Radhakrishna Sadien, président de la Confederation of Independent Trade Unions (CITU) : « Il est urgent de rétablir le dialogue entre partenaires sociaux »

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La fonction publique, les relations industrielles, la réforme des pensions et le dialogue social sont, selon Radhakrishna Sadien, à un tournant décisif. Le président de la Confederation of Independent Trade Unions (CITU) estime que les réformes engagées par le gouvernement risquent d’affaiblir davantage une administration déjà confrontée à une perte d’attractivité et à un climat de démotivation. Dans cet entretien, il plaide pour un retour aux négociations collectives, dénonce les ingérences politiques dans l’administration et appelle les autorités à renouer le dialogue avec les partenaires sociaux et la société civile afin de restaurer la confiance.

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Il est souvent question d’ingérence politique dans la fonction publique. De votre point de vue qu’en est-il exactement ?

La fonction publique demeure l’épine dorsale de tout gouvernement. Quelle que soit la majorité issue des élections générales, c’est elle qui est chargée de mettre en œuvre les politiques publiques et d’assurer la continuité de l’État. Son rôle dépasse toutefois la simple exécution des décisions gouvernementales. En raison de son devoir d’impartialité, elle est également responsable du bon déroulement des élections générales, municipales et villageoises, garantissant ainsi le fonctionnement démocratique du pays.
À l’origine, la Civil Establishment Act No 27 de 1954 confiait au gouverneur général – aujourd’hui remplacé par le président de la république – la responsabilité de nommer les fonctionnaires, de fixer leur nombre ainsi que leurs émoluments. Avec l’accession de Maurice à l’indépendance en 1968, le recrutement dans la fonction publique a été transféré à la Public Service Commission (PSC), une institution bénéficiant d’une protection constitutionnelle afin de préserver son indépendance.
Cette volonté d’assurer une administration neutre se reflète également dans les dispositions constitutionnelles concernant les principaux postes de l’État. Ainsi, le commissaire de police ou encore les secrétaires permanents, bien qu’ils soient nommés avec l’accord du Premier ministre, ne doivent être soumis aux directives d’aucune autre personne ou autorité.
Toutefois, au fil des années, plusieurs évolutions ont contribué à affaiblir ce principe d’indépendance. La contractualisation du poste de commissaire de police, combinée à la politisation progressive de certains hauts postes administratifs, a permis aux décideurs politiques de contourner, dans les faits, les garanties prévues par la Constitution.

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À quel moment estimez-vous que cette évolution s’est accélérée ?

Les relations de travail au sein de la fonction publique ont profondément évolué. Pendant de nombreuses années, les conditions de service et les augmentations salariales étaient déterminées à travers des négociations collectives entre le gouvernement et les syndicats dans le cadre du Central Whitley Council. Des commissaires salariaux britanniques, comme Gardner Brown et P.C.M. Sedgwick, étaient mandatés pour examiner les rémunérations et les conditions de service des fonctionnaires.
L’instauration du Pay Research Bureau (PRB) a marqué un tournant. Placé sous l’autorité du Bureau du Premier ministre, le PRB est devenu le principal organisme chargé de revoir les salaires et les conditions de service dans la fonction publique. Cette proximité avec l’exécutif soulève des interrogations sur son indépendance. En outre, plusieurs de ses rapports ont été critiqués en raison des nombreuses anomalies relevées, qui ont parfois nécessité l’intervention du Civil Service Arbitration Tribunal (CSAT) ou d’experts tels que Donald Chesworth et Dev Manraj.

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Le dernier rapport du PRB a-t-il accentué ces inquiétudes ?

Oui. Le rapport du PRB de 2026 n’a pas échappé à la controverse. Le gouvernement a choisi de ne pas appliquer intégralement certaines de ses recommandations, notamment en décidant de verser les arriérés salariaux en deux tranches malgré les protestations des organisations syndicales.
Pour les syndicats, cette décision illustre un recul du dialogue social.
Depuis la création du PRB, les véritables négociations collectives ont pratiquement disparu dans la fonction publique. Ils estiment que cette situation est contraire aux conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT), mais aussi aux dispositions de la législation sur les relations professionnelles adoptée en 2024.

