– Le PM parle de « l’incompétence et de la négligence criminelle de Pravind Jugnauth et de Renganaden Padayachy »
« Pena flou-la. Se zot ki pa le konpran », a lancé, hier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’issue de la cérémonie de réouverture du stade Rabindranath-Ghurburrun, à Triolet. Il répondait à une question de la presse concernant le « flou » qui persisterait autour de la réforme du système de pension.
Auparavant, dans le cadre de son discours, le chef du gouvernement avait déclaré que la population devait comprendre pourquoi cette réforme est nécessaire. Il a ajouté qu’il aurait pu faire comme « Pravind Jugnauth et Renganaden Padayachy » en procédant à l’impression de billets. « En économie, on dit : There is no such thing as a free lunch. Tout ce que vous faites a des conséquences », a-t-il avancé.
Par ailleurs, le Premier ministre a rappelé que le rapport de 2015 de l’International Monetary Fund (IMF) indiquait déjà que le paiement des pensions deviendrait insoutenable. Navin Ramgoolam a fait ressortir qu’il avait déjà expliqué au leader de l’opposition, Joe Lesjongard, ce que signifie concrètement le terme « insoutenable ».
Évoquant les propositions visant à augmenter la TVA pour financer les pensions, Navin Ramgoolam a affirmé que cette option n’était pas viable. « Le rapport du FMI indique que si nous continuons de cette façon, en 2050, il faudra consacrer 8 % du PIB au financement des pensions », a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement a précisé qu’en 2020, le paiement de la pension coûtait environ Rs 5,9 milliards, contre Rs 57 milliards aujourd’hui. Selon lui, cette facture atteindra près de Rs 100 milliards en 2035.
« Aujourd’hui, le budget consacré à la pension de vieillesse est supérieur aux budgets de l’Éducation, de la Santé et à une grande partie des fonds alloués au logement social », a-t-il réitéré comme pour écho à son dernier discours budgétaire.
Selon lui, cette situation est le résultat de « l’incompétence et de la négligence criminelle de Pravind Jugnauth et de Renganaden Padayachy ». Il a laissé entendre de nouveau que l’ancien gouvernement avait instauré la Contribution sociale généralisée (CSG) avant que l’ancien ministre des Finances ne reconnaisse que des caisses du gouvernement étaient vides. « Sa vedir zot finn bangol tou. Ala rezilta zordi. Nou pe pey lepo kase », devait-il s’appesantir.
Navin Ramgoolam a affirmé qu’en tant que Premier ministre, il devait agir comme un chef de famille en vue de garantir un avenir aux générations futures. Il a également évoqué les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, estimant que la situation économique est devenue plus compliquée, Maurice important la majorité de ses marchandises. « Si un jour l’ancien régime revenait au pouvoir, la population ne toucherait plus la pension à un certain moment », a-t-il estimé.
De plus, le Premier ministre a reconnu qu’il faudra du temps pour redresser l’économie du pays : « Je lance un appel à la population dans le sens de l’unité, car il y a des pyromanes dans ce pays. Il y a des gens qui veulent allumer le feu. Je demande à la population de réfléchir à ceux qui agissent pour le bien du pays et à ceux qui diffusent de fausses propagandes uniquement pour obtenir le pouvoir. Vous pouvez compter sur moi, ils ne reviendront pas au pouvoir. »
Navin Ramgoolam a également annoncé son intention de décentraliser le système de vente à l’encan des légumes.
De son côté, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Deven Nagalingum, a rappelé que la réhabilitation du terrain de football Rabindranath Ghurburrun constituait une promesse électorale qui s’est aujourd’hui concrétisée.

