CHANGEMENT CLIMATIQUE  : Maurice fait face à des menaces qui s’intensifient 

Maurice est de plus en plus confrontée aux conséquences du changement climatique. Cyclones plus intenses, inondations soudaines, érosion accélérée du littoral, fortes houles et glissements de terrain. L’île fait désormais face à des risques croissants qui menacent directement ses habitants, ses infrastructures et son économie. Cette réalité pourrait entraîner, à moyen et long termes, des déplacements de population de plus en plus fréquents.

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C’est dans ce contexte que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en collaboration avec le gouvernement et l’Union européenne (UE), a lancé le programme Réponses régionales aux déplacements climatiques en Afrique subsaharienne (RE2CLID). Présentée à The Docks à Port-Louis, mardi, cette initiative vise à permettre à Maurice et à Rodrigues de mieux anticiper les catastrophes, d’améliorer leur capacité de réaction et de mieux protéger les populations susceptibles d’être contraintes de quitter leur domicile.
Située dans l’un des bassins cycloniques les plus actifs au monde, Maurice est particulièrement exposée aux phénomènes météorologiques extrêmes. La concentration de la population et d’infrastructures stratégiques dans les régions côtières accentue davantage cette vulnérabilité.

« Maurice et Rodrigues continuent d’être exposées de plus en plus aux dangers liés au climat qui exercent une pression sur nos communautés et nos infrastructures », a déclaré Premanand Budhoo, commandant de la Special Mobile Force et responsable du National Disaster Risk Reduction and Management Centre. Et ce, avant d’ajouter : « Cette initiative soutient les efforts nationaux visant à renforcer les systèmes de réduction des risques de catastrophe et à intégrer les considérations de mobilité climatique dans la planification du développement, garantissant une meilleure protection de la population. »

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Le programme RE2CLID prévoit notamment de consolider les systèmes d’alerte, d’améliorer les données relatives aux risques climatiques et aux déplacements de population, de développer des protocoles d’urgence pour les personnes sinistrées et de sensibiliser davantage les communautés, en particulier les plus vulnérables, aux réflexes à adopter en cas de catastrophe.

L’enjeu est également financier. D’après le Fonds monétaire international, Maurice devra mobiliser environ USD 6,5 milliards d’ici à 2030 pour atteindre ses objectifs climatiques. Or, son statut de pays à revenu intermédiaire supérieur limite son accès aux financements concessionnels, compliquant le financement des mesures d’adaptation.

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Pour l’Union européenne, les petits États insulaires paient aujourd’hui le prix fort d’une crise climatique qu’ils n’ont pourtant que très peu contribué à provoquer. « Les petits États insulaires en développement comme Maurice portent le moins de responsabilité dans le changement climatique mais subissent les conséquences les plus graves », a indiqué Oskar Benedikt, ambassadeur de l’Union européenne auprès de Maurice et des Seychelles.

D’après ce dernier, RE2CLID reflète « l’engagement fort et de longue date » de l’UE à soutenir Maurice pour relever les défis croissants des déplacements liés au climat.
Pour sa part, L’OIM rappelle que les déplacements liés au climat sont déjà une réalité mondiale et que Maurice ne sera pas épargnée. « Le changement climatique est un problème de mobilité humaine, il façonne déjà la façon et le lieu où les gens vivent à Maurice », a indiqué Alia Hirji, cheffe de mission de l’OIM à Maurice et aux Seychelles.

Elle ajoute : « Rien qu’en 2025, les catastrophes ont déplacé 29,9 millions de personnes, soit 13% de plus que la moyenne annuelle de la dernière décennie. Pour les petits États insulaires, un seul événement peut affecter une grande part de la population en même temps. RE2CLID construira les systèmes, les capacités et les données dont Maurice a besoin pour anticiper ces risques rapidement et protéger sa population. »

Le lancement du programme a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires internationaux et des experts afin de définir les priorités nationales en matière de mobilité climatique et de gestion des catastrophes.

 

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