Quels sont les autres facteurs qui démotivent les fonctionnaires ?

Au-delà des questions salariales, plusieurs facteurs contribuent aujourd’hui à démotiver les fonctionnaires et à rendre la carrière dans le secteur public moins attractive qu’autrefois. Le principe de la méritocratie est de plus en plus contesté, tandis que les accusations d’ingérence politique dans l’administration se multiplient. S’y ajoutent un manque de reconnaissance envers les fonctionnaires, une réduction continue des effectifs, une multiplication des conseillers politiques dont les responsabilités empiètent parfois sur celles des hauts fonctionnaires, ainsi que la redéfinition du rôle des Government Information Service (GIS) face aux attachés de presse des ministères.
La question des pensions demeure une source majeure d’inquiétude. Déjà modifié en 2013, le régime de retraite des fonctionnaires fait à nouveau l’objet d’une réforme d’envergure. Pour de nombreux agents du secteur public, ces changements réduisent davantage l’attrait d’une carrière dans la fonction publique, longtemps considérée comme synonyme de stabilité, de sécurité d’emploi et de perspectives de retraite avantageuses.
Autrefois perçue comme une vocation au service de l’État, la fonction publique traverse aujourd’hui une période de profondes mutations. Entre réformes successives, perte du dialogue social et perception d’une politisation croissante de l’administration, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la capacité de cette institution à préserver les principes d’indépendance, de neutralité et de mérite qui ont longtemps fait sa force.
Il ne faut jamais perdre de vue que la fonction publique constitue l’épine dorsale de l’État. Quel que soit le gouvernement élu, ce sont les fonctionnaires qui mettent en œuvre les politiques publiques et assurent la continuité des services essentiels. Affaiblir les conditions de travail et les garanties offertes aux fonctionnaires, notamment en matière de pension, reviendrait à fragiliser l’ensemble de l’administration.

Dans une récente correspondance adressée au GM, vous avez exprimé des craintes concernant la pension des fonctionnaires. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Il faut d’abord rappeler qu’une réforme majeure est intervenue en 2013 avec l’introduction du système de Defined Contribution. Ce changement a profondément modifié le régime de retraite de la fonction publique. Contrairement à l’ancien système, où les fonctionnaires avaient une idée relativement précise de la pension à laquelle ils pouvaient prétendre, le régime actuel crée une certaine incertitude. Un fonctionnaire ne sait pas avec exactitude quel sera le montant de sa pension au moment de son départ à la retraite, puisque celui-ci dépend de plusieurs facteurs, notamment des cotisations accumulées et des rendements des investissements.
Aujourd’hui, le gouvernement laisse entendre, à travers les dispositions du budget, qu’il envisage une nouvelle réforme du système de pension applicable aux fonctionnaires. Cela suscite de vives inquiétudes, car une nouvelle modification viendrait remettre en question l’ensemble du cadre de gestion des pensions dans la fonction publique, alors même que les fonctionnaires n’ont pas encore pleinement assimilé les changements introduits en 2013.
Une telle incertitude risque d’avoir des conséquences très sérieuses sur l’attractivité de la fonction publique. Les jeunes diplômés et les professionnels hautement qualifiés réfléchiront à deux fois avant d’intégrer un secteur où les conditions de retraite deviennent de plus en plus imprévisibles. Ceux qui possèdent des qualifications recherchées préféreront naturellement se tourner vers le secteur privé ou vers des opportunités à l’étranger, où les perspectives de carrière et les avantages sociaux leur sembleront plus avantageux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la fonction publique connaît déjà une pénurie de personnel dans plusieurs secteurs essentiels. Dans le domaine de la santé, par exemple, les autorités éprouvent des difficultés à recruter, y compris pour des postes de cuisiniers dans les hôpitaux. Si nous ne mettons pas en place des mesures pour fidéliser les fonctionnaires et rendre la carrière publique plus attractive, nous nous dirigeons vers une crise de recrutement qui risque d’affecter directement la qualité des services rendus à la population.

