Former, accompagner et ouvrir de nouvelles perspectives aux femmes. C’est l’ambition du Goal Accelerator Programme for Women (GAP), lancé jeudi au Caudan Arts Centre, à Port-Louis, par le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, en partenariat avec Junior Achievement Mascareignes (JAM). Destinée aux femmes âgées de 18 à 35 ans, cette initiative entend raffermir leur employabilité et leur esprit entrepreneurial à travers un accompagnement axé sur le développement des compétences, l’éducation financière et la création d’entreprise, afin de favoriser leur autonomie économique.
Face aux défis économiques et sociaux auxquels certaines femmes sont confrontées, le gouvernement compte améliorer les dispositifs existants afin de leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences et de mieux préparer leur avenir professionnel. C’est dans cette optique qu’a été conçu le GAP, présenté comme un parcours de transformation allant au-delà d’une simple formation. Cette initiative découle d’un partenariat entre le ministère et JAM, officialisé par la signature d’un Memorandum of Understanding (MoU), visant à formaliser leur collaboration en faveur de l’autonomisation économique des femmes.
Le programme accueillera deux cohortes de 25 participantes. Les formations seront dispensées au National Women Development Centre de Phoenix et au Mahébourg Creativity Centre. Échelonnée sur deux mois, la formation combinera ateliers pratiques, mentorat et accompagnement personnalisé. Les participantes bénéficieront de modules consacrés à l’employabilité, à la création d’entreprise, à l’éducation financière, au leadership, aux compétences numériques ainsi qu’à l’intelligence artificielle. À l’issue du parcours, un capital de démarrage leur sera accordé afin de soutenir leurs projets entrepreneuriaux ou leurs démarches d’insertion professionnelle. La première cohorte entamera sa formation le 21.
« Ce programme vise une véritable transformation intérieure : donner aux femmes la conviction qu’elles peuvent être actrices de leur destin », a déclaré Arianne Navarre-Marie, qui fait comprendre que ce programme constitue bien plus qu’une formation : il représente un levier d’autonomisation destiné à donner aux participantes les moyens de gagner en confiance, de développer leurs compétences et de construire leur indépendance économique.
À travers le GAP, elle affirme promouvoir « des outils, des opportunités et de la confiance nécessaires pour permettre aux femmes de réaliser pleinement leur potentiel. » L’enjeu ne se limite pas à l’acquisition de nouvelles connaissances, mais consiste à permettre aux femmes de développer leurs capacités et de construire leur parcours professionnel et entrepreneurial. »
Arianne Navarre-Marie a souligné que de nombreuses femmes disposent déjà de potentiel entrepreneurial important, mais qu’elles ont besoin d’un accompagnement adapté pour concrétiser leurs ambitions. « Il est de notre devoir, en tant que gouvernement, de leur offrir les outils nécessaires pour transformer ce potentiel en opportunités concrètes », indique-t-elle
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de soutien aux femmes en situation de vulnérabilité, a-t-elle ajouté, évoquant également le vote récent du Domestic Abuse Bill à l’Assemblée nationale. Pour Arianne Navarre-Marie, protéger les femmes ne suffit pas : il faut également leur donner les moyens de gagner en autonomie et de construire leur propre avenir.
Saluant la collaboration avec Junior Achievement Mascareignes, la Deputy Prime Minister a mis en avant l’importance des partenariats entre les institutions publiques et la société civile. « Lorsque les institutions publiques et les organisations de la société civile unissent leurs forces, les résultats sont tangibles et porteurs d’espoir », a-t-elle fait ressortir.
Aux participantes, elle a demandé de saisir pleinement cette opportunité, en les encourageant à développer leurs compétences et à utiliser avec discernement le capital de démarrage qui leur sera accordé afin de concrétiser leurs projets entrepreneuriaux.
Confiance et accompagnement
Pour sa part, le président de JAM, Roshan Ramoly, a expliqué que le Goal Accelerator Programme va au-delà d’une simple formation. Il a présenté cette initiative comme un véritable parcours de transformation, reposant sur un mentorat personnalisé, l’encadrement de professionnels et un suivi destiné à aider les participantes à développer leur projet professionnel ou entrepreneurial.
