Fin du 2e trimestre 2026 — Téléphone portable à l’école : de l’interdiction à l’usage contrôlé

L’Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations, modifié, avalisé par le conseil des ministres

- Publicité -

Vikash Ramdonee (UDRRU) : « Une réunion au plus vite pour clarifier les guidelines »

Annoncé pour la rentrée du deuxième trimestre, le règlement régissant l’utilisation du téléphone portable et autres objets connectés était finalement à l’agenda du conseil des ministres de vendredi. Soit, à la fin du deuxième trimestre. Un changement de taille a ainsi été relevé. Alors qu’initialement, il était question de bannir les smartphones à l’école, il est maintenant question d’usage contrôlé. Une situation qui soulève de nombreuses questions chez les recteurs, qui attendent des clarifications.

- Publicité -

« Students will not be allowed to use personal mobile devices on school premises without prior authorisation. They may bring mobile devices to school only where they remain switched to silent mode and securely stored throughout the school day. » Au regard de cette information figurant dans les Cabinet Decisions de vendredi, les étudiants pourront apporter leurs téléphones portables à l’école, à condition qu’ils soient sur mode silencieux et gardés dans leurs sacs ou leurs poches.

Il n’est pas question, ici, de ramassage de portable, classe par classe, comme démontré lors d’une visite du ministre de l’Education, Mahend Gungapersad, au Curepipe College, au début de l’année dernière. Il faudra attendre la publication des Regulations pour connaître tous les détails. Toujours est-il que le mot « ban » n’apparaît pas dans le document du conseil des ministres. Au ministère de l’Éducation, on précise que des « ajustements » ont été apportés au projet initial à la suite des consultations.

- Advertisement -

Il est toutefois précisé que ces nouveaux règlements, qui concernent à la fois les étudiants et le personnel, visent à « renforcer la discipline, préserver le bien-être des apprenants et améliorer les résultats scolaires dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires de Maurice. »

Des exceptions seront faites pour ceux qui doivent avoir leurs téléphones à portée de main pour des raisons médicales. Cela devra toutefois être prouvé par un certificat médical. Les étudiants diabétiques, avec un moniteur de glucose continu connecté à leurs téléphones, par exemple, sont concernés.

On se souvient qu’après la présentation du projet initial, où il était question d’interdire les Smart Devices, il y avait une levée de boucliers de la part des enseignants. Ces derniers avaient énuméré une série de raisons personnelles et professionnelles, justifiant la nécessité d’avoir leurs téléphones portables à l’école.

En effet, après la première réunion avec les chefs d’établissement où il a été question « d’interdiction », une deuxième réunion, animée par le Senior Chief Executive du ministère, s’est tenue avec les syndicats. Cette fois-ci, il était plutôt question de contrôle et non d’interdiction. Le tollé soulevé par des enseignants suite à l’annonce du projet initial y est-il pour quelque chose ?
Ce qui est sûr, c’est que les recteurs, eux, s’étaient fermement opposés à la deuxième version, lors de cette réunion. Ils estimaient que le ministère a fait machine arrière et que cette nouvelle proposition ressemblait à un transfert des responsabilités du ministère vers les recteurs.

Sollicité après la publication des décisions du conseil des ministres, vendredi, Vikash Ramdonee, président de l’United Deputy Rectors and Rectors Union (UDRRU), a affirmé avoir pris note de ce changement. « Je dois d’abord reconnaître qu’un pas a été franchi étant donné que nous attendions ces Regulations depuis longtemps. Mais ce n’est pas encore clair comment cela va se passer. Je pense qu’une réunion dans les meilleurs délais serait la bienvenue afin de clarifier la situation », indique-t-il.

Vikash Ramdonee estime que les discussions doivent se poursuivre avant la mise en application. « Tel que c’est présenté, cela ressemble à une nouvelle tâche que le School Management devra gérer. Nous aurions préféré l’interdiction pure et simple, comme cela se fait à l’étranger. Beaucoup de questions subsistent : faudra-t-il ramasser les portables ? Où allons-nous les garder ? Que se passera-t-il si on nous accuse d’avoir abîmé le téléphone ? Qui sera responsable en cas de vol ? Tout cela doit être bien clarifié » , se demande-t-il.
Le président de l’UDRRU a affirmé avoir été agréablement surpris de voir que les enseignants et personnel non-enseignant sont aussi concernés par ce nouveau règlement. « Il est important de donner l’exemple aux élèves. Je n’ai aucun problème concernant l’utilisation du téléphone dans le staff room », devait-il affirmer.
Il souhaite également qu’il n’y ait pas d’abus concernant les raisons médicales et que le règlement ne comporte pas de loopholes, qui permettront de le contourner. De même, il espère que les mêmes principes s’appliqueront à toutes les institutions.

Lors de la première présentation de The Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations 2026, il était aussi question de sanctions. Pour une première infraction, le chef d’établissement peut saisir le téléphone/l’objet connecté de l’élève et envoyer une lettre, en guise d’avertissement, aux parents. En cas de récidive, le téléphone sera saisi et l’élève sera suspendu pour deux jours. S’il refuse de collaborer une troisième fois, il sera suspendu pour une semaine, les parents seront avertis et le téléphone sera saisi.

Il est question de voir la version finale pour savoir si cela a été maintenu. Car à un moment donné, une Administrative Fee de Rs 300 était aussi prévue pour être en mesure de récupérer un téléphone saisi, mais cette option n’a pas fait l’unanimité dès la première présentation.

 

Préscolaire privé : Rassemblement à Port-Louis le 31

Les vacances ne seront pas de tout repos dans le secteur du préscolaire privé. Le nouveau Grant-in-Aid Scheme avalisé par le conseil des ministres, récemment, est loin de faire l’unanimité. Beaucoup de points restent à être éclaircis et les craintes de licenciement planent sur le secteur, avec l’élimination du poste d’Assistant Teacher.
La Confédération des Travailleurs des Secteurs Privé et Public (CTSP) a sollicité une rencontre avec le ministre de l’Éducation pour connaître les modalités de ce nouveau Grant-in-Aid Scheme. Le préscolaire privé sera-t-il toujours gratuit ou les parents devront-ils compléter les frais ? Des questions qui sont pour le moment sans réponse. Comme l’année scolaire aborde la dernière ligne droite et qu’il faudra gérer les demandes d’admissions pour 2027, les responsables d’écoles veulent être fixés.

Face au silence du ministère et de l’Early Childhood Care and Education Authority (ECCEA), le syndicat a choisi de donner de la voix. Un grand rassemblement est prévu le 31 juillet prochain, au Jardin de la Compagnie, à Port-Louis. Cela avait déjà été le cas l’année dernière. Il nous revient que la police a déjà accordé l’autorisation à la CTSP pour cette manifestation pacifique.

Si le débat sur la pension a éclipsé les problèmes dans l’éducation, ces dernières semaines, les vacances seront l’occasion pour la mobilisation en tout genre. D’autant que le troisième trimestre ne débute que dans un mois.

EN CONTINU
éditions numériques