La plateforme syndicale constituée l’année dernière, après la décision du gouvernement de relever l’âge de la pension de 60 à 65 ans, déplore que la voix des travailleurs n’ait pas été entendue. La State Age Pension, selon elle, traduit les attentes du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale. Les dirigeants syndicaux ont tiré à boulets rouges sur le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, qui a imputé la faute à une « clique de non-élus ». Une manifestation aura lieu devant le Parlement, lundi prochain. Les dirigeants de la plateforme ont également mis les parlementaires devant leurs responsabilités, les invitant à voter contre le Finance Bill.
Atma Shanto, qui avait pris l’initiative de mettre sur pied la plateforme, en 2025, a déploré qu’un an après le gouvernement persiste avec ses décisions unilatérales, en dépit des différentes manifestations, où le peuple a fait entendre sa voix. « Il y a une colère et une révolte généralisées dans le pays et au sein de la classe syndicale. Le gouvernement préfère écouter le FMI, la Banque mondiale et Moody’s et ignore la voix des pauvres », dit-il.
Il a fait ressortir que pendant la campagne électorale, il avait été dit que la voix des travailleurs serait écoutée. « Mais la réalité est autre. En 2025, Ashok Subron avait dit qu’il n’avait pas été consulté sur la réforme de la pension. Aujourd’hui, il vient dire qu’une clique de non-élus a induit le Premier ministre en erreur. C’est bien grave. En réalité, il n’arrive pas à se défaire de la politique du FMI et de la Banque mondiale. Il doit dire la vérité au peuple », déclare-t-il. Il a déploré que les retraités, qui ont travaillé pour faire prospérer le pays, se retrouvent aujourd’hui privés de leurs droits. Il s’est également intéressé à la composition du Steering Committee, précisant que certains ont pendant longtemps défendu les intérêts du secteur privé.
Pour Reeaz Chuttoo, l’urgence oblige de se concentrer sur la State Age Pension et le ciblage, mais en réalité, le budget contient beaucoup de « menaces », sur les travailleurs. Il a cité en exemple, le NPPF, qui englobera le PRGF et le NSF. « Avec cette décision, 450 000 travailleurs n’auront plus de Gratuity on Retirement. Cette décision sera Locked et il faudra une majorité de 60-0 pour changer cela. C’est de la dictature d’État. Il n’y a eu aucune consultation à ce sujet », s’insurge-t-il.
Le président de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) est d’avis que les experts, qui ont travaillé sur la réforme de la pension, représentent les intérêts du secteur privé, avec notamment, des CEOs de compagnies d’assurances privées. « Si le gouvernement vote le NPPF, le peuple lui donnera la malédiction. Bizin donn zot kout pomdamour, kout dizef, kan zot pase lor simin », indique-t-il.
Reeaz Chuttoo a également relevé que le PM a parlé du gel du Means Test, mais n’a rien dit sur le NPPF. Il a également attiré l’attention sur le nouveau régime de pension qui frappera ceux qui ont pris de l’emploi à partir de 2013. « C’est dans 15-20 ans que nous allons voir les conséquences », ajoute-t-il.
Dans la foulée, il a dénoncé les discriminations dans les domaines de l’éducation et de la santé, entre autres. « C’est une stratégie différente. Au lieu de dire que l’éducation et la santé ne seront plus gratuites, on pousse les gens vers le privé », trouve-t-il.
Il a fait comprendre qu’en 2017, les dirigeants de la CTSP avaient fait une grève de la faim pour réclamer le salaire minimum, qui a été obtenu un an plus tard. « Le gouvernement a ainsi reconnu que le salaire minimum représentait une sécurité alimentaire. C’est pour cela qu’en 2019, nous avons demandé que la pension soit alignée sur le salaire minimum. Mais aujourd’hui, on vient dire que la pension sera de Rs 11 575 en 2029, lorsque la CSG sera abolie », s’étonne-t-il. Il maintient que le gouvernement n’a pas eu de mandat pour « basculer les retraités dans l’extrême pauvreté. »
Narendranath Gopee a interpellé les élus, leur demandant s’ils ont consulté leurs mandants, avant de prendre de telles décisions. Il a qualifié la réforme de la pension de crime contre la population, dénonçant une décision unilatérale. « Pei ti pe roul bien an 2024. An 2025 zot vinn rod sikann ek pansion. An 2026, zot vinn reget zot formil e sa finn lev enn tole », estime-t-il.
Il a mis en garde sur la situation dans le pays, précisant qu’il y a un volcan qui dort et qu’il ne faut pas le réveiller. Pour Narendranath Gopee, la pension universelle est non-négociable. Il a invité à chercher de l’argent ailleurs, au lieu de s’acharner contre les personnes âgées. Il a invité à l’annulation de la réforme de la pension dans son intégralité.

