Adrien Duval, Whip de l’opposition, affirme être en faveur du projet de loi sur les violences domestiques, présenté par le Deputy Prime Minister, Arianne Navarre-Marie, tout en appelant le gouvernement à garantir une application effective des nouvelles dispositions. Selon lui, le véritable défi ne réside pas dans le texte lui-même, mais dans la capacité de l’État à le mettre en œuvre.
« La violence domestique n’est pas une affaire privée. Ce n’est pas une querelle de famille. C’est une atteinte à la dignité, à la sécurité et à la liberté », dit-il, saluant l’élargissement de la définition des violences, qui englobe désormais les abus psychologiques, économiques, numériques ou encore le contrôle coercitif.
S’il estime que le projet de loi constitue une avancée, Adrien Duval a averti qu’« il faut s’assurer qu’elle ne devienne pas une autre loi qui protège les victimes uniquement sur papier tout en les laissant exposées dans la réalité ». Il a souligné que « si le système hésite, le bourreau apprendra que le système est faible », déplorant notamment le manque de ressources, de formation spécialisée et le retard accumulé dans les enquêtes policières.
Le député a également salué la réforme de 2016 de la Protection from Domestic Violence Act, qu’il a qualifiée de « réforme courageuse et transformatrice », rappelant qu’elle avait fait de la violence domestique une responsabilité de l’État et non plus un simple différend privé. Il a par ailleurs attiré l’attention sur une autre forme de violence domestique : les parents ou conjoints victimes de proches dépendants aux drogues dures qui les menacent ou les extorquent pour financer leur consommation. Estimant que cette réalité est insuffisamment prise en compte, il a plaidé pour un renforcement de la réhabilitation des toxicomanes. De plus, il a insisté sur un changement de politique en matière de cannabis. « Maurice doit décriminaliser la consommation de marijuana. Le temps est venu », fait-il comprendre, estimant que les violences familiales sont avant tout alimentées par les drogues dures et qu’il convient de concentrer les moyens de l’État sur cette priorité.