Il ne faut jamais perdre de vue que la fonction publique constitue l’épine dorsale de l’État. Quel que soit le gouvernement élu, ce sont les fonctionnaires qui mettent en œuvre les politiques publiques et assurent la continuité des services essentiels. Affaiblir les conditions de travail et les garanties offertes aux agents publics, notamment en matière de pension, reviendrait à fragiliser l’ensemble de l’administration.

Pourquoi le système de pension ne devrait-il pas être revu dans la fonction publique ?

Le régime de pension de la fonction publique ne relève pas d’une simple décision budgétaire. Il est le résultat des recommandations successives du Pay Research Bureau (PRB) et fait partie intégrante des conditions d’emploi négociées au fil des années. Une réforme d’une telle ampleur ne peut être annoncée ou engagée d’un simple trait de plume dans un discours du budget. Elle exige une véritable concertation avec les syndicats et toutes les parties concernées.

Nos inquiétudes trouvent leur origine dans une disposition précise du budget. Au chapitre 328, intitulé Pensions of Civil Service, Statutory Bodies and Public Officials, il est indiqué que : the pension and the pension provisions of public officials are not in sync with other sectors. Relevant reforms will be looked into by the Pension Regulator. Cette formulation laisse clairement entendre que le gouvernement envisage de revoir le régime de pension des fonctionnaires.

C’est précisément pour cette raison que, en ma qualité de négociateur de la State and Other Employees Federation (SOEF), j’ai adressé une lettre au Premier ministre afin d’exprimer nos préoccupations. Nous souhaitons attirer son attention sur le fait qu’une telle réforme, si elle est menée sans consultation et sans garanties suffisantes, risque de décourager les jeunes à rejoindre la fonction publique et d’accélérer le départ des agents les plus expérimentés.

Il faut également mesurer l’ampleur du défi démographique auquel nous faisons face. Il y a une vingtaine d’années, la fonction publique comptait près de 100 000 employés. Aujourd’hui, cet effectif a pratiquement été réduit de moitié, alors même que la population vieillit et que la demande pour des services publics, notamment dans le secteur de la santé, ne cesse d’augmenter. Qui assurera demain ces services essentiels si nous ne parvenons plus à recruter et à retenir les professionnels nécessaires ?
Certes, le recours à des travailleurs étrangers peut répondre ponctuellement aux besoins de certains secteurs de l’économie. Mais il serait illusoire de croire qu’ils pourront, à eux seuls, assurer durablement des services aussi stratégiques que la santé, l’administration publique ou d’autres fonctions régaliennes de l’État. C’est pourquoi nous estimons qu’avant toute réforme, le gouvernement doit privilégier le dialogue social, préserver les acquis des fonctionnaires et renforcer l’attractivité de la fonction publique plutôt que de créer davantage d’incertitude.

Où en est-on actuellement avec la contestation du principe selon lequel un fonctionnaire qui a signé l’Option Form pour accepter les recommandations du PRB perd son droit de contester le rapport par la suite ?

L’affaire est actuellement devant la Cour suprême et sera entendue sur le fond le 26 janvier 2027. Notre demande repose sur un principe simple. Dans le secteur privé, lorsqu’un salarié est concerné par un rapport de commission salariale, plusieurs mécanismes existent pour contester les recommandations qui le concernent. En revanche, dans la fonction publique, les fonctionnaires ne disposent d’aucun recours comparable.
Nous contestons également l’absence de véritables négociations sur nos conditions de service, ainsi que la décision unilatérale du gouvernement de verser seulement 50 % de l’augmentation salariale dans un premier temps. Cette décision de procéder à un paiement échelonné a été prise sans consultation des partenaires syndicaux, ce qui constitue l’un des principaux motifs de notre contestation.

