Le gouvernement espère réaliser des économies d’environ 5 mégawatts (MW) par jour dans la demande d’électricité sur le réseau national avec la mise en application des Energy Efficiency (Control of Non-Essential Grid-Based Activities) Regulations 2026, en vigueur depuis le 1er mai dernier et applicable jusqu’au 1er novembre 2026. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden en réponse à une interpellation parlementaire de Farhad Aumeer.
Ce règlement temporaire restreint l’utilisation de l’électricité pour certaines activités jugées non essentielles. Il interdit notamment l’éclairage décoratif, l’illumination extérieure des bâtiments lorsqu’elle n’est pas requise pour des raisons de sécurité, le fonctionnement de la climatisation dans les locaux non résidentiels à une température inférieure à 24 °C, ainsi que le maintien de l’éclairage des terrains de jeux extérieurs lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
Patrick Assirvaden a précisé que ces dispositions ne concernent ni les ménages, ni les services essentiels et infrastructures critiques, tels que les hôpitaux, les services d’urgence, les aéroports, les ports, l’éclairage public, les services de distribution d’eau, les centrales électriques ou encore les services de radiodiffusion.
Pour le ministre, cette réglementation a été adoptée dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les marchés mondiaux de l’énergie. Maurice, qui demeure fortement dépendante du fioul lourd pour produire son électricité, est particulièrement exposée aux fluctuations des prix internationaux et aux risques de perturbation de l’approvisionnement.
Sur toute la durée d’application du règlement, les autorités estiment que cette réduction de la consommation permettra d’économiser près de 4 500 tonnes métriques de fioul lourd, soit une économie financière évaluée à environ Rs 120 millions.
Pour assurer le respect de ces nouvelles dispositions, l’Energy Efficiency Management Office (EEMO), en collaboration avec le Central Electricity Board (CEB), a mis en place plusieurs mécanismes de contrôle. Le public est notamment invité à signaler les cas présumés de gaspillage énergétique via deux lignes WhatsApp dédiées. Des inspections sont également menées dans les bâtiments commerciaux, les centres commerciaux, les bureaux, les établissements publics et d’autres locaux non résidentiels, avec le soutien de la police. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation sont organisées afin d’informer les entreprises de leurs nouvelles obligations.
Le ministre a avancé que les autorités privilégient une approche graduelle. Lorsqu’une infraction est constatée, un avis de conformité est d’abord émis, laissant généralement un délai de cinq jours au contrevenant pour régulariser sa situation. En cas de non-respect, les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre Rs 200 000 ainsi qu’à une peine d’emprisonnement maximale de deux ans.
À ce jour, l’accent reste toutefois axé sur la sensibilisation et l’accompagnement des opérateurs économiques. Depuis l’entrée en vigueur du règlement, il y a un peu plus de deux mois et demi, 92 plaintes ont été enregistrées et 81 inspections effectuées. L’EEMO a délivré 29 avis de conformité, dont 17 ont déjà été suivis de mesures correctives requises. Des inspections de suivi sont en cours auprès d’autres organisations concernées. Le ministre a enfin indiqué qu’aucune poursuite judiciaire n’a encore été engagée.
Répondant à une interpellation supplémentaire de Farhad Aumeer sur la possibilité d’exiger que les Shopping Malls utilisent en priorité l’énergie solaire, il a déclaré qu’il va étudier la question, en raison de sa pertinence. Quant à la possibilité d’étendre la période de la campagne d’économie d’énergie au-delà de novembre 2026, Patrick Assirvaden a dit que si la nécessité se fait sentir, la question sera étudiée.


