ASSEMBLÉE NATIONALE | Débats sur le Domestic Abuse Bill- Anabelle Savabaddy : « Nous devons apprendre à dialoguer plutôt qu’à frapper »

La députée Anabelle Savabaddy a défendu un projet de loi qu’elle a jugé « fondamental » pour la protection des familles. D’emblée, elle a rappelé que « ce texte de loi touche la vie familiale, le foyer, le lieu où chacun devrait trouver la paix, la tendresse et la sécurité ». Elle a toutefois déploré que de nombreux « drames silencieux » continuent de se dérouler à huis clos. « Ce projet de loi nous oblige à ouvrir les yeux et à affirmer que la violence n’a pas sa place au sein de la famille », a-t-elle déclaré.

- Publicité -

La parlementaire a insisté sur le fait que « la paix sociale débute à la maison ». Selon elle, lutter contre la violence domestique revient à défendre « la véritable vocation de la famille ». Elle a également précisé que préserver la famille ne signifie pas fermer les yeux sur la violence. « Préserver la famille ne veut pas dire faire face aux coups ou à l’humiliation au nom de la tradition. Préserver la famille, c’est protéger la mère terrorisée, le père humilié et l’enfant traumatisé », a-t-elle soutenu, qualifiant le texte de loi de projet « profondément familial ».

Sur le fond, Anabelle Savabaddy s’est prononcée en faveur de sanctions claires contre les auteurs de violences, de Protection Orders plus efficaces, d’interventions policières renforcées, d’hébergements d’urgence adaptés aux victimes ainsi que de dispositifs de suivi pour les agresseurs. Toutefois, elle a estimé que la répression ne pouvait, à elle seule, résoudre le problème. « Si nous nous contentons de punir à la fin de l’acte sans comprendre, de réagir sans prévenir, nous ne ferons que traiter la culture de la violence », a-t-elle averti.

- Publicité -

Pour la députée, la priorité doit être la prévention dès le plus jeune âge. « Nous devons apprendre à nos jeunes à vivre ensemble, à accepter la différence, à dialoguer plutôt qu’à frapper, à écouter plutôt qu’à humilier », a-t-elle lancé. Elle a ainsi plaidé pour un enseignement consacré à ces valeurs dans les écoles, les centres de jeunesse et au sein même des familles.

Anabelle Savabaddy a également établi un lien entre la violence domestique et le fléau de la drogue. « Combien de foyers sont aujourd’hui plongés dans la détresse parce qu’un fils, une fille ou un conjoint a sombré dans la drogue ? » s’est-elle interrogée. À ses yeux, il est impossible de protéger les familles sans s’attaquer simultanément au trafic et à la consommation de stupéfiants. « Une famille qui se bat toute seule contre la drogue est une famille en danger. Elle a besoin de soutien et d’accompagnement », a-t-elle soutenu.

- Advertisement -

Finalement, la députée a appelé à une mobilisation de tous les acteurs concernés, notamment la police, la justice, les travailleurs sociaux, les professionnels de santé ainsi que les responsables des établissements scolaires et religieux. Elle a plaidé pour une meilleure formation de ces intervenants afin qu’ils soient en mesure de reconnaître les signes de violence domestique et d’apporter « une réponse rapide et adaptée aux victimes ».

EN CONTINU
éditions numériques