Il appartiendra à la cheffe juge d’examiner cette affaire. Le jugement qui sera rendu pourrait faire jurisprudence, car il soulève des questions fondamentales touchant au principe de la négociation collective, au dialogue social et aux conditions de travail dans la fonction publique.

De manière plus générale, je pense qu’il est temps d’ouvrir de véritables négociations collectives dans la fonction publique, comme c’était le cas à l’époque du Central Whitley Council. Il est également urgent d’aller de l’avant avec le Public Service Bill, de mettre fin au gaspillage des fonds publics, de revoir le train de vie de la classe politique et de mieux utiliser le réseau de nos ambassades, plutôt que de multiplier les missions officielles à l’étranger.

Le gouvernement devrait sérieusement envisager l’introduction du Right of Recall. Un tel mécanisme permettrait de renforcer la responsabilité des élus envers les citoyens et de s’assurer qu’ils remplissent effectivement le mandat qui leur a été confié. Les élus doivent savoir qu’ils ont des comptes à rendre à la population qui les a portés au pouvoir.

Pourquoi insistez-vous sur la nécessité d’introduire le Public Service Bill ?

L’introduction de ce projet de loi est devenue nécessaire, car il existe aujourd’hui trop d’ingérence politique dans la fonction publique. Nous constatons également qu’une certaine catégorie de fonctionnaires semble croire qu’elle est au service d’un parti politique ou d’un ministre, plutôt qu’au service de l’État et du gouvernement légalement en place.
Il est impératif de redonner aux institutions leur indépendance, ou à tout le moins de démontrer cette indépendance à travers des nominations et des promotions fondées sur la compétence, le mérite et la transparence. À défaut, nos jeunes travailleurs qualifiés continueront de quitter le pays, leurs compétences étant largement reconnues et recherchées à l’étranger.

Pour pallier cette pénurie de main-d’œuvre, le pays continuera à faire appel à des travailleurs étrangers. Si cette solution peut répondre à des besoins à court terme, elle risque, à long terme, de poser des défis sur les plans social et sécuritaire, notamment en raison du recours à une main-d’œuvre à bas coût. D’ailleurs, on constate déjà qu’il est parfois difficile de retrouver certains travailleurs étrangers qui quittent leurs dortoirs à l’expiration de leur contrat de travail.
Ce qui m’inquiète surtout, c’est qu’un jour les touristes ne retrouvent plus le sourire, l’accueil chaleureux et l’hospitalité qui ont toujours fait la réputation des travailleurs mauriciens dans l’industrie touristique.

Pour inverser cette tendance, il est indispensable d’offrir aux travailleurs mauriciens un meilleur encadrement, des perspectives d’évolution et une rémunération à la hauteur de leurs compétences. C’est à cette condition que nous pourrons fidéliser nos talents, renforcer notre fonction publique et préserver la qualité des services qui font la réputation de notre pays.

Comment se présentent actuellement les relations industrielles chez Air Mauritius ?

En ma qualité de négociateur, je dois dire qu’avec l’arrivée du nouveau CEO, André Viljoen, les relations industrielles ont pris une nouvelle tournure et sont aujourd’hui beaucoup plus cordiales. C’est une personne qui accorde une grande importance à la dimension humaine. Toutes les réunions qu’il a présidées se sont déroulées dans une atmosphère constructive et sereine.

Il connaît bien le secteur de l’aviation, l’administration d’Air Mauritius et il a également du respect pour les représentants syndicaux. Son arrivée pèsera certainement dans le cadre des prochaines négociations collectives.

Cela dit, nous restons quelque peu préoccupés par certaines pratiques qui ont eu cours dans le passé et il est temps que cela cesse. Aujourd’hui, nous payons encore les conséquences de certaines décisions prises antérieurement, notamment celles liées à la vente des avions d’Air Mauritius.

