Alors que le débat autour de l’arrivée d’Uber à Maurice continue de diviser les chauffeurs de taxi, une autre voix s’est élevée, mercredi à Port-Louis, pour défendre la plateforme. Contrairement à la Federation of All Taxi Associations, qui s’est récemment prononcée contre son introduction, un groupe de chauffeurs affirme que la profession doit évoluer avec son temps.
Le porte-parole du groupe, Kevy Ramassami, estime que les chauffeurs de taxi ne peuvent ignorer les nouvelles technologies. Selon lui, le secteur a déjà connu d’importantes transformations et a toujours su s’adapter. « Lorsque le métro a été introduit, nous avions des appréhensions quant à notre avenir. Mais au lieu de menacer de faire un sit-in ou une grève de la faim, nous nous sommes adaptés à cette nouvelle réalité », a-t-il déclaré.
Il dit ne pas comprendre les réserves exprimées par les opposants à Uber, affirmant que de nombreux chauffeurs utilisent déjà les réseaux sociaux, notamment Facebook, pour entrer en contact avec leurs clients. D’après lui, plus de 800 taxis sont déjà enregistrés sur Uber, tandis qu’entre 1 000 et 1 500 autres sont affiliés à différentes plateformes numériques.
Pour Kevy Ramassami, un chauffeur de taxi doit être en mesure de proposer ses services 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. « Au final, c’est le public qui doit être le grand gagnant », soutient-il. Il met également en avant les garanties de sécurité offertes par Uber.
Chauffeur et passager connaissent mutuellement leur identité, peuvent suivre le trajet en temps réel et disposent d’un bouton SOS permettant de solliciter rapidement de l’aide en cas d’urgence. La possibilité d’effectuer des paiements sans espèces (cashless) constitue, selon lui, un autre avantage de la plateforme.
Le porte-parole insiste également sur le fait qu’à Maurice, Uber ne fait appel qu’à des taxis dûment enregistrés, et non à des voitures particulières ou à des Contract Vans. Dans ces conditions, il dit ne pas comprendre l’hostilité dirigée contre Uber alors que d’autres applications similaires, comme Dodogo, opèrent déjà sur le marché mauricien depuis plusieurs années.
Tout en défendant la modernisation du secteur, Kevy Ramassami affirme respecter le choix des chauffeurs qui préfèrent continuer à exercer de manière traditionnelle. Il estime toutefois que ceux qui souhaitent adopter les plateformes numériques devraient pouvoir le faire librement. « Il faut laisser ceux qui veulent suivre la technologie travailler et accepter la concurrence ».
Pour conclure, il a sollicité une rencontre avec le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, pour proposer des amendements à certaines clauses à la Road Traffic Act.

