actuaire Ashok prayag, avait été chargée d’examiner les trois piliers du système de pension, soit les pensions non contributives, les régimes contributifs et les régimes privés volontaires. Il a également déposé à l’Assemblée le rapport intérimaire de cette commission ainsi que les curriculum vitae de ses membres.

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Outre son président, la commission est composée de Ashok Prayag , Bernard Yen, Yvan Legris, Sattar Jackaria, Azad Jeetun, Verena Tandrayen-Ragoobur , Aimé Cheung Kai Suet, Eric Ng et Gilbert Gnany issus des domaines de l’actuariat, de l’économie, des statistiques et des assurances.

Le chef du gouvernement a précisé que le président de la commission perçoit des honoraires mensuels de Rs 200 000, tandis que les autres membres reçoivent Rs 100 000 par mois.

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Parmi les principales recommandations formulées dans le rapport intérimaire figure la création d’une autorité indépendante de régulation des pensions, la mise en place d’un bureau central chargé de l’administration des différents régimes et le remplacement de la Basic Retirement Pension par une « State Age Pension » à partir du 1er janvier 2027.

Le rapport recommandait également l’introduction d’un « means testing » individuel pour les bénéficiaires dont les revenus imposables dépasseraient Rs 14 000 par mois. Selon Navin Ramgoolam, ce seuil correspond à la ligne de pauvreté relative établie par la Banque mondiale, soit 50 % du revenu médian évalué à Rs 28 000 en 2025.

Interrogé lors d’une supplementary question par le Leader de l’Opposition, Joe Lesjongard, sur la durée du gel du « means testing », le Premier ministre a répondu que cette mesure était désormais écartée.

« The means test is out. It’s not contested. Everybody is happy it is out », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a toutefois indiqué que le gel de cette mesure devrait entraîner une hausse du déficit budgétaire estimée à Rs 6,2 milliards, soit environ 0,7 % du PIB, pour la période allant de janvier à juin 2027.

Navin Ramgoolam a également annoncé qu’un problème technique avait été identifié dans les chiffres figurant sous la rubrique « Old Age » dans les annexes budgétaires. Il a assuré que les données corrigées avaient déjà été publiées sur le site du ministère des Finances.

Le chef du gouvernement a surtout tenu à défendre les membres de la Commission d’experts, affirmant qu’ils avaient été injustement visés par des attaques personnelles à la suite des annonces budgétaires concernant la réforme des pensions.

Selon lui, plusieurs de ces professionnels disposent d’une expérience reconnue à l’international et ont choisi de mettre leurs compétences au service du pays. Il a révélé que tous les membres de la commission lui avaient fait part de leur intention de démissionner à la suite des critiques dont ils ont fait l’objet. « I have in an appeal to them not to take this decision and to complete this important task that has been entrusted to them. », a déclaré le Premier ministre.

À la suite de la décision du gouvernement de revoir sa position sur le « means testing », le Leader de l’Opposition, Joe Lesjongard, a demandé au Premier ministre pourquoi il avait fait marche arrière sur cette mesure moins de 72 heures après la présentation du Budget 2026-2027 et à la suite de la réunion ministérielle du 22 juin.

Joe Lesjongard a qualifié ce revirement de « retraite humiliante » et a voulu savoir si le gouvernement comptait retirer l’Appropriation Bill 2026-2027 ainsi que suspendre les débats budgétaires afin de présenter un nouveau texte tenant compte des modifications apportées aux estimations budgétaires.

En réponse, Navin Ramgoolam a rejeté cette interprétation. Le Premier ministre a soutenu qu’il s’agissait au contraire d’un exercice de démocratie et d’une preuve que le gouvernement était à l’écoute de la population.

« This is what is called democracy and listening to the voice of the people », a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement a également affirmé que, selon lui, l’ensemble du Budget 2026-2027 avait été bien accueilli par la population, à l’exception de la réforme des pensions qui, a-t-il dit, n’avait pas été comprise. Il a indiqué que c’est uniquement cet aspect qui a été modifié.

« The whole budget is actually very welcome by the population out there, except they haven’t understood this reform of the pension. This is what we have modified, and that’s all », a-t-il conclu.

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