« L’objectif est de lever les freins qui empêchent souvent les femmes de concrétiser leurs ambitions, en leur donnant accès aux compétences, au réseau et au soutien nécessaires pour passer de l’idée à l’action », a-t-il indiqué.
Roshan Ramoly a également abordé la confiance en soi, estimant que si les dispositifs d’aide à l’entrepreneuriat existent déjà à Maurice, encore faut-il que les femmes osent franchir le pas. « Osez rêver, osez croire que vous en êtes capables », a-t-il lancé aux participantes, tout en reconnaissant que le parcours entrepreneurial exige de la persévérance mais offre aussi de nombreuses opportunités.
Il est d’avis que la réussite du programme ne se mesurera pas uniquement au nombre de femmes formées, mais surtout aux changements concrets qu’il permettra de susciter dans leur vie. Il a cité l’exemple de femmes ayant repris leurs études, gagné en assurance ou encore lancé leur propre activité grâce à un accompagnement adapté.
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3 étapes pour révéler
le potentiel des femmes
« Ready to Learn, Ready to Earn, Ready to Lead » : c’est autour de ces trois étapes clés que repose le Goal Accelerator Programme for Women. Lors de la présentation du programme, Océanne Fronte, Goal Coach, a expliqué l’approche mise en place pour accompagner les participantes vers l’autonomie, l’employabilité et l’entrepreneuriat.
Plus qu’une simple formation, le programme se veut un véritable parcours de transformation personnelle et professionnelle. Selon Océanne Fronte, l’objectif consiste à aider les jeunes femmes âgées de 18 à 35 ans à surmonter les obstacles susceptibles de freiner leur insertion professionnelle ou le développement de leurs projets. « Trop souvent, par manque d’information, de réseau ou face à certaines difficultés administratives, des femmes ayant du potentiel ne savent pas vers qui se tourner pour trouver un emploi ou développer une idée d’entreprise », a-t-elle expliqué.
Le programme est structuré autour de trois phases. La première, Ready to Learn, est consacrée au développement personnel et à l’acquisition de compétences fondamentales. Pendant deux à trois mois, les participantes prendront part à des sessions régulières axées notamment sur la confiance en soi, l’indépendance, le bien-être physique et mental, les droits des femmes, la gestion financière, les outils numériques et l’intelligence artificielle.
Les horaires des séances ont été pensés pour tenir compte de la réalité des bénéficiaires, notamment celles ayant des responsabilités familiales. Les rencontres se dérouleront généralement de 9h30 à 13h, afin de leur permettre de concilier formation et vie quotidienne.
La deuxième étape, Ready to Earn, est orientée vers l’action. Les participantes pourront choisir entre un parcours axé sur l’employabilité ou un parcours entrepreneurial. Celles qui souhaitent intégrer le marché du travail seront accompagnées dans la préparation de leur CV, de leur lettre de motivation, de leur présentation lors d’un entretien d’embauche ainsi que dans l’apprentissage des codes professionnels.
Pour celles qui souhaitent entreprendre, l’accompagnement portera sur la structuration de leur idée, l’élaboration d’un business plan et la présentation de leur projet devant un jury. Cette étape vise à leur apporter des conseils et des pistes d’amélioration pour faire évoluer leur activité.
Enfin, la phase Ready to Lead encouragera les participantes à mettre en pratique leurs acquis afin de devenir des femmes capables d’influencer positivement leur environnement, que ce soit au niveau familial, professionnel ou communautaire.
Océanne Fronte a également fait ressortir que l’accompagnement ne prendra pas fin à l’issue de la formation. Les participantes bénéficieront d’un suivi personnalisé d’au moins six mois, pouvant aller jusqu’à une année selon leurs besoins. Une cérémonie de remise de certificats viendra également marquer leur parcours.
À travers les témoignages d’entrepreneures, l’appui de partenaires institutionnels et financiers ainsi que l’accompagnement de coaches, le programme ambitionne de créer un environnement propice à la réussite des femmes. Pour Océanne Fronte, chaque projet mérite d’être encouragé, qu’il s’agisse d’une petite activité, d’un commerce local ou d’une initiative innovante, l’objectif étant de permettre à chaque participante de croire en ses capacités et de devenir actrice de son propre avenir.