Air Mauritius demeure un pilier essentiel de notre économie et de notre souveraineté nationale. Le gouvernement doit donc continuer à soutenir notre compagnie aérienne nationale. Il faut se rappeler que durant la pandémie de Covid-19, alors que de nombreuses compagnies aériennes avaient immobilisé leurs appareils dans leurs propres pays, Air Mauritius a continué à assurer des opérations essentielles, notamment pour l’acheminement de médicaments et le transport d’autres produits de première nécessité.
C’est dans cette perspective que nous insistons sur l’importance de préserver la part de marché d’Air Mauritius, tout en reconnaissant la nécessité d’autoriser d’autres compagnies aériennes à desservir notre destination. Nous sommes favorables à des vols complémentaires, mais il faut rester prudents face aux décisions politiques concernant une ouverture accrue de notre espace aérien.

Il y a également un besoin de revoir certaines pratiques en matière de gestion. Des personnes responsables de graves erreurs par le passé ont parfois été simplement suspendues, alors que des sanctions beaucoup plus sévères ont été infligées à de petits employés sur la base des recommandations de consultants. Il faut rétablir un certain équilibre et davantage de justice dans ce domaine.
Dans l’ensemble, nous estimons toutefois que nous avançons dans la bonne direction avec le nouveau CEO d’Air Mauritius. Son approche et son style de gestion ouvrent la voie à un dialogue social plus constructif.

Vous faites partie de la Platform Komin Syndikal. Comment évolue la situation après la manifestation dans les rues de Port-Louis ?

La mobilisation a démontré qu’une partie importante de la population souhaite être davantage écoutée sur les grandes décisions qui engagent l’avenir du pays. Nous estimons que le gouvernement doit rétablir un véritable dialogue social en impliquant non seulement les partenaires sociaux, mais également la société civile, les jeunes, les organisations non gouvernementales et les autres acteurs concernés.
Les élus disposent certes de la légitimité démocratique, mais ils n’ont pas le monopole des idées. Il est temps de réfléchir à des mécanismes permettant une participation plus large des citoyens, que ce soit à travers une instance consultative permanente ou toute autre structure favorisant un débat national.

Dans le dossier de la réforme des pensions, le gouvernement aurait dû ouvrir une large consultation avant de prendre des décisions. Le rapport du comité d’experts aurait pu servir de base à une véritable concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Au lieu de cela, les décisions ont été annoncées sans véritable débat, ce qui a accentué le sentiment de frustration. Beaucoup de citoyens avaient déjà été profondément marqués par les premières annonces sur la réforme des pensions, et le dernier budget est venu amplifier ce malaise.

J’ai le sentiment que le gouvernement n’a pas pleinement tiré les enseignements des réactions suscitées par son premier budget. Aujourd’hui, on met en avant l’indexation des pensions sur le taux d’inflation. Bien entendu, il est normal que les retraités soient protégés contre l’augmentation du coût de la vie, au même titre que les salariés doivent voir leur pouvoir d’achat préservé. Cependant, présenter cette mesure comme une réponse aux inquiétudes de la population risque de détourner le débat de la question fondamentale, qui reste celle de la réforme du système de pension elle-même. L’indexation est une mesure d’ajustement, mais elle ne répond pas aux préoccupations de fond exprimées par les citoyens.

Au sein de la Platform Komin Syndikal, chaque organisation poursuit son travail de sensibilisation auprès de ses membres et sur les différents lieux de travail. En ce qui me concerne, j’interviens principalement sur les questions touchant la fonction publique, notamment la réforme des pensions des fonctionnaires.

Plus généralement, je constate un véritable malaise au sein de la fonction publique. Celui-ci existait déjà à la suite de la mise en œuvre du dernier rapport du PRB, notamment en raison des nombreuses frustrations liées à son application. Le dernier budget n’a fait qu’accentuer ce climat d’inquiétude. C’est un signal d’alarme que nous adressons aux autorités. Elles doivent comprendre qu’une fonction publique démotivée ou fragilisée ne peut assurer dans les meilleures conditions la mise en œuvre du programme gouvernemental. Restaurer la confiance et renouer le dialogue est aujourd’hui indispensable.

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