Secteur agricole – Travailleurs migrants : responsabilité partagée entre « labour contractor » et employeur

Le recours aux « labour contractors » dans le secteur agricole sera strictement limité aux associations, fédérations et coopératives de petits planteurs et petits éleveurs. C’est ce qu’a affirmé le ministre du Travail, Reza Uteem, en réponse à la PNQ de Joe Lesjongard, ce mardi 21 juillet, assurant que des garde-fous ont été prévus pour empêcher les abus et protéger les travailleurs migrants.

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Le ministre a expliqué que le secteur agricole est confronté à une pénurie de main-d’œuvre qui a déjà des conséquences importantes. Plus de 8 000 arpents de champs de canne sont actuellement à l’abandon et 9 000 tonnes de canne sont restées non récoltées, principalement en raison du manque de travailleurs. Il a également rappelé que Maurice compte plus de 10 000 petits planteurs dans les cultures non sucrières, 1 125 éleveurs, 870 planteurs de thé et plus de 8 000 petits planteurs de canne enregistrés.

Selon Reza Uteem, ces petits exploitants ne disposent pas des moyens nécessaires pour recruter individuellement des travailleurs migrants, dont l’emploi reste essentiellement saisonnier. Le gouvernement a donc retenu le principe du « labour contractor », qui recrute les travailleurs migrants avant de les mettre à la disposition de plusieurs petits planteurs ou éleveurs.

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Reza Uteem a expliqué que le labour contractor sera l’employeur légal des travailleurs migrants. Il sera chargé de leur recrutement, de leur hébergement et de leur mise à disposition auprès de plusieurs petits planteurs ou petits éleveurs. Selon le ministre, cette formule permettra aux petits exploitants, dont les besoins en main-d’œuvre sont essentiellement saisonniers, de partager les mêmes travailleurs plutôt que de les recruter individuellement.

Le ministre a précisé que ce système n’est pas nouveau dans la loi. Des dispositions existaient déjà dans le Workers’ Rights Act, mais elles n’avaient jamais été appliquées faute de règlement. Après une série de consultations réunissant syndicats, représentants du secteur agricole et autorités concernées, le gouvernement a adopté les nouvelles dispositions, publiées le 18 juillet 2026.

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Reza Uteem a insisté sur le fait que seules les associations, fédérations et sociétés coopératives regroupant des petits planteurs ou petits éleveurs pourront être enregistrées comme labour contractors. Seuls les petits planteurs et petits éleveurs officiellement enregistrés pourront bénéficier de ce système.

Les travailleurs migrants ne pourront être affectés qu’à des petits planteurs et petits éleveurs officiellement enregistrés auprès des organismes compétents. Le ministre a indiqué que son ministère vérifiera l’ensemble des documents soumis avant toute autorisation. Une commission technique réunissant notamment des représentants du ministère du Travail, du ministère de l’Agro-industrie et du Bureau du Premier ministre examinera chaque demande d’enregistrement.

Les autorisations délivrées seront valables pour une période de trois ans et feront l’objet d’inspections régulières. Des contrôles seront menés afin de vérifier que les travailleurs migrants exercent uniquement les tâches prévues dans leur contrat et restent affectés au secteur agricole.

Répondant aux inquiétudes concernant un éventuel contournement des responsabilités des employeurs, Reza Uteem a affirmé que ce risque n’existe pas. Il a rappelé que le labour contractor demeure l’employeur légal des travailleurs migrants, tandis que le planteur qui fait appel à leurs services partage certaines responsabilités. Les deux parties seront notamment conjointement responsables en matière de santé et de sécurité au travail ainsi que du paiement des rémunérations prévues par la loi.

Le ministre a également assuré que le principe d’égalité salariale sera respecté. Les travailleurs migrants devront bénéficier d’une rémunération au moins équivalente à celle versée aux travailleurs locaux effectuant un travail de même valeur, conformément aux dispositions du Workers’ Rights Act et aux règlements applicables au secteur agricole.

Les contrats de travail préciseront les fonctions exercées, le salaire applicable ainsi que l’interdiction d’accepter un emploi en dehors du secteur agricole afin d’empêcher tout « sector hopping ».

 Le ministre a enfin annoncé qu’un modèle de contrat de travail entre le labour contractor et le travailleur migrant est actuellement en préparation avec le concours du State Law Office. Ce document précisera notamment les qualifications du travailleur, les tâches qui lui sont confiées, les conditions de rémunération ainsi que les éventuelles retenues liées à la fourniture des repas, lesquelles ne pourront dépasser Rs 3 000 par mois.

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