Énième retournement de situation en ce qui concerne le sergent Jayesh Gungadin. Le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) a retiré, hier, le Stay of Execution – qu’il avait logé jeudi contre la décision de la Cour de district de Port-Louis de remettre en liberté conditionnelle le prévenu.
À la suite de cette décision du DPP, Jayesh Gungadin s’est acquitté des cautions que la cour lui avait imposées, et est rentré chez lui.
Dans une déclaration à Le Mauricien, son avocat, Me Steeven Sauhoboa critique le fait qu’après que le DPP avait logé son Stay of Execution, son client a dû passer une nuit additionnelle en cellule policière, avant d’être remis en liberté ce vendredi, avec tous les désagréments que cela comportait pour son client, ses enfants, entre autres proches. « La Bail Act 1999 octroie trop de pouvoirs discrétionnaires au commissaire de police et au DPP », nous explique l’homme de loi. « Il est grand temps que l’Attorney General revoie cet aspect de la loi et y apporte des réformes ».
Le sergent Jayesh Gungadin, un élément de la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) de Port-Louis, avait été arrêté le 1er juillet dernier et fait l’objet d’une charge provisoire de « perverting the course of justice », en infraction avec la section 298 du Code pénal, dans une affaire d’importation de drogue.
Il avait initialement été remis en liberté conditionnelle par la Cour de district de Port-Louis contre deux cautions de Rs 100 000 le jeudi 16 juillet, malgré les objections de la police. Toutefois, le même jour, le bureau du DPP a logé un Stay of Execution sous la section 4 de la Bail Act 1999, ce qui avait annulé avec effet immédiat la décision de la Cour de remettre le sergent Gungadin en liberté. Ce dernier avait ensuite été reconduit en détention policière, avant de retrouver la liberté hier, après s’être acquitté des cautions imposées par la cour.
Ce qui avait motivé son arrestation par l’ADSU : certains messages téléphoniques entre lui et l’un des suspects qui avaient été arrêtés dans le sillage de la saisie de 62,5 kilos de cannabis à l’aéroport SSR le 4 juin dernier, drogue évaluée à Rs 94 millions.

