Le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, a vivement critiqué la pratique consistant à fractionner les contrats de sécurité au sein du Central Electricity Board (CEB). Répondant mardi à une interpellation de la Chief Whip, Stéphanie Anquetil, il a estimé que « cette méthode est contraire aux principes de bonne gouvernance et à une gestion rigoureuse des fonds publics ».
Le ministre a retracé l’historique des contrats de sécurité attribués par le CEB depuis 2015. Il a indiqué qu’en décembre 2014, Brink’s Mauritius Ltd avait obtenu un contrat de Rs 68,3 millions pour assurer la sécurité des sites critiques du CEB. Quelques mois plus tard, le 19 novembre 2015, RSL Security Services s’était vu attribuer un contrat de Rs 7,67 millions pour les sites non critiques.
Selon Patrick Assirvaden, ces deux contrats ont été prolongés à plusieurs reprises pendant près de dix ans. À l’époque, le conseil d’administration envisageait que CEB (Facilities) Co. Ltd, filiale créée en 2017, reprenne progressivement ces services. Cette transition ne s’est toutefois jamais concrétisée.
Le ministre a également révélé qu’un appel d’offres lancé en 2019 avait été annulé. « Un nouvel exercice engagé en 2020 pour les sites critiques n’avait pas permis d’attribuer de contrat. En 2021, un nouvel appel d’offres couvrant l’ensemble des sites du CEB avait finalement retenu RSL Security Services. » Cette décision, selon le ministre, avait été contestée par Brink’s Mauritius Ltd devant l’Independent Review Panel, lequel avait rejeté la contestation.
Deux nouveaux appels d’offres lancés en mars et en juin 2023 se sont également révélés infructueux. En septembre 2023, la Security and Property Protection Agency avait alors obtenu un contrat et remis son rapport final en novembre 2024. Pendant cette période, Brink’s Mauritius Ltd et RSL Security Services ont continué à assurer respectivement la sécurité des sites critiques et non critiques, leurs contrats faisant l’objet d’un examen mensuel.
Patrick Assirvaden a indiqué qu’en mai 2025, un nouvel appel d’offres concernant les sites critiques avait été lancé à la demande du nouveau conseil d’administration du CEB. Celui-ci a cependant été annulé sur recommandation du comité d’évaluation en raison d’incohérences relevées dans les documents d’appel d’offres.
Le ministre a également fait état de plusieurs demandes de révision tarifaire formulées par Brink’s Mauritius Ltd, qui avait averti le CEB de son intention de mettre fin à ses prestations avant la fin de 2025 si aucune solution n’était trouvée.
Face à cette situation et afin d’assurer la continuité du service, le CEB a choisi de fractionner le contrat en quatre marchés distincts d’une durée transitoire de six mois, dans l’attente d’un appel d’offres global. Les contrats ont été attribués à RSL Services Ltd : sécurité des bureaux pour Rs 1,598 million ; Proguard Ltd : sécurité de certains sites pour Rs 14,9 millions ; Proguard Ltd : sécurité des centrales thermiques pour Rs 14,448 millions ; Proguard Ltd : un quatrième contrat d’un montant de Rs 13,416 millions.
Interrogé par Stéphanie Anquetil sur la légitimité de cette pratique, Patrick Assirvaden s’est montré catégorique. « Cette pratique n’est pas acceptable. Je suis fermement opposé au fractionnement des contrats. Elle ne respecte ni les principes de bonne gouvernance ni l’obligation d’assurer une utilisation rigoureuse des fonds publics », a-t-il déclaré.
Le ministre a affirmé avoir clairement fait connaître sa position à la direction générale et au conseil d’administration du CEB. Il a également établi un parallèle avec des pratiques similaires dénoncées par le passé à la Central Water Authority (CWA), où des contrats d’une valeur totale de Rs 700 millions avaient été divisés en plusieurs petits marchés.
Patrick Assirvaden a assuré qu’un nouvel appel d’offres unique, couvrant l’ensemble des sites du CEB, est actuellement en préparation. Celui-ci sera soumis au Central Procurement Board avant son lancement, avec pour objectif de garantir davantage de transparence, de concurrence et de bonne gouvernance dans l’attribution des contrats de sécurité.

