Le gouvernement entend doter Maurice d’un Integrated Land Transport Masterplan (ILTMP), un plan directeur intégré du transport terrestre sur une période de vingt ans. Cette feuille de route, prévue dans le programme gouvernemental 2025-29, devra définir les grandes orientations stratégiques du secteur afin de moderniser les infrastructures de transport, améliorer la mobilité des usagers et accompagner la transition écologique du pays.
Ce projet s’inscrit dans les engagements climatiques pris par Maurice dans le cadre de la Nationally Determined Contribution (NDC 3.0) découlant de l’accord de Paris. Le pays s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035 par rapport au scénario de référence. Le secteur des transports, responsable d’environ 1,16 million de tonnes de CO₂ par an, fait partie des principaux leviers de cette stratégie. Parmi les mesures envisagées figurent le remplacement de 20 % de la flotte d’autobus par des véhicules électriques, l’alimentation progressive du Metro-Express à l’énergie solaire, la suppression graduelle des subventions à l’importation des autobus diesel ainsi que le renforcement des incitations à l’acquisition de véhicules électriques.
Le futur plan directeur s’appuiera également sur la feuille de route nationale pour l’intégration des véhicules électriques, élaborée en 2020. Celle-ci prévoit un parc de 26 000 véhicules électriques d’ici à 2030, accompagné de l’installation d’une trentaine de bornes de recharge rapide et d’investissements destinés à renforcer le réseau électrique afin de soutenir cette transition.
Le projet bénéficie du soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Fonds pour l’environnement mondial (GEF) à travers le programme Promoting Low Carbon Public Transport in Mauritius. Doté d’un budget global de 42,96 millions de dollars américains, ce programme prévoit notamment l’acquisition de 60 autobus électriques, l’installation de 15 stations de recharge alimentées par l’énergie solaire ainsi que la mise en place d’un mécanisme de subventions pour favoriser l’électrification du transport public. Le futur plan directeur constituera d’ailleurs l’un des principaux livrables de ce programme international.
Parallèlement, le ministère du Transport terrestre prévoit l’introduction de nouvelles technologies destinées à améliorer la gestion du réseau de transport public. Un système de gestion de flotte sera déployé afin de permettre le suivi en temps réel des autobus, l’information des voyageurs, la coordination des terminus ainsi que la mise en place d’un centre de contrôle centralisé. Un système de paiement sans espèces est également envisagé.
Un document consacré à l’élaboration de ce schéma directeur met aussi en évidence plusieurs défis majeurs auxquels le pays devra répondre. Il souligne notamment le manque d’intégration entre les différents modes de transport, la faible coordination entre l’aménagement du territoire et la planification des déplacements, les difficultés liées au financement de la transition vers la mobilité électrique, ainsi que les insuffisances en matière d’accessibilité pour les personnes âgées, les femmes et les personnes en situation de handicap. Il insiste également sur la nécessité de développer des systèmes numériques de gestion du trafic et d’information des usagers afin de rendre le réseau plus performant et plus fiable.
Le futur Integrated Land Transport Masterplan couvrira l’ensemble des modes de déplacement : réseau routier, Metro-Express, autobus, transports actifs tels que la marche et le vélo, ainsi que les nouveaux moyens de mobilité individuelle. Il intégrera également une feuille de route sur dix ans consacrée à l’électromobilité et définira des objectifs de performance mesurables pour le secteur à l’horizon 2050. Parmi les indicateurs envisagés figurent notamment un accès à un arrêt de transport public à moins de dix minutes pour 80 % des ménages, un temps de trajet inférieur à une heure pour 80 % des déplacements en transport public et une augmentation significative de la part des déplacements effectués en transport collectif ou par des modes non motorisés.

