L’émotion a marqué l’intervention de la ministre déléguée aux Arts et à la Culture, Véronique Leu-Govind. Elle a livré un témoignage sur son enfance dans un foyer marqué par les actes de violence conjugales « Aujourd’hui, je prends la parole, pas seulement en tant que députée, mais en tant qu’enfant qui a grandi dans un foyer marqué par la violence », a-t-elle déclaré. « Combien de fois j’ai vu ma maman crouler sous les coups, combien de fois je l’ai vue dans une mare de sang. Ce traumatisme ne s’efface jamais. » Elle a également évoqué les nuits passées à chercher refuge chez des proches, faute de structures d’accueil ou de soutien psychologique.
La ministre déléguée a vivement critiqué les anciens gouvernements, estimant qu’ils avaient laissé passer l’occasion de réformer en profondeur la législation, affirmant que l’actuel gouvernement entend « reconstruire » là où les précédents se sont contentés d’amender. Elle a évoqué les avancées du texte de loi, qui élargit la protection aux victimes vivant sous le même toit, qu’elles soient conjointes, enfants, frères, sœurs ou personnes âgées. Elle a notamment mis en avant une mesure qu’elle juge essentielle : le tribunal pourra désormais ordonner à l’agresseur de quitter le domicile, plutôt que de contraindre la victime à partir.
Abordant les nombreux cas de maltraitance envers les aînés, souvent commis par des proches dépendants à la drogue, elle a rappelé que le projet de loi vise aussi à protéger ces victimes longtemps oubliées. Concluant son intervention, la Junior Minister a soutenu que : « Nous avons enterré trop de sœurs. Chacune était la fille de quelqu’un, la mère de quelqu’un. Nous votons cette loi pour qu’aucun autre nom ne s’ajoute à cette longue liste. »
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ASSEMBLÉE NATIONALE | Débats sur le Domestic Abuse Bill-Véronique Leu-Govind : « Nous avons enterré trop de sœurs »
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